Meaux France

Le fromage a précédé la ville dans bien des mémoires : le brie de Meaux, sacré « roi des fromages » par les diplomates du congrès de Vienne selon une anecdote que la cité cultive avec gourmandise, voyage sur les meilleures tables du monde depuis des siècles. La capitale historique de la Brie, lovée dans un méandre de la Marne, mérite pourtant qu'on la découvre pour bien d'autres raisons que son plateau de fin de repas.

Quatre pontons sous la cathédrale

La halte fluviale occupe une position rêvée : quatre pontons au cœur de la ville, avec vue directe sur le pont du Marché, les frondaisons du parc du Pâtis — cent cinquante hectares de prairies et de bras d'eau, l'un des plus vastes parcs urbains de France — et les tours de la cathédrale. On débarque et l'on y est. Les rues commerçantes commencent au bout de la passerelle, et le marché, l'un des plus réputés de la région, anime les samedis matin de ses étals où le brie trône en majesté.

La cité épiscopale

La cathédrale Saint-Étienne, chantier gothique mené sur plusieurs siècles, surprend par la blondeur de sa pierre et la dentelle de sa façade. À l'intérieur repose Jacques-Bénigne Bossuet, le plus célèbre prédicateur du Grand Siècle, que l'histoire retient sous le nom d'Aigle de Meaux. L'ancien palais des évêques, attenant, abrite le musée qui porte son nom : peintures des XVIIe et XVIIIe siècles sous les voûtes, cour fermée par le Vieux Chapitre du XIIIe siècle et sa tourelle d'escalier, puis jardin à la française dessiné, dit-on, en forme de mitre d'évêque, d'où la vue embrasse le chevet et les remparts gallo-romains ; on s'attarde sous les tilleuls, et le Grand Siècle paraît soudain très proche.

La mémoire de la Marne

La ville garde aussi le souvenir des heures graves. En septembre 1914, la première bataille de la Marne se joua aux portes de la ville ; le musée de la Grande Guerre, le plus vaste d'Europe consacré au conflit, en raconte le quotidien à travers des dizaines de milliers d'objets, uniformes, taxis réquisitionnés et avions suspendus. Devant l'entrée se dresse la Liberté éplorée, statue monumentale offerte par les États-Unis en mémoire des combattants de 1914. Compter une demi-journée pour lui rendre justice ; les navettes et taxis franchissent en quelques minutes la distance depuis le centre.

Le goût du terroir briard

Impossible de repartir sans une initiation en règle : les fromageries du centre affinent au moins quatre semaines le brie de Meaux au lait cru et se font un plaisir d'expliquer la différence avec son cousin de Melun, plus corsé. On repart avec une pointe emballée sous cloche, qui embaumera discrètement la cabine ; la moutarde de Meaux, à l'ancienne et au grain entier, complète le panier, avec une bouteille de champagne : les premières vignes de l'appellation ne poussent qu'à quelques kilomètres à l'est. Les terrasses des bords de Marne servent le tout face aux péniches.

Repères d'escale

  • Halte fluviale au centre, cathédrale et rues commerçantes à quelques minutes à pied.
  • Cité épiscopale : Saint-Étienne, musée Bossuet et jardin de l'évêché regroupés.
  • Musée de la Grande Guerre à courte distance, compter une demi-journée.
  • Marché le samedi matin, fromageries et moutarderie pour les provisions de bord.

Au fil de l'eau qui repart

La rivière reprend son cours entre les saules, et les tours de Saint-Étienne s'attardent longtemps au-dessus des toits. On croyait s'arrêter pour un fromage ; on repart avec Bossuet, la Grande Guerre et un jardin en forme de mitre. Les escales de rivière ont cette manière de déjouer les attentes, et celle-ci le fait avec une élégance toute briarde.

Questions fréquentes

À la halte fluviale, quatre pontons au cœur de la ville, avec vue directe sur le pont du Marché et les tours de la cathédrale. On débarque et l'on y est : les rues commerçantes commencent au bout de la passerelle.
La cité épiscopale — cathédrale Saint-Étienne, musée Bossuet et jardin de l'évêché groupés — puis les fromageries du centre. Le musée de la Grande Guerre demande une demi-journée à lui seul : c'est l'un ou l'autre.
C'est un chantier gothique mené sur plusieurs siècles, qui surprend par la blondeur de sa pierre et la dentelle de sa façade. À l'intérieur repose Jacques-Bénigne Bossuet, le plus célèbre prédicateur du Grand Siècle, que l'histoire retient sous le nom d'Aigle de Meaux.
L'ancien palais des évêques, qui abrite le musée Bossuet : peintures des XVIIe et XVIIIe siècles sous les voûtes, cour fermée par le Vieux Chapitre du XIIIe siècle et sa tourelle d'escalier, puis un jardin à la française dessiné, dit-on, en forme de mitre d'évêque.
C'est le plus vaste musée d'Europe consacré à la Première Guerre mondiale. Il raconte le quotidien du conflit à travers des dizaines de milliers d'objets, uniformes, taxis réquisitionnés et avions suspendus. Comptez une demi-journée pour lui rendre justice.
Par navette ou taxi, qui franchissent la distance en quelques minutes. Devant l'entrée se dresse la Liberté éplorée, statue monumentale offerte par les États-Unis en mémoire des combattants de 1914.
Parce qu'en septembre 1914, la première bataille de la Marne se joua aux portes de la ville. C'est ce qui explique la présence ici du plus grand musée européen du conflit.
Le brie de Meaux au lait cru est affiné au moins quatre semaines; son cousin de Melun est plus corsé. Les fromageries du centre se font un plaisir d'expliquer la nuance et de faire goûter les deux.
Le samedi matin. C'est l'un des plus réputés de la région, et le brie y trône en majesté au milieu des étals.
Une pointe de brie emballée sous cloche, la moutarde de Meaux à l'ancienne et au grain entier, et une bouteille de champagne : les premières vignes de l'appellation ne poussent qu'à quelques kilomètres à l'est.