Tout au sud du Brésil, à deux pas de la frontière uruguayenne, Rio Grande ne ressemble en rien aux images habituelles du pays. Ici, pas de montagnes de granit ni de forêt tropicale : une immense lagune, des plaines à perte de vue et un vieux centre aux façades portugaises patinées par les vents de l'Atlantique Sud. C'est la plus ancienne ville de l'État du Rio Grande do Sul, fondée en 1737 pour garder l'entrée de la Lagoa dos Patos, et son quai d'escale se trouve à environ deux kilomètres seulement du centre.
Les premiers pas dans la vieille ville
Depuis le terminal, quelques minutes de marche ou une courte course en taxi mènent aux rues anciennes. La cathédrale São Pedro, coiffée de tons pastel, veille sur la cité depuis le XVIIIe siècle; autour d'elle s'alignent d'anciens hôtels particuliers, des entrepôts du temps où la cité s'enrichissait du commerce maritime, et des places ombragées où les habitants se retrouvent en fin d'après-midi. Le rythme est paisible, presque provincial, et l'on y circule sans jamais se presser. Prenez le temps d'observer les détails : azulejos hérités du Portugal, corniches ouvragées, enseignes d'un autre siècle. Beaucoup de bâtiments attendent encore leur restauration, et ce léger air de belle endormie fait partie du caractère des lieux.
Le musée océanographique, une surprise de taille
Rio Grande abrite l'un des musées océanographiques les plus importants d'Amérique du Sud, rattaché à l'université fédérale locale. Squelettes de baleines, collections de coquillages et bassins consacrés à la faune de la région y racontent la rencontre entre la lagune et l'océan. Pour une escale familiale, c'est l'arrêt le plus sûr de la journée, à quelques minutes du cœur de la ville.
Les jetées de la Barra et la plage du Cassino
Les excursions conduisent volontiers vers les Molhes da Barra, deux digues de pierre longues de plusieurs kilomètres qui encadrent le chenal reliant la Lagoa dos Patos à l'Atlantique. Les pêcheurs y lancent leurs lignes, les cargos défilent au ras des rochers et le vent du large balaie tout. Juste à côté commence la Praia do Cassino, considérée comme l'une des plages les plus longues du monde : une bande de sable qui file vers l'Uruguay sur plus de 200 kilomètres. On ne vient pas y chercher des palmiers, mais une immensité grise et verte qui impressionne à sa manière.
Le pays des gauchos
L'arrière-pays appartient à la culture gaucha, celle des cavaliers des plaines. Elle se goûte plus qu'elle ne se visite : churrasco grillé lentement, thé maté partagé dans la calebasse, musique traditionnelle les jours de fête. Dans les rues, on remarque les habitants qui portent leur thermos sous le bras à toute heure du jour — un rituel auquel les visiteurs se laissent volontiers initier. Certains circuits poussent jusqu'à Pelotas, ville voisine réputée pour ses douceurs sucrées héritées du XIXe siècle, quand les fortunes du commerce rivalisaient d'élégance.
Repères pour l'escale
| Lieu | Distance approximative | Intérêt principal |
| Centre historique et cathédrale | 2 km du quai | Patrimoine portugais, places |
| Musée océanographique | Près du centre | Faune marine, familles |
| Molhes da Barra et Cassino | 20 à 25 km | Digues, plage immense |
| Pelotas | 55 km | Architecture, traditions sucrées |
Avant de larguer les amarres
Rio Grande fait partie de ces escales qui ne promettent rien et finissent par donner beaucoup : une lumière particulière sur la lagune, des rues sans artifice, un maté offert avec le sourire. On remonte à bord en ayant vu un Brésil que peu de voyageurs connaissent, et c'est peut-être là son plus bel atout.