Port de Rab, Croatie | Guide des escales de croisière

Quatre clochers sur une même ligne de ciel : la silhouette de Rab s'identifie de très loin, dressée sur une langue de terre étroite entre deux anses. Les navires mouillent devant la cité médiévale et les annexes déposent leurs passagers au quai, à quelques mètres des fortifications. L'île, au sud de la baie de Kvarner, servit de base aux flottes romaine puis byzantine; la vieille ville que l'on parcourt aujourd'hui doit toutefois presque tout à Venise, qui lui a laissé ses murailles, ses palais et ses campaniles blancs. Le débarquement donne le ton : on pose le pied directement dans le Moyen Âge, sans transition ni zone tampon.

Trois rues, mille ans

Le plan médiéval tient en trois rues parallèles qui suivent la crête de la presqu'île : Donja, Srednja et Gornja ulica — la basse, la moyenne et la haute. Des venelles et des volées d'escaliers les relient entre elles, si bien que l'on passe sans cesse d'un niveau à l'autre, entre portails sculptés, cours intérieures et placettes où sèche le linge. Les palais patriciens portent encore leurs blasons; la loggia de la rue du milieu servait de tribunal et de lieu d'assemblée. On se perd dans ce quadrillage sans jamais vraiment s'égarer : la mer apparaît au bout de chaque ruelle descendante. Fin juillet, la fête médiévale de la Rapska fjera ramène dans ces rues arbalétriers, artisans et costumes d'époque — les habitants y tiennent comme à un serment.

Les quatre campaniles

Chacune des tours qui composent la ligne d'horizon de Rab appartient à une église différente, échelonnée le long de la rue haute. Le plus élégant des quatre campaniles, celui de Sainte-Marie, date du XIIe siècle : ses 26 mètres se gravissent par un escalier étroit, et la récompense attend au sommet — toits de tuiles, anses turquoise, archipel du Kvarner et montagnes du continent dans un seul regard. Juste à côté, l'ancienne cathédrale Sainte-Marie-Majeure oppose sa façade rayée de rose et de blanc à la lumière du large. En fin d'après-midi, quand les cloches se répondent d'une tour à l'autre, la presqu'île entière semble sonner.

Le parc Komrčar et les rivages

Au flanc nord-ouest de la vieille ville, le parc Komrčar déroule sa pinède plantée au XIXe siècle : des allées ombragées descendent en pente douce vers des criques aménagées où l'on se baigne face aux voiliers. Les marcheurs poursuivront le long du littoral, d'anse en anse, jusqu'aux petites plages qui bordent la baie voisine. Ceux qui disposent de plus de temps peuvent gagner Lopar, à une douzaine de kilomètres au nord, où la plage du Paradis étire près de deux kilomètres de sable fin — une rareté sur cette côte de galets, et une baignade en pente si douce que l'on marche longtemps avant de perdre pied. Les familles y passent volontiers la demi-journée, un cornet de crème glacée à la main.

Aide-mémoire

ÉlémentDétail
AccostageMouillage devant la vieille ville, annexes jusqu'au quai
Clocher de Sainte-MarieMontée par escalier étroit, panorama sur l'archipel
Plage du ParadisÀ Lopar, environ 12 km, en taxi ou en excursion
Monnaie et langueEuro; croate, anglais et allemand répandus

Le maçon parti fonder un pays

La tradition veut qu'un tailleur de pierre nommé Marin, né sur cette île au IVe siècle, ait fui les persécutions romaines et fondé, de l'autre côté de l'Adriatique, la communauté devenue la république de Saint-Marin. Vraie ou embellie, l'histoire dit bien ce que Rab sait faire depuis toujours : bâtir, et durer. Les quatre clochers, eux, continuent de monter la garde — on les regarde s'éloigner depuis le pont avec le sentiment d'avoir traversé un très vieux royaume en miniature.

Questions fréquentes

Au mouillage devant la cité médiévale. Les annexes déposent les passagers au quai, à quelques mètres des fortifications : on pose le pied directement dans la vieille ville, sans zone tampon.
À ses quatre clochers alignés sur la même ligne de ciel, dressés sur une langue de terre étroite entre deux anses. Chacun appartient à une église différente, échelonnée le long de la rue haute.
Les trois rues parallèles de la vieille ville, la montée au clocher de Sainte-Marie, l'ancienne cathédrale Sainte-Marie-Majeure, puis le parc Komrčar et une baignade dans les criques aménagées. La plage du Paradis, à Lopar, demande une demi-journée.
En trois rues parallèles qui suivent la crête de la presqu'île : Donja, Srednja et Gornja ulica, la basse, la moyenne et la haute. Des venelles et des volées d'escaliers les relient, si bien qu'on passe sans cesse d'un niveau à l'autre.
Oui, celui de Sainte-Marie, le plus élégant des quatre, daté du XIIe siècle. Ses 26 mètres se gravissent par un escalier étroit. En haut : toits de tuiles, anses turquoise, archipel du Kvarner et montagnes du continent dans un seul regard.
Oui, la plage du Paradis à Lopar, à une douzaine de kilomètres au nord : près de deux kilomètres de sable fin en pente si douce qu'on marche longtemps avant de perdre pied. C'est une rareté sur cette côte de galets. Comptez un taxi ou une excursion.
Oui, le parc Komrčar, au flanc nord-ouest de la vieille ville, descend en pente douce par des allées ombragées vers des criques aménagées où l'on se baigne face aux voiliers. Quelques minutes de marche depuis le quai.
L'euro et le croate. L'anglais et l'allemand sont répandus. Les cartes passent dans la vieille ville; gardez du comptant pour les taxis vers Lopar.
La fête médiévale de Rab, à la fin juillet : arbalétriers, artisans et costumes d'époque envahissent les trois rues. Les habitants y tiennent comme à un serment. Si votre escale tombe à cette date, l'ambiance change du tout au tout.
Partiellement. La rue basse, le long du quai, est praticable, mais les deux autres niveaux se gagnent par des volées d'escaliers et le clocher n'a pas d'ascenseur. Le parc Komrčar offre une promenade plus douce.