Ningbo-Zhoushan China

Vue du pont, l'arrivée à Ningbo-Zhoushan ressemble à une démonstration de force : des grues à perte de vue, des porte-conteneurs en file d'attente, des collines de boîtes métalliques empilées. C'est ici que bat le plus grand port de marchandises de la planète en tonnage. Mais derrière cette façade industrielle se cache une cité de lettrés vieille de plusieurs millénaires, où l'on conserve des livres depuis plus longtemps que partout ailleurs en Chine.

S'éloigner des conteneurs

Les paquebots accostent dans les zones portuaires de Beilun ou de l'archipel de Zhoushan, loin de tout quartier piétonnier : il faut compter une trentaine de kilomètres et de 30 à 45 minutes de route pour rejoindre le centre de Ningbo. Les excursions organisées demeurent la façon la plus simple de gérer la journée : les taxis exigent négociation, argent liquide ou paiement mobile chinois, et une adresse écrite en caractères, ce qui complique l'improvisation. Le trajet fait toutefois partie de l'expérience : autoroutes suspendues, estuaires enjambés par des ponts démesurés, puis, soudain, les tours du quartier des affaires et les parcs qui s'ouvrent entre elles. La Chine contemporaine défile derrière la vitre avant que l'ancienne ne prenne le relais, et le contraste entre les deux constitue, au fond, le vrai sujet de la journée.

La bibliothèque la plus ancienne de Chine

Le cœur historique se concentre autour du lac de la Lune, plan d'eau bordé de saules, de pavillons et de calligraphes du dimanche. À deux pas se trouve le trésor local : le Tianyi Ge, bibliothèque privée fondée en 1561 par un haut fonctionnaire de la dynastie Ming, la plus ancienne encore debout du pays. On y circule de cour en cour, entre bassins, rocailles et salles où les recueils anciens reposent dans la pénombre, protégés par des règles de conservation que la même famille a fait respecter pendant treize générations. Les jardins valent autant que les rayonnages : bambous, dallages usés, calme studieux à quelques rues de la circulation. Prévoyez une bonne heure sur place, davantage si les expositions de calligraphie et de reliure retiennent votre attention, puis terminez par le tour du lac voisin, où les habitants pratiquent le taï-chi à l'ombre des saules.

Du vieux quai au musée de briques récupérées

Sur la rive opposée s'étire le Laowaitan, le vieux quai des concessions étrangères, ouvert au commerce international dès 1844, avant même celui de Shanghai. Ses façades européennes restaurées abritent cafés, restaurants et galeries, et la promenade y prend des airs de studio photo en fin d'après-midi, quand les mariés viennent poser devant les briques rouges. Autre curiosité, plus contemporaine : le musée de Ningbo, œuvre de l'architecte Wang Shu, dont les murs incorporent des millions de briques et de tuiles récupérées dans des villages démolis. On y parcourt sept mille ans d'histoire régionale, depuis la culture de Hemudu, l'une des premières civilisations du riz, jusqu'aux grandes heures marchandes de la cité. Au moment de la pause, les tables locales servent fruits de mer et tangyuan, ces boulettes de riz glutineux fourrées au sésame noir dont Ningbo revendique l'invention.

L'option Zhoushan

Lorsque le navire fait plutôt escale côté archipel, la journée change entièrement de nature : l'île sacrée de Putuoshan, haut lieu du bouddhisme dédié à la déesse Guanyin, aligne temples dorés, forêts de camphriers et plages dans une atmosphère de pèlerinage paisible, à rebours complet des terminaux à conteneurs. Quelle que soit la rive choisie, on remonte à bord avec la même impression : celle d'un géant industriel qui n'a jamais cessé d'être une vieille place de marchands et de lettrés. Les grues défilent alors sous un jour différent, simple dernier chapitre d'une très longue histoire d'échanges commencée bien avant l'invention du conteneur.

Questions fréquentes

Dans les zones portuaires de Beilun ou dans l'archipel de Zhoushan, au milieu des grues et des porte-conteneurs du plus grand port de marchandises de la planète en tonnage. Aucun quartier piétonnier à proximité : il faut compter une trentaine de kilomètres et de 30 à 45 minutes de route pour rejoindre le centre de Ningbo.
Non, absolument pas. Les excursions organisées demeurent la façon la plus simple de gérer la journée : les taxis exigent négociation, argent liquide ou paiement mobile chinois, et une adresse écrite en caractères.
Le lac de la Lune et la bibliothèque Tianyi Ge d'abord, puis le vieux quai du Laowaitan de l'autre côté de la rive. Ces deux pôles tiennent dans une demi-journée, transport compris, et résument la ville.
La plus ancienne bibliothèque privée encore debout en Chine, fondée en 1561 par un haut fonctionnaire de la dynastie Ming. On y circule de cour en cour, entre bassins et rocailles, dans des salles où les recueils anciens reposent dans la pénombre. Prévoyez une bonne heure sur place.
Le vieux quai des concessions étrangères, ouvert au commerce international dès 1844, avant même celui de Shanghai. Ses façades européennes restaurées abritent aujourd'hui cafés, restaurants et galeries; les mariés viennent y poser en fin d'après-midi.
Oui, ne serait-ce que pour ses murs. L'architecte Wang Shu y a incorporé des millions de briques et de tuiles récupérées dans des villages démolis. À l'intérieur, sept mille ans d'histoire régionale, depuis la culture de Hemudu jusqu'aux grandes heures marchandes de la cité.
La journée change entièrement de nature. L'île sacrée de Putuoshan, haut lieu du bouddhisme chinois, devient alors l'objectif naturel de l'escale plutôt que la ville de Ningbo. Vérifiez votre quai d'accostage avant de réserver quoi que ce soit.
Le yuan, et surtout du comptant. Le paiement mobile chinois domine partout, mais il suppose un compte local; les cartes étrangères passent mal hors des grands hôtels.
Les fruits de mer, omniprésents, et les tangyuan, ces boulettes de riz glutineux fourrées au sésame noir dont la ville revendique l'invention. Les tables du vieux quartier en servent à toute heure.
Le printemps et l'automne, d'avril à mai et de septembre à novembre. L'été est chaud, très humide et exposé aux typhons; l'hiver reste gris et frais sur cette côte.