Nuku Hiva Island Taiohae, Marquesas French Polynesia
French Polynesia

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La baie de Taiohae ressemble à un cratère ouvert sur l'océan. Des crêtes vertes tombent dans l'eau sombre, des chevaux paissent en liberté au bord de la route, et aucun récif ne protège le rivage : les Marquises ignorent les lagons. Le navire jette l'ancre au milieu de cet amphithéâtre, et la navette dépose les passagers sur un petit quai de béton, directement dans le village principal de Nuku Hiva, la plus grande île de l'archipel.

Un village posé au bord de l'eau

Taiohae s'étire au creux de son anse sur quelques kilomètres. Depuis le quai, tout se parcourt à pied : le front de mer, les pavillons administratifs, quelques boutiques, un marché artisanal où les sculpteurs présentent leurs pièces en bois de rose, en os ou en pierre volcanique. L'art marquisien s'exprime aussi sur la peau; l'archipel demeure l'un des berceaux du tatouage polynésien, et les motifs que l'on aperçoit sur les avant-bras des habitants racontent des lignées entières.

La cathédrale et les tikis du rivage

En marchant vers l'ouest, la cathédrale Notre-Dame des Marquises mérite une halte prolongée. Ses murs mêlent la pierre de plusieurs îles de l'archipel, et son intérieur rassemble des sculptures en bois où les artisans locaux ont réinterprété les scènes bibliques avec des visages et des symboles marquisiens. Plus loin sur le front de mer, l'esplanade de Temehea aligne ses tikis de pierre au regard énigmatique, certains contemporains, d'autres inspirés des modèles anciens. Face à la baie, ces silhouettes massives donnent le ton d'une culture qui n'a jamais cessé de sculpter.

Sur les traces de Melville

En 1842, un jeune marin américain déserta son baleinier dans cette baie et se réfugia dans la vallée voisine de Taipivai. Il s'appelait Herman Melville, et son séjour chez les Taïpis inspira son premier livre, Typee, bien avant Moby Dick. Les excursions en véhicule tout-terrain permettent de rejoindre cette vallée profonde, tapissée de cocotiers et de manguiers, où subsistent des plateformes cérémonielles en pierre. Les sites archéologiques du nord de l'île, autour de Hatiheu, comptent parmi les plus imposants de la Polynésie : banians géants, pétroglyphes et esplanades où se tenaient les grandes cérémonies.

Prendre de la hauteur

La route qui grimpe derrière Taiohae mène à un belvédère dominant toute la baie. Le panorama révèle la géographie particulière de l'île : des vallées en éventail, des crêtes acérées, et l'océan qui frappe directement les falaises. Les averses passent vite, les arcs-en-ciel aussi. Ceux qui préfèrent rester au niveau de la mer peuvent longer le rivage jusqu'au petit port de pêche, où les thons débarqués au matin attirent parfois des raies dans l'eau claire.

Le temps marquisien

Ici, aucune file d'attente, aucun circuit imposé. Les distances se mesurent en virages plutôt qu'en kilomètres, et une escale réussie tient souvent à peu de choses : un fruit acheté au marché, une conversation devant la cathédrale, le parfum du tiaré qui flotte sous les arbres. Le village vit à son rythme, et le voyageur gagne à adopter le sien. Les pamplemousses marquisiens, énormes et parfumés, se vendent pour quelques francs pacifiques; ils accompagnent bien l'attente de la navette, à l'ombre des flamboyants. Prévoyez des chaussures fermées pour les sorties dans l'intérieur, un chapeau, et de quoi vous protéger des nonos, ces moucherons de plage dont la piqûre laisse un souvenir plus tenace que prévu.

Au moment de remonter à bord, les crêtes de Taiohae se découpent une dernière fois dans la lumière du soir. Melville avait mis des années à raconter ce qu'il avait vécu ici; quelques heures suffisent pour comprendre pourquoi il n'a jamais vraiment quitté ces vallées. Les Marquises ne se racontent pas, elles s'éprouvent, et Nuku Hiva en garde l'entrée.

Questions fréquentes

Au milieu de la baie de Taiohae, qui ressemble à un cratère ouvert sur l'océan. La navette dépose les passagers sur un petit quai de béton, directement dans le village principal. Attention : les Marquises ignorent les lagons, aucun récif ne protège le rivage et la houle peut compliquer le transbordement.
Tout le village. Taiohae s'étire au creux de son anse sur quelques kilomètres : le front de mer, les pavillons administratifs, quelques boutiques et un marché artisanal où les sculpteurs présentent leurs pièces en bois de rose, en os ou en pierre volcanique.
Un alignement de tikis de pierre au regard énigmatique, sur le front de mer, certains contemporains, d'autres inspirés des modèles anciens. Face à la baie, ces silhouettes massives donnent le ton d'une culture qui n'a jamais cessé de sculpter.
Notre-Dame des Marquises mérite une halte prolongée. Ses murs mêlent la pierre de plusieurs îles de l'archipel, et son intérieur rassemble des sculptures en bois où les artisans locaux ont réinterprété les scènes bibliques avec des visages et des symboles marquisiens.
En 1842, ce jeune marin américain déserta son baleinier dans la baie de Taiohae et se réfugia dans la vallée voisine de Taipivai. Son séjour chez les Taïpis inspira son premier livre, Typee, bien avant Moby Dick. Les excursions en véhicule tout-terrain permettent de rejoindre cette vallée profonde.
Au nord de l'île, autour de Hatiheu : banians géants, pétroglyphes et esplanades où se tenaient les grandes cérémonies, parmi les plus imposants de Polynésie. C'est loin de Taiohae et cela demande une excursion d'une bonne demi-journée sur des routes sinueuses.
Oui, la route qui grimpe derrière Taiohae mène à un belvédère dominant toute la baie. Le panorama révèle la géographie de l'île : des vallées en éventail, des crêtes acérées, et l'océan qui frappe directement les falaises. Les averses passent vite, les arcs-en-ciel aussi.
Ce sont des moucherons de plage dont la piqûre laisse un souvenir plus tenace que prévu. Prévoyez de quoi vous en protéger avant de descendre à terre, surtout si vous comptez marcher près du rivage ou dans l'intérieur. C'est le désagrément le plus souvent signalé aux Marquises.
L'archipel demeure l'un des berceaux du tatouage polynésien. Les motifs que l'on aperçoit sur les avant-bras des habitants racontent des lignées entières. C'est un art vivant, chargé de sens familial : le regarder avec respect vaut mieux que de le photographier sans demander.
Le franc pacifique, en espèces. Les sculptures du marché artisanal sont la vraie spécialité. Les pamplemousses marquisiens, énormes et parfumés, se vendent pour quelques francs et accompagnent bien l'attente de la navette à l'ombre des flamboyants. Prévoyez des chaussures fermées pour l'intérieur et un chapeau.