Cienfuegos Cuba

Une baie presque fermée, calme comme un lac, et au fond de cette étendue abritée une ville dessinée au cordeau par des colons français : Cienfuegos ne ressemble à aucune autre escale cubaine. Fondée en 1819 par des familles venues de Bordeaux et de la Louisiane, surnommée la Perle du Sud, elle a gardé de ses origines un urbanisme régulier, des façades néoclassiques et un goût certain pour l'élégance. Son centre historique figure au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2005.

Un débarquement sans détour

Ici, pas de grand terminal : les navires accostent à un quai simple, à quelques rues du centre. La plupart des passagers rejoignent à pied le Parque José Martí, cœur battant de la cité, en une quinzaine de minutes de marche à travers des rues commerçantes où les bicitaxis se faufilent entre les étals. Ceux qui préfèrent s'épargner le trajet trouveront des taxis et des calèches près de la sortie du quai.

Le Parque José Martí et ses palais

La grande place centrale concentre l'essentiel du patrimoine. La cathédrale de la Purísima Concepción, achevée en 1870, dresse ses deux tours inégales du côté est; en face, le Teatro Tomás Terry cache derrière sa façade sobre une salle à l'italienne ornée de fresques et de dorures, où chantèrent Enrico Caruso et Sarah Bernhardt. Le Palacio de Gobierno, avec ses colonnes et ses marbres, complète cet ensemble où chaque bâtiment semble vouloir rivaliser de prestance. Sous les arbres, les joueurs de dominos et les cireurs de chaussures perpétuent la vie de quartier, indifférents au va-et-vient des visiteurs.

Le Paseo del Prado, colonne vertébrale de la cité

Depuis la place, le Paseo del Prado file droit vers le sud. Cette avenue bordée d'arcades, la plus longue de son genre à Cuba, aligne les façades pastel, les glaciers et les bancs où les habitants s'installent à l'ombre dès le matin. Une statue de Benny Moré, enfant du pays et voix légendaire du son cubain, salue les passants à mi-parcours. En poursuivant vers la mer, l'avenue devient malecón et longe la baie jusqu'à la pointe de Punta Gorda.

Punta Gorda et le Palacio de Valle

Ce quartier résidentiel, ancien fief de la bourgeoisie sucrière, réserve la surprise la plus photographiée de l'escale : le Palacio de Valle, extravagante demeure de 1917 mêlant inspirations mauresques, gothiques et vénitiennes. On grimpe sur sa terrasse pour un café ou un cocktail face à la baie, avant de flâner entre les maisons de bois centenaires qui bordent la pointe. Le trajet depuis le centre se fait en quelques minutes de taxi ou en une agréable marche d'environ trois kilomètres le long de l'eau.

La forteresse qui gardait la baie

Pour les escales plus longues, le castillo de Jagua mérite le déplacement. Érigée au XVIIIe siècle pour protéger l'entrée du plan d'eau contre les pirates, bien avant la fondation de la cité, la forteresse se dresse à l'embouchure de la passe, à environ 22 kilomètres du centre; on l'atteint en taxi puis en traversier, et ses remparts dominent le va-et-vient des barques de pêcheurs.

Avant de larguer les amarres

Cienfuegos se savoure sans hâte, à l'image de sa rade paisible. Une glace au Prado, un boléro entendu au détour d'une arcade, et l'après-midi passe sans qu'on y prenne garde. Entre deux bâtiments néoclassiques, on retient surtout une douceur de vivre : la brise marine dans les arcades du Prado, les enfants qui plongent depuis le malecón, les airs de Benny Moré qui s'échappent d'une fenêtre. Le navire repart par la même passe étroite, et la Perle du Sud disparaît doucement derrière les collines, laissant le sentiment d'avoir entrevu la plus sereine des villes cubaines.

Questions fréquentes

À un quai simple, à quelques rues du centre. Il n'y a pas de grand terminal. La plupart des passagers rejoignent à pied le Parque José Martí en une quinzaine de minutes; des taxis et des calèches attendent près de la sortie du quai.
Le Parque José Martí avec la cathédrale et le Teatro Tomás Terry, une descente du Paseo del Prado, puis Punta Gorda et le Palacio de Valle. Le castillo de Jagua, à 22 kilomètres, demande une escale plus longue.
Parce qu'elle a été fondée en 1819 par des familles venues de Bordeaux et de la Louisiane. Elle en a gardé un urbanisme régulier, dessiné au cordeau, des façades néoclassiques et un goût certain pour l'élégance. Son centre historique est inscrit à l'UNESCO depuis 2005.
Une salle à l'italienne ornée de fresques et de dorures, cachée derrière une façade sobre sur le Parque José Martí. Enrico Caruso et Sarah Bernhardt y ont chanté et joué. La visite est courte et vaut largement le détour.
L'avenue à arcades la plus longue de son genre à Cuba, qui file droit vers le sud depuis la place centrale. Façades pastel, glaciers, bancs à l'ombre et une statue de Benny Moré, enfant du pays et voix légendaire du son cubain. Vers la mer, elle devient malecón.
Une extravagante demeure de 1917 mêlant inspirations mauresques, gothiques et vénitiennes, à Punta Gorda. C'est la surprise la plus photographiée de l'escale. On grimpe sur sa terrasse pour un café face à la baie.
En quelques minutes de taxi, ou par une agréable marche d'environ trois kilomètres le long de l'eau. Ce quartier résidentiel, ancien fief de la bourgeoisie sucrière, aligne des maisons de bois centenaires au bord de la pointe.
Une forteresse du XVIIIe siècle érigée pour protéger l'entrée de la baie contre les pirates, bien avant la fondation de la cité. Elle se dresse à l'embouchure de la passe, à environ 22 kilomètres du centre; on l'atteint en taxi puis en traversier.
Le peso cubain et l'espagnol. Prévoyez du comptant en petites coupures : les terminaux de carte restent rares et les cartes émises par des banques américaines ne fonctionnent pas à Cuba.
Oui, c'est l'une des plus faciles de Cuba. Le tracé est régulier, le terrain plat et le quai est à quinze minutes du centre. Seule la chaleur de milieu de journée impose de ralentir : les arcades du Prado offrent l'ombre.