Haikou Haidian Island China

Sous les arcades de la vieille ville, on marche à l'ombre depuis cent ans. Les qilou de Haikou, ces maisons-galeries dont les étages s'avancent au-dessus du trottoir, protègent les passants du soleil et des averses tropicales de Hainan, la grande île du sud de la Chine. Marchands chinois revenus fortune faite d'Asie du Sud-Est, les « Nanyang » ont bâti au début du 20e siècle ce quartier où se mêlent stucs baroques, balcons chinois et persiennes coloniales : un décor unique dans le pays, et le cœur battant de l'escale.

Du terminal aux arcades

Les navires accostent au port de Xiuying, dans l'ouest de la ville. Un trajet en taxi ou en navette d'une vingtaine de minutes mène au secteur historique. Haikou, capitale provinciale de plus de deux millions d'habitants, s'étale le long du détroit qui sépare Hainan du continent; ses avenues larges, ses palmiers et son air marin lui donnent des allures de station plus que de métropole, malgré les tours neuves qui poussent au rythme de la zone franche dont l'île fait l'objet.

Les arcades de la rue Qilou

Le vieux quartier aligne plusieurs centaines de ces maisons-galeries restaurées, sur des rues devenues en partie piétonnes. On flâne entre boutiques de thé, échoppes de nouilles et vendeurs de noix de coco fraîchement ouvertes, sous les moulures patinées que les restaurateurs ont ravivées sans les figer. La tour de l'horloge, dressée face à l'ancien port fluvial, sert de repère et abrite une exposition de photographies anciennes; son étage offre un joli coup d'œil sur les toits alentour. L'endroit se savoure lentement, un café de Hainan à la main : l'île torréfie son propre grain, héritage des émigrés revenus de Malaisie, et le sert très sucré, dans des salons de thé à l'ancienne où les habitués passent des heures à discuter.

Le temple des Cinq Seigneurs

Au sud du centre, le temple des Cinq Seigneurs honore cinq hauts fonctionnaires des dynasties Tang et Song exilés à Hainan, alors considérée comme le bout du monde. Pavillons de bois rouge, jardins de banians et stèles calligraphiées racontent comment ces disgraciés ont apporté lettres et écoles à l'île; les habitants honorent encore leur mémoire avec une gratitude intacte. La visite éclaire toute l'histoire de Hainan : une terre d'exil devenue terre d'accueil.

Le volcan aux portes de la ville

À environ 45 minutes de route, le géoparc des volcans de Leiqiong protège un champ de cratères éteints couverts de forêt tropicale. Des escaliers de lave taillés à la main grimpent au bord du cratère principal, entre lychees et banians étrangleurs; les villages voisins ont bâti murets et maisons dans la même pierre sombre. L'excursion complète bien le vieux Haikou pour qui dispose d'une journée entière.

Repères pratiques

RepèreCe qu'il faut savoir
AccostagePort de Xiuying, à l'ouest du centre
Vieille villeEnviron 20 minutes en taxi depuis le port
Temple des Cinq SeigneursAu sud du centre, compter une heure de visite
Géoparc volcaniqueEnviron 45 minutes de route, demi-journée

La table de Hainan

L'île a donné son nom à un plat connu dans toute l'Asie : le poulet de Wenchang, poché puis servi avec un riz cuit dans son bouillon, que Singapour a adopté sous le nom de riz au poulet hainanais. Goûtez-le à la source, accompagné d'un qingbuliang, dessert glacé de lait de coco garni de haricots, de fruits et de perles de sagou, parfait sous ce climat.

Haikou surprend par sa douceur. On y vient rarement exprès, on en repart avec le souvenir d'arcades ombragées, d'un café sucré et d'une histoire d'exilés devenus bâtisseurs. Les découvertes sans tapage sont souvent celles qui durent.

Questions fréquentes

Au port de Xiuying, dans l'ouest de la ville. Un trajet en taxi ou en navette d'une vingtaine de minutes mène au secteur historique, où se concentre l'essentiel de l'intérêt de l'escale.
Des maisons-galeries dont les étages s'avancent au-dessus du trottoir, protégeant les passants du soleil et des averses tropicales. Bâties au début du 20e siècle par des marchands revenus fortune faite d'Asie du Sud-Est, elles mêlent stucs baroques, balcons chinois et persiennes coloniales.
La vieille ville et ses arcades, le temple des Cinq Seigneurs au sud du centre, et un café de Hainan dans un salon de thé à l'ancienne. Le géoparc volcanique demande une demi-journée à part.
Un temple qui honore cinq hauts fonctionnaires des dynasties Tang et Song exilés à Hainan, alors considérée comme le bout du monde. Pavillons de bois rouge, jardins de banians et stèles calligraphiées racontent comment ces disgraciés ont apporté lettres et écoles à l'île.
Oui, le géoparc des volcans de Leiqiong se trouve à environ 45 minutes de route. Des escaliers de lave taillés à la main grimpent au bord du cratère principal, entre lychees et banians étrangleurs, et les villages voisins ont bâti murets et maisons dans la même pierre sombre.
Le poulet de Wenchang, poché puis servi avec un riz cuit dans son bouillon, que Singapour a adopté sous le nom de riz au poulet hainanais. Goûtez-le à la source, avec un qingbuliang en dessert : lait de coco glacé garni de haricots, de fruits et de perles de sagou.
Oui, et c'est une curiosité : l'île torréfie son propre grain, héritage des émigrés revenus de Malaisie. On le sert très sucré, dans des salons de thé à l'ancienne où les habitués passent des heures à discuter.
Tropical, chaud et humide, avec des averses courtes et vives. C'est précisément pour cela que les arcades existent : on marche à l'ombre depuis cent ans dans le vieux quartier. Emportez de l'eau et un parapluie léger.
Un repère dressé face à l'ancien port fluvial, qui abrite une exposition de photographies anciennes. Son étage offre un joli coup d'œil sur les toits alentour, utile pour saisir l'étendue du quartier des arcades.
On y vient rarement exprès, et on en repart avec le souvenir d'arcades ombragées, d'un café sucré et d'une histoire d'exilés devenus bâtisseurs. C'est une escale sans tapage, et souvent celles-là sont celles qui durent.