Pula Croatia

14 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

L'Arène se repère depuis le pont du navire bien avant l'accostage : un anneau de calcaire clair, haut de plus de trente mètres, posé au bord de la rade. Pula, à la pointe sud de l'Istrie, vit depuis deux mille ans autour de son amphithéâtre, l'un des six plus grands hérités de Rome et l'un des mieux conservés au monde. Les paquebots s'amarrent en général au quai de Rijeka, à une quinzaine de minutes de marche du centre ancien; certains bâtiments mouillent dans la rade et recourent aux navettes. Dans les deux cas, la journée s'organise à pied, dans une cité compacte où l'Antiquité affleure à chaque coin de rue.

L'Arène, spectacle permanent

Élevé au Ier siècle, l'amphithéâtre accueillait plus de 20 000 spectateurs venus applaudir les gladiateurs. Son mur extérieur a traversé les siècles presque intact, avec ses quatre tours et ses trois niveaux d'arcades — une rareté absolue parmi les monuments romains. Les galeries souterraines, où attendaient jadis bêtes et combattants, abritent aujourd'hui une exposition consacrée à l'huile d'olive et au vin de l'Istrie antique, amphores à l'appui. L'été, la scène reprend du service : concerts et festival du cinéma remplissent les gradins, comme il y a deux mille ans. Prévoir une bonne heure pour la visite, davantage si l'on aime s'asseoir dans les hauteurs et laisser travailler l'imagination.

Du forum à l'arc des Sergii

En longeant le port vers le sud, on rejoint le forum, cœur de la cité depuis l'époque romaine. Le temple d'Auguste y dresse ses colonnes corinthiennes; détruit par une bombe en 1944, il a été remonté pierre par pierre dans les années qui ont suivi. À ses côtés, l'hôtel de ville médiéval réutilise sans complexe des murs antiques. La rue Sergijevaca, artère marchande pavée de dalles polies, conduit ensuite à l'arc des Sergii, érigé vers 27 avant notre ère par une puissante famille locale. À sa terrasse voisine, une statue de bronze rend hommage à James Joyce : l'écrivain irlandais enseigna l'anglais à Pula en 1904, avant de filer vers Trieste et la gloire.

Sous la ville, la Zerostrasse

Pula réserve une surprise en sous-sol. Pendant la Première Guerre mondiale, alors que la rade servait de port principal à la marine austro-hongroise, des kilomètres de tunnels furent creusés sous la colline centrale pour abriter la population. Ce réseau, baptisé Zerostrasse, se visite : les galeries fraîches mènent à un ascenseur qui remonte vers le sommet, où la forteresse vénitienne du XVIIe siècle offre un panorama complet sur la rade, les chantiers navals et les toits de tuiles. La fraîcheur des souterrains, en plein été, vaut à elle seule le détour.

La table istrienne

Avant de regagner le bord, le marché couvert mérite une halte : sa halle de fer et de verre, inaugurée en 1903, abrite poissonniers et maraîchers sous une architecture qui rappelle les grandes gares d'Europe centrale. Les étals débordent de truffes, d'huile d'olive et de fromages de l'intérieur des terres. Les konobas des environs servent les fuži, pâtes roulées à la main, nappées de sauce à la truffe noire, avec un verre de malvoisie fraîche. L'Istrie se goûte autant qu'elle se regarde.

Aide-mémoire

ÉlémentDétail
AccostageQuai à environ 15 minutes à pied du centre; navettes selon le navire
ArèneEntrée payante, compter au moins une heure
ZerostrasseTunnels sous la colline centrale, accès au belvédère de la forteresse
Monnaie et langueEuro; croate et italien, anglais répandu

Deux mille ans, et l'affiche continue

Rome bâtissait pour durer; Pula en fournit une des preuves les plus convaincantes. Quand le navire s'éloigne et que l'anneau de pierre rapetisse sur le rivage, une pensée s'impose : les spectacles ont changé, les gradins sont restés. Il suffit de revenir un soir d'été pour reprendre place.