Entre les collines ocre du désert Oriental et les eaux du golfe de Suez, Sokhna aligne ses quais modernes sous un soleil sans concession. Le nom complet du lieu, Aïn Sokhna, signifie la source chaude, en référence aux eaux qui sourdent des montagnes voisines du Galala. Mais si les navires font escale ici, c'est surtout pour ce qui se cache derrière l'horizon de dunes : Le Caire et les pyramides, à portée d'une journée d'excursion.
Un port tourné vers la capitale
L'endroit est un port commercial et industriel : on n'y flâne pas à pied, et l'organisation de l'escale passe par les excursions du bord ou des transferts réservés à l'avance. La capitale égyptienne se trouve à environ 140 kilomètres, soit deux heures à deux heures trente de route selon la circulation, sur une autoroute qui traverse le désert. Le paysage a sa beauté propre : plateaux calcaires, échappées sur le golfe, campements et stations essence surgis de nulle part. Le départ se fait tôt le matin, souvent en convoi organisé, et le retour a lieu au crépuscule. Prévoyez les documents demandés par le bord et un peu de liquide pour les pourboires. C'est une longue sortie, exigeante, mais elle mène à l'un des paysages les plus célèbres de la planète.
Guizeh, le rendez-vous des millénaires
Rien ne prépare tout à fait à la première vision des pyramides surgissant au-dessus de la ville. Sur le plateau de Guizeh, la Grande Pyramide de Khéops et ses voisines dressent leurs masses de pierre vieilles de quelque 4500 ans, gardées par le Sphinx au visage usé par les vents et les siècles. On marche entre les blocs, on mesure sa propre taille contre une seule assise, on s'éloigne de quelques centaines de mètres pour saisir l'ensemble dans l'objectif. Les dromadaires et leurs meneurs complètent la scène, immuable et pourtant toujours saisissante.
Trésors et bazars du Caire
Les excursions combinent généralement le plateau avec un musée consacré aux trésors pharaoniques, où momies, sarcophages dorés, barques sacrées et objets funéraires racontent, salle après salle, trois millénaires de civilisation nilotique. Selon les programmes s'ajoutent la citadelle de Saladin et sa mosquée d'albâtre dominant la ville, ou une halte au bazar Khan el-Khalili, labyrinthe de cuivres, de parfums, d'étoffes et de lampes où l'art du marchandage se pratique le thé à la main. Le dîner est habituellement inclus en cours de route, parfois sur une rive du Nil.
Rester du côté de la mer Rouge
Ceux qui préfèrent une journée plus douce trouvent aussi leur compte. Plusieurs hôtels balnéaires d'Aïn Sokhna, à courte distance du port, ouvrent leurs plages aux visiteurs de passage : sable clair, eaux tièdes du golfe et récifs accessibles aux nageurs avec masque et tuba. Les montagnes du Galala, qui tombent presque dans la mer, donnent au littoral un décor minéral spectaculaire. Enfin, les curieux de navigation noteront que l'entrée sud du canal de Suez se trouve à une cinquantaine de kilomètres au nord : les silhouettes des porte-conteneurs en attente ponctuent souvent l'horizon.
| Option | Trajet depuis le quai | Durée totale |
|---|---|---|
| Pyramides et musée au Caire | Environ 140 km, 2 h à 2 h 30 | Journée complète |
| Plage voisine | Courte navette | Demi-journée |
Le soir, cap sur le large
Au retour, les autocars redescendent vers la côte pendant que le désert vire au rose. De la passerelle, on regarde s'éloigner les montagnes sombres du Galala, la tête encore pleine de pierre dorée et de klaxons cairotes. Sokhna aura été une porte plus qu'une destination, mais quelle porte : celle qui mène, en une seule journée, des quais silencieux du golfe jusqu'aux tombeaux des pharaons.


