Abydos Egypt

Peu de bateaux s'arrêtent encore à Abydos, et c'est peut-être ce qui rend l'escale si précieuse. Le navire s'amarre sur la rive du Nil, près de la bourgade d'El-Balyana, au cœur d'une Moyenne-Égypte agricole que les circuits classiques survolent. De là, une courte route traverse champs de canne et villages de briques crues avant de buter sur le désert : c'est à cette frontière exacte que les anciens Égyptiens ont bâti, pendant trois millénaires, l'un des lieux les plus sacrés de leur civilisation.

La cité d'Osiris

Abydos fut le grand centre de pèlerinage consacré à Osiris, dieu des morts et de la renaissance. Les Égyptiens de toutes conditions rêvaient d'y être ensevelis, ou au moins d'y dresser une stèle, pour participer à l'éternité du dieu, et les familles venaient de tout le pays déposer des offrandes. Les premiers pharaons de l'histoire y ont leurs tombeaux, dans la nécropole d'Oumm el-Qaâb, et des processions y rejouaient chaque année la mort et la résurrection du dieu, dans des mystères qui attiraient les foules. Marcher ici, c'est fouler l'un des plus anciens lieux saints encore lisibles de la planète.

Le temple de Séthi Ier, sommet de l'art égyptien

L'édifice qui justifie le voyage porte le nom de Séthi Ier, pharaon du Nouvel Empire, et fut achevé par son fils Ramsès II vers 1300 avant notre ère. Derrière ses deux cours en ruine, les salles hypostyles conservent des bas-reliefs que beaucoup d'égyptologues tiennent pour les plus raffinés du pays : visages d'une douceur étonnante, ciselure des perruques et des colliers, couleurs d'origine encore vives par endroits. Fait unique dans l'architecture égyptienne, sept chapelles voûtées s'alignent côte à côte au fond de l'édifice, dédiées à Osiris, Isis, Horus, Amon-Rê, Rê-Horakhty, Ptah et au pharaon divinisé lui-même — sept maisons de dieux sous un seul toit.

La liste royale, mémoire gravée des pharaons

Dans une galerie latérale, une paroi célèbre entre toutes déroule la liste d'Abydos : soixante-seize cartouches de rois, d'une écriture impeccable, que Séthi Ier et le jeune Ramsès présentent en offrande à leurs ancêtres. Ce document, qui omet soigneusement les souverains jugés illégitimes, a aidé les historiens à reconstituer la chronologie des dynasties. On reste volontiers de longues minutes devant cette page d'histoire taillée dans le calcaire.

L'Osireion, l'énigme voisine

Juste derrière l'édifice, en contrebas, l'Osireion intrigue tous les visiteurs : une construction de blocs de granit cyclopéens, à demi noyée d'eau verte, qui évoque un tombeau symbolique d'Osiris. Son architecture massive, si différente du raffinement voisin, alimente depuis un siècle les discussions savantes. À trois cents mètres au nord-ouest, les vestiges du temple de Ramsès II conservent eux aussi des reliefs colorés qui méritent le coude à coude avec le soleil.

Une escale rare, à savourer

  • Le site se trouve à une douzaine de kilomètres du fleuve : le trajet en autocar depuis l'embarcadère prend une vingtaine de minutes.
  • L'ensemble se parcourt aisément en deux heures; lampe de poche utile pour les reliefs des salles sombres.
  • Les visiteurs restent peu nombreux : on profite souvent des chapelles dans un calme complet.

Au retour, le regard s'attarde sur les paysans qui irriguent leurs champs comme sur les bas-reliefs du matin, gestes identiques à trois mille ans d'écart. C'est la leçon discrète d'Abydos : ici, le fleuve, la terre et la mémoire n'ont jamais cessé de travailler ensemble, et le voyageur qui en a été témoin regarde différemment toute la suite de sa croisière sur le Nil.

Questions fréquentes

Sur la rive du Nil, près de la bourgade d'El-Balyana, en Moyenne-Égypte. Le site lui-même se trouve à une douzaine de kilomètres du fleuve : le trajet en autocar prend une vingtaine de minutes, à travers champs de canne et villages de briques crues.
Parce qu'elle fut le grand centre de pèlerinage consacré à Osiris, dieu des morts et de la renaissance. Les Égyptiens de toutes conditions rêvaient d'y être ensevelis, ou au moins d'y dresser une stèle. Les premiers pharaons de l'histoire y ont leurs tombeaux, dans la nécropole d'Oumm el-Qaâb.
L'édifice qui justifie le voyage. Achevé par Ramsès II vers 1300 avant notre ère, il conserve des bas-reliefs que beaucoup d'égyptologues tiennent pour les plus raffinés du pays : visages d'une douceur étonnante, ciselure des perruques et des colliers, couleurs d'origine encore vives par endroits.
Elles sont uniques dans l'architecture égyptienne : sept chapelles voûtées alignées côte à côte au fond du temple, dédiées à Osiris, Isis, Horus, Amon-Rê, Rê-Horakhty, Ptah et au pharaon divinisé lui-même. Sept maisons de dieux sous un seul toit.
Une paroi d'une galerie latérale où se déroulent soixante-seize cartouches de rois, d'une écriture impeccable, que Séthi Ier et le jeune Ramsès présentent en offrande à leurs ancêtres. Ce document, qui omet soigneusement les souverains jugés illégitimes, a aidé les historiens à reconstituer la chronologie des dynasties.
Une construction de blocs de granit cyclopéens, à demi noyée d'eau verte, juste derrière le temple et en contrebas. Elle évoque un tombeau symbolique d'Osiris. Son architecture massive, si différente du raffinement voisin, alimente les discussions savantes depuis un siècle.
L'ensemble se parcourt aisément en deux heures. Une lampe de poche est utile pour les reliefs des salles sombres. À trois cents mètres au nord-ouest, les vestiges du temple de Ramsès II conservent eux aussi des reliefs colorés.
Non, et c'est précisément ce qui rend l'escale précieuse. Peu de bateaux s'arrêtent encore ici, et l'on profite souvent des chapelles dans un calme complet — une rareté sur le Nil.
Une Moyenne-Égypte agricole que les circuits classiques survolent : champs de canne, villages de briques crues, paysans qui irriguent leurs terres. La route s'arrête net au bord du désert, et c'est à cette frontière exacte que les anciens ont bâti le sanctuaire.
Chapeau, eau et bonnes chaussures pour le sol inégal des cours en ruine. Une lampe de poche pour les salles sombres. Et du temps : les reliefs de Séthi Ier méritent qu'on s'arrête devant chacun plutôt qu'on les traverse.