Depuis le pont, la baie de Porto Belo apparaît comme une échancrure d'un vert profond entre des collines couvertes de forêt atlantique. Le navire jette l'ancre au large et les transbordeurs déposent les passagers au cœur d'un village balnéaire de l'État de Santa Catarina, à une soixantaine de kilomètres au sud de Florianópolis. Ici, pas de terminal monumental ni de front de mer tapageur : une jetée, des barques de pêcheurs et l'odeur de la mer suffisent à donner le ton de la journée.
Le bourg et son bord de mer
À terre, tout se joue à échelle humaine. L'avenue riveraine longe une bande de sable bordée d'amandiers, avec ses kiosques à jus, ses restaurants de fruits de mer et ses boutiques d'artisanat où l'on trouve sculptures de bois, bijoux et céramiques d'artisans locaux. Une navette gratuite relie généralement le point de débarquement au centre, et un service de visite guidée en autobus fait le tour des environs. Comme presque tout ce littoral de Santa Catarina, le bourg garde l'empreinte des familles açoriennes venues s'y établir au XVIIIe siècle : on la retrouve dans la dévotion des chapelles, dans les filets raccommodés sur les quais et dans les barques de pêche tirées sur la grève. Flâner entre l'église, les commerces et les étals de pêcheurs occupe agréablement la première heure, le temps de prendre le pouls du lieu.
Bombas et Bombinhas, les voisines émeraude
La réputation du secteur repose surtout sur la péninsule voisine de Bombinhas, que l'on rejoint en taxi ou en excursion en une vingtaine de minutes. Les anses de Bombas et de Bombinhas y déroulent un sable clair face à des fonds translucides, parmi les plus réputés du littoral brésilien pour la plongée en apnée. Les criques plus petites, comme Quatro Ilhas ou Mariscal, attirent quant à elles surfeurs et marcheurs. En haute saison, la circulation peut ralentir l'aller-retour : mieux vaut partir tôt et garder une marge confortable avant le dernier transbordeur.
L'île de Porto Belo, à quelques minutes de barque
Juste en face du village, l'île de Porto Belo, aussi appelée île João da Cunha, se rejoint par de courtes traversées en bateau depuis le rivage. On y trouve une plage calme, un sentier d'interprétation à travers la végétation, des inscriptions rupestres attribuées aux peuples précoloniaux et un parcours de nage avec masque et tuba le long des rochers. C'est l'option idéale pour ceux qui veulent une journée nature sans s'éloigner du mouillage.
Sous la surface
Les eaux du secteur doivent leur clarté à la proximité de la réserve biologique marine de l'Arvoredo, un archipel protégé au large où la vie sous-marine abonde. Poissons tropicaux, tortues et bancs argentés fréquentent ces fonds rocheux; les centres de plongée locaux proposent des sorties adaptées aux débutants comme aux plongeurs certifiés. Même sans bouteille, un simple masque révèle déjà beaucoup le long des pointes rocheuses de la baie, surtout le matin, quand la mer n'a pas encore été brassée par le vent d'après-midi.
Organiser sa journée sans se presser
- Matinée : traversée vers l'île João da Cunha ou route vers Bombinhas, avant l'affluence.
- Midi : poisson grillé ou crevettes dans un restaurant du bord de mer, avec vue sur le mouillage.
- Après-midi : baignade près du village, magasinage d'artisanat, puis retour tranquille vers la jetée.
En remontant à bord, on garde de Porto Belo une impression de simplicité heureuse : une baie abritée, des collines vertes, une eau qui invite à plonger le regard. Les grandes métropoles brésiliennes offrent le spectacle; ce coin de Santa Catarina, lui, offre la respiration. Et c'est souvent elle qui manque le plus une fois la croisière terminée.