Ellenz-Poltersdorf Germany Rhineland-Palatinate

La Moselle prend ici tout son temps. Dans la grande boucle que les Allemands appellent le Cochemer Krampen, la rivière s'enroule entre des coteaux couverts de vignes, et deux villages jumeaux, Ellenz et Poltersdorf, occupent la rive gauche au milieu de leurs ceps. Les navires fluviaux s'amarrent au pied même des vignobles, à sept kilomètres en amont de Cochem, et l'escale plonge d'emblée le voyageur dans le quotidien d'un terroir façonné par des siècles de vendanges.

Deux villages, un seul vignoble

Ellenz-Poltersdorf vit du raisin depuis le Moyen Âge. Les maisons vigneronnes se serrent autour des caveaux, les pressoirs anciens décorent les cours, et les coteaux qui grimpent derrière les toits portent des parcelles aux noms soigneusement gardés, dont le réputé Ellenzer Goldbäumchen. Une promenade dans les ruelles mène d'une cave à l'autre; les vignerons ouvrent volontiers leurs portes pour faire goûter le riesling né de ces pentes d'ardoise, sec, minéral, d'une fraîcheur qui surprend toujours ceux qui découvrent les blancs de la Moselle.

Beilstein, juste en face

Le hasard fait bien les choses : de l'autre côté de la rivière attend Beilstein, l'un des villages les plus photographiés de la vallée. Le bac Saint-Josef, qui transporte piétons, cyclistes et quelques voitures d'avril à octobre, franchit la Moselle en trois minutes à peine. On débarque dans un décor resté presque intact depuis le dix-huitième siècle : ruelles pavées qui montent en escalier, maisons à colombages, placette de marché miniature. Au-dessus du bourg, les ruines du château de Metternich récompensent une courte grimpée par une vue plongeante sur la boucle de la rivière et les vignes à perte de vue. Redescendez par les venelles hautes du bourg : les portails de cour y encadrent de vieux pressoirs, et les enseignes de fer forgé annoncent les caveaux familiaux.

Le sentier du Moselkrampen

Les marcheurs disposent d'un autre plaisir : le sentier d'interprétation du Moselkrampen, qui part d'Ellenz-Poltersdorf et serpente dans le paysage typique de la vallée. Panneaux, points de vue et passages entre les rangs de vigne racontent le travail des vignerons sur ces pentes raides où presque tout se fait encore à la main. Même une heure de marche suffit pour saisir l'essentiel : ici, le paysage et le vin ne font qu'un.

Repères pour l'escale

LieuIntérêtAccès
Caveaux d'Ellenz-PoltersdorfDégustations de riesling chez les vigneronsÀ pied
BeilsteinVillage à colombages, château de MetternichBac Saint-Josef, 3 minutes
Sentier du MoselkrampenMarche d'interprétation dans les vignesDépart du village
CochemVille comtale et son château perché7 km en aval, excursion ou bateau

L'art de ne rien précipiter

Certains passagers pousseront jusqu'à Cochem, la petite capitale de la région, dominée par son château néogothique perché au-dessus des toits d'ardoise. D'autres embarqueront sur les vedettes qui descendent la rivière depuis Cochem, franchissent l'écluse de Fankel et accostent à Beilstein après une heure environ de navigation paisible. D'autres préféreront ne rien planifier du tout : un verre en terrasse au bord de l'eau, le va-et-vient du bac, les vignerons qui passent en tracteur entre deux parcelles. La Moselle enseigne cette leçon mieux que quiconque : les plus belles vallées se dégustent comme leurs vins, lentement, par petites gorgées. Les gourmands accompagneront leur verre d'une assiette vigneronne, pain de seigle, jambon fumé et fromage, servie sans façon sur les terrasses du bord de l'eau.

Lorsque les amarres tombent et que le navire reprend le fil du courant, les rangs de vigne défilent en spirale autour de la boucle, comme si le paysage saluait une dernière fois. Il reste dans le verre du souper un riesling doré, et dans la mémoire un village double où le temps se mesure en vendanges. C'est peu de choses, et c'est précisément pour cela qu'on s'en souvient.

Questions fréquentes

Au pied même des vignobles, sur la rive gauche de la Moselle, à sept kilomètres en amont de Cochem. Les deux villages jumeaux, Ellenz et Poltersdorf, occupent la grande boucle que les Allemands appellent le Cochemer Krampen.
Essentiellement du vin et de la marche, et il vaut mieux le savoir : ce n'est pas une escale de monuments. Les maisons vigneronnes se serrent autour des caveaux, les pressoirs anciens décorent les cours, et une promenade dans les ruelles mène d'une cave à l'autre.
Le riesling né de ces pentes d'ardoise : sec, minéral, d'une fraîcheur qui surprend toujours ceux qui découvrent les blancs de la Moselle. Les coteaux portent des parcelles aux noms soigneusement gardés, dont le réputé Ellenzer Goldbäumchen. Les vignerons ouvrent volontiers leurs portes.
Oui, et c'est le grand atout de cette escale : le bac Saint-Josef franchit la Moselle en trois minutes à peine, d'avril à octobre, transportant piétons, cyclistes et quelques voitures. On débarque dans un décor resté presque intact depuis le 18e siècle.
L'un des villages les plus photographiés de la vallée : ruelles pavées qui montent en escalier, maisons à colombages, placette de marché miniature. Au-dessus du bourg, les ruines du château de Metternich récompensent une courte grimpée par une vue plongeante sur la boucle de la rivière et les vignes.
Un sentier d'interprétation qui part d'Ellenz-Poltersdorf et serpente dans le paysage typique de la vallée. Panneaux, points de vue et passages entre les rangs de vigne racontent le travail des vignerons sur ces pentes raides où presque tout se fait encore à la main. Une heure de marche suffit à saisir l'essentiel.
Oui, la petite capitale de la région se trouve à sept kilomètres en aval, accessible en excursion ou en vedette. Elle est dominée par son château néogothique perché au-dessus des toits d'ardoise. Les vedettes descendent la rivière et franchissent l'écluse de Fankel.
Partiellement. Les ruelles du village et la berge sont accessibles, mais les coteaux, le sentier du Moselkrampen et surtout la montée au château de Metternich à Beilstein demandent du souffle et un pied sûr. Le bac, lui, est facile à emprunter.
D'avril à octobre, quand le bac Saint-Josef fonctionne et que les caveaux sont ouverts. Septembre et octobre ajoutent l'animation des vendanges sur les coteaux, un spectacle en soi sur ces pentes travaillées à la main.
L'euro et l'allemand. Dans deux villages de cette taille, l'argent comptant est nettement plus commode : les caveaux familiaux et le bac n'acceptent pas tous les cartes. Prévoyez quelques euros avant de descendre.