Antibes France Riviera

D'un côté du port, des voiliers de course et des yachts parmi les plus imposants du monde; de l'autre, des remparts du XVIIe siècle qui plongent dans une eau limpide. Antibes vit de ce contraste depuis longtemps : ville grecque devenue place forte royale, puis refuge d'artistes, elle réunit en une seule escale la Côte d'Azur des marins, celle des peintres et celle des marchés.

Arriver par la baie

Les navires de croisière — généralement de taille moyenne ou de gamme yacht — mouillent dans la baie et débarquent leurs passagers en annexe au vieux port, le port Vauban, l'un des plus vastes bassins de plaisance de la Méditerranée. Du débarcadère, la vieille ville commence tout de suite derrière les remparts : deux minutes de marche, aucun transport à organiser. Le quai des grands yachts, surnommé le « quai des milliardaires », se longe en chemin — les coques y dépassent parfois les mâts des églises.

Le marché provençal du cours Masséna

Sous sa halle aux piliers de fonte, le marché du cours Masséna embaume dès le matin : tapenades, fromages de chèvre, fleurs coupées, citrons de la région et socca chaude découpée à la volée. Les habitants y font leurs courses avant que les terrasses ne s'installent en début d'après-midi. Autour de la halle, les ruelles piétonnes grimpent doucement vers la tour carrée de la cathédrale. C'est l'endroit idéal pour composer un pique-nique avant de monter vers le chemin de ronde.

Picasso au château Grimaldi

En 1946, Pablo Picasso a installé son atelier dans le château Grimaldi, ancienne résidence des évêques puis des seigneurs du lieu, posé au sommet du front de mer. Il y a peint en quelques mois une série d'œuvres lumineuses — dont La Joie de vivre — qu'il a ensuite offertes à la cité. Le musée Picasso qui occupe aujourd'hui le château présente ces toiles là où elles ont été créées, avec la Méditerranée en toile de fond réelle derrière les fenêtres. La terrasse, ornée de sculptures de Germaine Richier, surplombe directement les flots.

La promenade Amiral-de-Grasse

Depuis le musée, la promenade Amiral-de-Grasse file le long des murailles vers le sud. Cette promenade offre l'une des plus belles perspectives de la région : la baie, le cap d'Antibes couvert de pins, et par temps clair les sommets des Alpes encore enneigés derrière Nice. Quelques criques de galets s'ouvrent en contrebas pour une baignade rapide. Des plaques discrètes rappellent au passage que Guy de Maupassant puis Nikos Kazantzakis ont vécu dans ces parages : la vieille cité a toujours attiré les plumes autant que les pinceaux.

Le Fort Carré, étoile de pierre

De l'autre côté de la rade, une presqu'île porte le Fort Carré, bastion en étoile du XVIe siècle où le jeune Bonaparte fut brièvement détenu en 1794. On le rejoint par un sentier côtier plat d'une vingtaine de minutes depuis le débarcadère; la visite guidée mène au chemin de ronde, avec vue circulaire sur la rade et les mâts de la marina. Un détour que bien des passagers négligent — à tort.

Repères d'escale

ÉlémentDétail
DébarquementEn annexe au port Vauban
Vieille ville et marché2 à 5 minutes à pied
Musée Picasso10 minutes à pied par le front de mer
Fort Carré20 minutes à pied par le sentier côtier
Juan-les-PinsEnviron 2 km, taxi ou train régional

Repartir avec la lumière

Le peintre disait avoir retrouvé ici la joie de créer; les passagers, eux, remportent souvent un pot de tapenade et le souvenir d'une clarté particulière sur les remparts. Antibes ne cherche pas à éblouir — elle laisse simplement la Méditerranée faire son travail, et cela suffit amplement à remplir une journée.