Paradise Island Bahamas RCI Royal Beach Club, Atlantis Resort

Depuis le pont d'un navire amarré à Nassau, elle occupe tout le champ de vision : Paradise Island, sa silhouette rose saumon de l'Atlantis, ses ponts jetés au-dessus du chenal, ses cocotiers alignés. L'île qui fait face à la capitale bahamienne a longtemps été le décor que l'on regardait de loin. Elle est devenue une destination à part entière de l'escale, accessible en quelques minutes de traversée — par la route ou par la mer.

Franchir le chenal

Deux options s'offrent aux passagers. Les clients du Royal Beach Club de Royal Caribbean embarquent directement au terminal sur des navettes maritimes colorées qui font la traversée en continu, réservation en poche. Tous les autres peuvent prendre un taxi qui franchit les ponts en une dizaine de minutes, ou un bateau-taxi local depuis le front de mer de Nassau. Dans tous les cas, prévoir des dollars américains et convenir du prix avant de monter : la course se négocie, la traversée se savoure.

Le Royal Beach Club, formule clé en main

Inauguré en décembre 2025 à la pointe ouest de l'île, ce domaine de sept hectares se divise en trois ambiances : un secteur familial, une zone festive autour de ce qui se présente comme le plus grand bar dans l'eau au monde, et un coin tranquille pour ceux qui fuient les décibels. Trois piscines, deux rivages aménagés, repas et boissons compris selon le laissez-passer choisi : la journée s'y déroule sans portefeuille. L'accès étant réservé aux passagers de la compagnie munis d'une réservation, mieux vaut s'y prendre avant le départ, car les places partent vite en haute saison. Les cabanas privées, offertes en supplément, s'envolent encore plus rapidement; les groupes et les familles gagneront à s'y prendre dès l'ouverture des ventes.

Atlantis, la démesure assumée

Impossible d'ignorer le complexe qui a redessiné l'île dans les années 1990. Ses tours encadrent Aquaventure, un parc aquatique tentaculaire dont les glissades traversent des lagons peuplés de requins, accessible avec un forfait d'un jour. Les curieux moins téméraires optent pour The Dig, un parcours d'aquariums souterrains mis en scène comme les ruines d'une cité engloutie, où raies géantes et mérous évoluent derrière les baies vitrées. Marina Village, à l'entrée du complexe, aligne yachts, galeries et comptoirs de cuisine bahamienne sans exiger de billet.

Cabbage Beach et le cloître inattendu

La côte nord déroule Cabbage Beach, un ruban de sable blond ouvert à tous, assez vaste pour absorber les foules près des hôtels et redevenir paisible vers l'est. À quelques minutes de là, les jardins de Versailles — version bahamienne — étagent leurs terrasses jusqu'à un cloître français du XIVe siècle, démonté en Europe puis remonté ici pierre par pierre dans les années 1960. Peu de visiteurs connaissent ce fragment de Moyen Âge posé devant le bras de mer; le silence du lieu, à dix minutes du tumulte d'Aquaventure, a quelque chose d'irréel.

Bien choisir sa journée

Paradise Island se prête à trois scénarios : le forfait tout compris du club de Royal Caribbean pour ses passagers, la journée Atlantis pour les familles en quête de sensations, ou la formule libre — bateau-taxi, baignade sur la côte nord, cloître et retour par les ponts. Quel que soit le choix, le retour vers le navire offre le plus beau point de vue de la journée : Nassau d'un côté, l'île de l'autre, et entre les deux ce chenal où se croisent paquebots, voiliers et pélicans, sous l'œil du plus vieux phare des Bahamas, allumé à la pointe ouest en 1817. On comprend alors que le paradis annoncé par le nom n'est pas une promesse publicitaire, mais une simple question d'angle de vue.