Chateau Thierry France

« Rien ne sert de courir; il faut partir à point. » Le conseil vaut pour toute escale, et il a été écrit ici. Château-Thierry, étagée sur les coteaux de la vallée de la Marne aux portes de la Champagne, a vu naître Jean de La Fontaine en 1621. Les bateaux fluviaux qui naviguent entre Paris et Épernay s'y arrêtent pour un concentré d'histoire de France : un fabuliste universel, une place forte médiévale, des caves à champagne creusées au XIIe siècle et l'un des hauts lieux de la mémoire américaine de la Grande Guerre.

La maison du fabuliste

Depuis le quai, quelques minutes de marche mènent à la maison natale de La Fontaine, hôtel particulier classé monument historique et labellisé Maison des Illustres. Le musée qui l'occupe rassemble éditions anciennes, gravures et illustrations des Fables, de Gustave Doré à Chagall. On y mesure combien le Corbeau, la Cigale et le Loup ont voyagé depuis ces rives tranquilles. Dans le jardin, un buste du poète médite parmi les rosiers, et les visiteurs les plus jeunes s'amusent à retrouver leurs fables préférées au fil des salles. La vieille ville alentour, avec ses places calmes et ses hôtels de pierre, se parcourt sans hâte, le nez au vent des enseignes. Fontaines, portes anciennes et façades à pilastres jalonnent le chemin entre le quai et le musée, prélude agréable à la suite de la journée.

Le vieux château et ses remparts

Sur la butte qui domine les toits, l'ancien château fort, dont le nom viendrait du roi mérovingien Thierry IV, conserve remparts, portes fortifiées et esplanades plantées d'arbres. La montée se fait à pied depuis le centre; l'effort, modéré, se voit récompensé par une vue étendue sur les toits d'ardoise, les méandres de la rivière et les coteaux plantés de vignes. Des rapaces dressés évoluent l'été au-dessus des remparts lors de spectacles de fauconnerie qui enchantent petits et grands. Des panneaux retracent mille ans d'histoire militaire, des comtes de Champagne aux campagnes napoléoniennes.

Des bulles sous la ville

Château-Thierry appartient à l'appellation champagne, dont elle constitue la porte occidentale. La maison Pannier y élabore ses cuvées dans un réseau de caves médiévales creusées au XIIe siècle, plus de deux kilomètres de galeries à température constante où dorment les bouteilles. La visite guidée, suivie d'une dégustation, complète idéalement la matinée; plusieurs vignerons indépendants des coteaux voisins accueillent également les groupes d'escale pour faire connaître le meunier, cépage roi de la vallée, servi bien frais dans les celliers familiaux.

La cote 204 et le bois Belleau

À trois kilomètres à l'ouest du centre s'élève le monument américain de la cote 204, imposant portique de pierre inauguré en 1937 sur les plans de l'architecte Paul Cret. Deux figures monumentales, l'Amérique et la France se tenant par la main, y commémorent les combats de l'été 1918, quand la deuxième bataille de la Marne arrêta l'avancée allemande sur Paris. L'esplanade, silencieuse et balayée par le vent, offre l'un des plus vastes panoramas de la région; on y devine le chemin parcouru par les troupes dans les blés de juillet. Un peu plus au nord, le bois Belleau et le cimetière américain Aisne-Marne rappellent le premier grand engagement du corps expéditionnaire américain, resté dans la mémoire des Marines. La visite de ces lieux, sobre et bouleversante, marque durablement les passagers nord-américains comme européens.

Reprendre le fil de la Marne

Le bateau repart entre les coteaux, laissant derrière lui la statue du fabuliste et les drapeaux du mémorial. En une journée, l'escale aura traversé huit siècles : fables apprises à l'école, bulles nées sous la craie, sacrifices de 1918. La Marne déroule ensuite ses boucles vers Épernay, et l'on repense au lièvre et à la tortue : ici, décidément, rien ne sert de courir.

Questions fréquentes

Au quai fluvial aménagé en bordure du centre-ville, sur la Marne. On descend la passerelle et on marche : quelques minutes suffisent pour atteindre la maison natale de Jean de La Fontaine et les rues de la vieille ville. Il n'y a ni terminal maritime ni navette obligatoire.
Oui, entièrement. Le centre historique, le musée Jean-de-La-Fontaine et la montée au vieux château se font tous à pied. Seuls les mémoriaux américains, à 3 km à l'ouest, demandent un autocar ou un taxi.
Le meilleur enchaînement : la maison natale de La Fontaine, une flânerie dans la vieille ville, puis la montée aux remparts du château. S'il reste du temps, une visite de cave à champagne. Vouloir ajouter le bois Belleau à ce programme est irréaliste — il faut choisir entre la ville et les mémoriaux.
Jean de La Fontaine y est né en 1621. Sa maison natale, hôtel particulier classé monument historique et labellisé Maison des Illustres, abrite aujourd'hui un musée : éditions anciennes, gravures et illustrations des Fables, de Gustave Doré à Chagall.
Oui. La ville est la porte occidentale de l'appellation champagne. La maison Pannier fait visiter plus de deux kilomètres de caves médiévales creusées au XIIe siècle, dégustation comprise, et plusieurs vignerons des coteaux voisins reçoivent les groupes d'escale. Le meunier est le cépage roi de la vallée.
On visite le site fortifié plutôt qu'un château meublé : il reste les remparts, les portes fortifiées et des esplanades plantées d'arbres, avec des panneaux qui racontent mille ans d'histoire militaire. La montée depuis le centre est modérée et la vue sur la vallée de la Marne la justifie.
Oui, mais en autocar ou en taxi seulement. Le monument américain de la cote 204 se dresse à 3 km à l'ouest du centre; le bois Belleau et le cimetière américain Aisne-Marne sont un peu plus au nord. Prévoyez au moins la moitié de l'escale si vous y tenez.
L'euro. Les cartes de crédit sont acceptées partout, y compris dans les caves et les musées. Gardez tout de même quelques pièces pour un marché ou un café de quartier.
Le français. Les sites qui reçoivent les croisiéristes — musée, caves, mémoriaux américains — offrent des explications en anglais, mais les commerces du centre fonctionnent surtout en français. Un bonjour bien placé ouvre bien des portes.
De mai à septembre, quand les bateaux fluviaux naviguent entre Paris et Épernay. L'été ajoute les spectacles de fauconnerie au-dessus des remparts, un vrai bon moment avec des enfants. En septembre, les vendanges animent les coteaux.