Dzaoudzi Petite-Terre, Mayotte

Le bleu change bien avant l'arrivée. En franchissant la barrière de corail, le navire pénètre dans l'un des plus vastes lagons coralliens du monde, une étendue calme où l'eau passe du saphir au turquoise selon la profondeur. Devant l'étrave, un rocher couvert de flamboyants relié à la terre par une chaussée : Dzaoudzi, sur l'île de Petite-Terre, porte d'entrée maritime de Mayotte. Les annexes déposent les passagers au pied de ce caillou chargé d'histoire, et l'océan Indien commence là. Mayotte est département français : l'euro y a cours, le français s'entend partout, et pourtant chaque ruelle rappelle que Madagascar et l'Afrique toute proche donnent ici le ton.

Petite-Terre, l'ancienne capitale

Avec sa voisine Labattoir, Dzaoudzi forme le cœur de Petite-Terre. Le bourg a longtemps servi de capitale à l'archipel, avant que ce rôle ne passe en 1977 à Mamoudzou, sur Grande-Terre. Il en garde une atmosphère administrative d'un autre temps : bâtiments coloniaux, manguiers, vie de quartier paisible. On s'y promène sans itinéraire précis, salué par les enfants qui rentrent de l'école, avec le sentiment d'aborder un territoire français aux couleurs résolument africaines et malgaches. Sur l'eau, les barques de pêcheurs croisent les voiliers au mouillage; l'air sent le sel, les fleurs et la végétation chaude.

Le lac Dziani, un cratère couleur émeraude

À courte distance du débarcadère, un sentier grimpe vers la curiosité géologique de l'île : le lac Dziani. Ce cratère volcanique abrite une eau d'un vert intense, cerclée de végétation, que l'on contemple depuis le rebord du volcan. La montée demande de bonnes chaussures et de l'eau, mais la récompense tient dans ce contraste rare : d'un côté le disque émeraude du lac, de l'autre le dégradé du lagon jusqu'au récif. Peu d'escales offrent un tel panorama après moins d'une heure d'effort. Partir tôt évite la chaleur du milieu de journée, et le sentier ne demande aucune expérience particulière, seulement de l'eau et un chapeau.

La barge, une institution mahoraise

Pour rejoindre Grande-Terre, tout le monde emprunte la même embarcation : la barge, ce traversier qui relie Dzaoudzi à Mamoudzou environ toutes les trente minutes, pour environ 1,50 euro. La traversée est courte, mais elle vaut à elle seule le déplacement. On y voyage au milieu des Mahorais, entre scooters, sacs de marché et conversations en shimaoré, avec le lagon pour décor. C'est le plus beau poste d'observation de la vie locale. Les habitants la prennent parfois plusieurs fois par jour; en quelques minutes, on passe d'une rive à l'autre du quotidien mahorais.

Mamoudzou et les saveurs du marché

De l'autre côté, Mamoudzou déroule son marché aux étals débordants : vanille, ylang-ylang, épices, tissus éclatants, poissons du récif. On marchande doucement, on goûte, on repart les mains pleines. Les allées débordent de fruits mûrs, de beignets chauds et d'étoffes éclatantes; on y circule lentement, porté par les parfums et les appels des marchandes. Les plus aventureux héleront un taxi-brousse, qui sillonne l'île pour quelques euros, tandis que les excursions organisées filent vers le mont Choungui ou vers les eaux du lagon, où évoluent tortues et poissons du corail, dans une eau à température de bain. Chacun compose sa journée selon son envie d'aventure.

Au moment où l'annexe regagne le bord, le soleil descend souvent derrière Grande-Terre et le plan d'eau s'embrase. Mayotte ne figure sur aucune liste des escales célèbres, et c'est précisément ce qui la rend précieuse : elle ne ressemble qu'à elle-même. Les voyageurs qui l'ont abordée une fois guettent longtemps, sur les cartes marines, l'occasion d'y revenir. On rapporte un sachet de vanille, quelques mots de shimaoré appris sur la barge, et une furieuse envie de raconter.

Questions fréquentes

Par annexe, au pied du rocher de Dzaoudzi, sur l'île de Petite-Terre. Le navire franchit d'abord la barrière de corail pour entrer dans l'un des plus vastes lagons coralliens du monde, où l'eau passe du saphir au turquoise selon la profondeur.
Oui, Mayotte est un département français : l'euro y a cours et le français s'entend partout. Cela dit, chaque ruelle rappelle que Madagascar et l'Afrique toute proche donnent ici le ton, et le shimaoré se parle au quotidien.
La montée au lac Dziani le matin, puis la barge vers Mamoudzou et son marché. C'est un programme complet. Vouloir ajouter une sortie en mer dans le lagon demanderait une escale plus longue.
Un cratère volcanique empli d'une eau d'un vert intense, cerclée de végétation, que l'on contemple depuis le rebord du volcan. Le sentier part à courte distance du débarcadère et la montée prend moins d'une heure.
Elle ne demande aucune expérience particulière, mais de bonnes chaussures, de l'eau et un chapeau. Partez tôt pour éviter la chaleur du milieu de journée. La récompense tient dans le contraste : le disque émeraude du lac d'un côté, le dégradé du lagon jusqu'au récif de l'autre.
Le traversier qui relie Dzaoudzi à Mamoudzou environ toutes les trente minutes, pour environ 1,50 euro. La traversée est courte mais vaut le déplacement à elle seule : on y voyage au milieu des Mahorais, entre scooters, sacs de marché et conversations en shimaoré.
Des étals débordants de vanille, d'ylang-ylang, d'épices, de tissus éclatants et de poissons du récif. On y marchande doucement. C'est le meilleur endroit pour rapporter quelque chose qui vient vraiment d'ici.
Ce rôle est passé à Mamoudzou, sur Grande-Terre, en 1977. Dzaoudzi en garde une atmosphère administrative d'un autre temps : bâtiments coloniaux, manguiers, vie de quartier paisible. On s'y promène sans itinéraire précis.
La saison sèche, de mai à octobre, offre le ciel le plus stable et une chaleur plus supportable pour la montée au Dziani. La saison des pluies, de novembre à avril, apporte humidité et averses fortes.
L'euro, puisque Mayotte est française, mais prévoyez des espèces : la barge et les étals de marché ne prennent pas la carte. On parle français et shimaoré; l'anglais est peu répandu.