Marseille-les-Aubigny France

Il faut imaginer ce village du Berry au XIXe siècle : des dizaines de péniches à quai, des mariniers dans les cafés, des entrepôts pleins et le va-et-vient des chevaux de halage. Marseilles-lès-Aubigny fut alors l'un des grands ports fluviaux du centre de la France, au carrefour du canal latéral à la Loire et de l'ancien canal de Berry. Le trafic s'est tu, mais l'eau est restée, et avec elle une douceur que les bateaux de croisière fluviale viennent goûter le temps d'une halte.

Un village né de l'eau

Les bateaux s'amarrent à la halte fluviale, au centre du bourg, le long des maisons basses qui regardent passer les coques depuis près de deux siècles. Tout ici parle de batellerie : les anciens entrepôts reconvertis, les maisons d'éclusiers, les anneaux scellés dans la pierre des quais, et l'ancienne voie berrichonne, désaffectée au milieu du XXe siècle, dont on devine encore l'embranchement. L'écluse voisine rythme toujours les journées, et l'on s'attarde volontiers à observer la manœuvre, ce ballet de vannes et d'amarres qui n'a guère changé depuis l'époque des chevaux. Chaque bassinée prend une dizaine de minutes, le temps d'échanger les nouvelles du bief entre équipages : la conversation fait partie de la manœuvre.

Le long du chemin de halage

La promenade s'impose d'elle-même : le chemin de halage file au nord comme au sud, plat, ombragé par endroits, fréquenté par les cyclistes au long cours. On marche entre deux eaux, le canal d'un côté, la Loire toute proche de l'autre, séparés par des prairies où paissent des charolaises. Les pêcheurs tendent leurs lignes près des ponts, les hérons décollent sans hâte, les sternes patrouillent au-dessus des grèves : c'est une France paisible et rurale qui se découvre au pas du promeneur.

La Loire, la vraie

Quelques minutes de marche suffisent pour rejoindre les rives du dernier grand fleuve sauvage d'Europe. Bancs de sable blond, bras morts, courants changeants et lumières mouvantes : le fleuve ne se navigue plus guère, et c'est précisément pour cela que la voie artificielle fut creusée le long de son cours. Le contraste entre l'eau assagie et le fleuve libre constitue l'un des petits spectacles de l'étape, surtout au soir, quand la lumière rase les grèves.

Rayonner depuis la halte

Les croisières proposent souvent une excursion vers La Charité-sur-Loire, à une quinzaine de kilomètres en amont : son prieuré clunisien, inscrit au patrimoine mondial au titre des chemins de Compostelle, et ses librairies font une belle demi-journée. Vers le sud, à une dizaine de kilomètres, le pont-canal du Guétin fait franchir l'Allier aux bateaux sur un viaduc d'eau à dix-huit arches achevé en 1838 ; bien des itinéraires l'empruntent, et le passage, lent et silencieux au-dessus de la rivière, compte parmi les moments forts du voyage. Plus près, les villages du Berry alignent leurs églises romanes et leurs fermes fortifiées, dans un bocage que l'automobile traverse trop vite et que le vélo révèle.

À noter au carnet

  • Amarrage à la halte fluviale du bourg, commerces essentiels à proximité immédiate.
  • Chemin de halage plat, idéal à pied ou à vélo.
  • Rives du fleuve accessibles en quelques minutes de marche.
  • Prieuré clunisien de La Charité à une quinzaine de kilomètres en amont.

Quand l'écluse se referme

Le bateau repart aussi doucement qu'il était venu, et le village retourne à son silence de pierre et d'eau. Il reste l'image d'un port qui fut grand, d'une voie d'eau qui continue son œuvre discrète et d'une soirée où l'on a réappris à compter le temps en écluses plutôt qu'en kilomètres. Les grandes routes ignorent Marseilles-lès-Aubigny ; les voyageurs de la voie d'eau, eux, savent.

Questions fréquentes

À la halte fluviale, au centre du bourg, le long des maisons basses qui regardent passer les coques depuis près de deux siècles. Les commerces essentiels sont à proximité immédiate.
Aucun rapport. Marseilles-lès-Aubigny est un village du Berry, sur le canal latéral à la Loire, à des centaines de kilomètres de la métropole méditerranéenne. Le nom seul prête à confusion.
Parce qu'il se trouvait au carrefour du canal latéral à la Loire et de l'ancien canal de Berry. Au XIXe siècle, des dizaines de péniches y stationnaient, avec mariniers, entrepôts pleins et chevaux de halage. Le trafic s'est tu, l'eau est restée.
Les anciens entrepôts reconvertis, les maisons d'éclusiers, les anneaux scellés dans la pierre des quais et l'embranchement de l'ancienne voie berrichonne, désaffectée au milieu du XXe siècle.
Observer une manœuvre d'écluse, marcher ou pédaler sur le chemin de halage, puis rejoindre les rives de la Loire à quelques minutes de là. Il n'y a pas de monument à visiter : c'est une escale de paysage.
Une dizaine de minutes par bassinée, le temps d'échanger les nouvelles du bief entre équipages. La conversation fait partie de la manœuvre, et ce ballet de vannes et d'amarres n'a guère changé depuis l'époque des chevaux.
Oui, quelques minutes de marche suffisent. Bancs de sable blond, bras morts, courants changeants : c'est le dernier grand fleuve sauvage d'Europe, et c'est précisément parce qu'il ne se navigue plus guère que le canal fut creusé le long de son cours.
C'est un viaduc d'eau à dix-huit arches achevé en 1838, à une dizaine de kilomètres au sud, qui fait franchir l'Allier aux bateaux. Bien des itinéraires l'empruntent, et le passage, lent et silencieux au-dessus de la rivière, compte parmi les moments forts du voyage.
La Charité-sur-Loire, à une quinzaine de kilomètres en amont : son prieuré clunisien, inscrit au patrimoine mondial au titre des chemins de Compostelle, et ses librairies font une belle demi-journée.
Elle convient à ceux qui aiment le calme et la marche. Les grandes routes ignorent ce village; ceux qui cherchent des sites majeurs seront déçus. Les cyclistes, eux, y trouvent un chemin de halage plat et ombragé par endroits.