Portsmouth Dominica
Dominica

24 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Des canots de bois patientent à l'embouchure d'une rivière ombragée, leurs rameurs assis sur le plat-bord. C'est souvent la première image que gardent les passagers débarqués dans la baie du Prince Rupert. Portsmouth, deuxième agglomération de la Dominique, conserve le rythme d'un gros village : un plan d'eau profond qui abritait jadis les flottes coloniales, des maisons basses serrées entre la plage et les mornes, et des sommets couverts de forêt qui retiennent les nuages une bonne partie de la journée.

L'Indian River à la rame

La sortie emblématique des lieux ne demande ni autocar ni route sinueuse. À l'embouchure de l'Indian River, des guides licenciés embarquent leurs passagers pour environ quatre-vingt-dix minutes de navigation silencieuse sous une voûte de mangles rouges. Les moteurs sont interdits : on n'entend que le grincement des avirons et l'envol des hérons. Les racines tordues plongent dans une eau sombre où filent crabes et petits poissons; hérons verts, martins-pêcheurs et iguanes se laissent surprendre dans les branches, pour peu que la barque avance sans bruit. Les amateurs de cinéma reconnaîtront au passage le décor de la cabane de Calypso, construite ici pour un épisode de la saga Pirates des Caraïbes. À mi-parcours, un bar au toit de palmes sert des rhums macérés aux écorces et aux épices, avant la lente redescente vers la mer.

Un bourg sans mise en scène

Le centre s'étire le long de la baie, à distance de marche du débarcadère. Rien n'y a été arrangé pour les visiteurs : épiceries de quartier, écoliers en uniforme, vérandas où l'on discute à l'ombre. Le marché déborde de bananes, d'ignames et d'agrumes, avec son pic d'animation le samedi matin. S'y promener, c'est prendre le pouls d'une petite communauté antillaise qui vit d'abord de sa terre et de sa mer — et qui salue volontiers l'étranger de passage. En levant les yeux vers l'intérieur, on aperçoit par temps dégagé la masse du morne Diablotin, point culminant de l'île à 1447 mètres, qui fabrique les averses arrosant les jardins vivriers des alentours.

Purple Turtle Beach

Au nord du bourg, une bande de sable doré foncé épouse la courbe de la baie. Les eaux y restent calmes, protégées de la houle du large, et quelques restaurants servent poisson grillé et jus frais presque les pieds dans l'eau. Depuis sa serviette, on regarde passer les barques des pêcheurs et, au loin, le navire au mouillage : difficile de faire plus simple, ni plus reposant. Les couchers de soleil y tombent droit sur l'horizon, sans terre pour les retenir; quand le départ se fait en soirée, le spectacle mérite de retarder un peu le retour à bord.

Vers Toucari et les Cabrits

La route côtière continue vers le hameau de Toucari, à cinq kilomètres au nord, dont l'anse limpide se prête au masque et tuba, chacun à son rythme, sans encadrement ni tourniquet. En face, la presqu'île des Cabrits porte les ruines restaurées de Fort Shirley, garnison britannique du XVIIIe siècle nichée dans un parc national : un complément tout indiqué pour ceux qui disposent encore de quelques heures.

En fin d'après-midi, les pêcheurs tirent leurs filets pendant que les enfants plongent depuis les pontons. Portsmouth ne cherche pas à séduire; elle continue simplement de vivre. C'est précisément ce naturel, rare dans la région, que l'on emporte avec soi en regagnant le bord.

Repères pratiques

  • Selon les navires, débarquement au quai des Cabrits ou en annexe devant le bourg.
  • La sortie sur l'Indian River se réserve sur place ou via l'excursion du navire; environ 90 minutes.
  • Dollar des Caraïbes orientales; les dollars américains sont largement acceptés.
  • Prévoir de la monnaie pour le marché et un chasse-moustiques pour la rivière.