Samothraki Island Greece

Une montagne surgit de la mer, et c'est toute l'île. Samothrace, dans le nord de la mer Égée, se résume d'abord à la masse du mont Saos, qui bondit de la plage à 1 611 mètres d'altitude, l'un des plus hauts sommets des îles de la mer Égée. Homère y installait Poséidon, assis au sommet pour observer la guerre de Troie. Les navires, généralement de petite taille, débarquent leurs passagers à Kamariotissa, l'unique port de l'île, un village de front de mer où les tavernes servent le poisson du matin et où les chèvres circulent avec un naturel désarmant. L'île ne compte ni grands hôtels ni boutiques de luxe : elle offre autre chose, et cette autre chose se mérite.

Le sanctuaire des Grands Dieux

À six kilomètres du quai, adossé à un vallon boisé face à la mer, s'étend l'un des sites les plus mystérieux de Grèce : le sanctuaire des Grands Dieux. Pendant plus de mille ans, des pèlerins venus de tout le monde grec puis romain s'y sont fait initier à des mystères dont le secret, farouchement gardé, ne nous est jamais parvenu. Philippe II de Macédoine, père d'Alexandre le Grand, y aurait rencontré son épouse Olympias lors des cérémonies nocturnes. C'est ici qu'a été découverte en 1863 la Victoire de Samothrace, la statue ailée qui domine aujourd'hui le grand escalier du Louvre; le musée du site en expose un moulage et raconte la fouille. Marcher entre les fondations de la rotonde d'Arsinoé, dans le silence du vallon, laisse une impression durable, presque physique.

Chora, le village caché

La capitale de l'île s'est construite à cinq kilomètres du rivage, invisible depuis la mer : une précaution ancienne contre les pirates. Chora déploie ses maisons à toits rouges en amphithéâtre sous les ruines d'un château médiéval bâti par la famille génoise des Gattilusi. Les ruelles pavées grimpent entre les cafés, les balcons fleuris et les placettes d'où la vue plonge jusqu'à la côte. On y prend la mesure d'une île restée à l'écart des circuits, où le tourisme n'a jamais rien standardisé. Les distances restent courtes, mais le relief impose ses règles : mieux vaut prévoir un taxi ou une excursion organisée pour enchaîner les sites sans se presser.

L'île aux eaux vives

Samothrace est une île de sources et de torrents, chose rare en Égée. Sur la côte nord, le sentier du Fonias remonte un canyon ombragé de platanes centenaires : une marche facile de trois quarts d'heure mène à la première vathra, une vasque d'eau limpide creusée au pied d'une cascade par des siècles de courant, où les plus courageux se baignent dans une eau vive toute l'année. Plus loin sur la même côte, le hameau de Therma doit son nom à ses bains chauds, connus depuis l'Antiquité. Entre deux vallons, les plages de galets restent souvent désertes, même en été. Partout, les chèvres — plus nombreuses que les habitants — escaladent les murets et surveillent le passant d'un œil placide.

Repères d'escaleDétails
DébarquementKamariotissa, seul port de l'île
Sanctuaire des Grands DieuxÀ 6 km du port
ChoraÀ 5 km, village perché
Canyon du FoniasCôte nord, marche facile de 45 minutes
À goûterChevreau au four, miel de montagne

Ce que l'île laisse au voyageur

Peu d'escales égéennes offrent un tel condensé : un sanctuaire antique auréolé de secret, une montagne homérique, des cascades et des villages qui vivent à leur propre rythme. En reprenant la mer, on regarde longtemps le mont Saos disparaître dans la brume, en songeant que la plus célèbre statue de la Grèce a quitté cette île minuscule pour Paris, mais que son socle véritable, lui, est toujours là, face au vent du nord.

Questions fréquentes

À Kamariotissa, l'unique port de l'île, où les navires généralement de petite taille déposent leurs passagers. C'est un village de front de mer, avec des tavernes qui servent le poisson du matin et des chèvres qui circulent avec un naturel désarmant.
L'un des sites les plus mystérieux de Grèce, à six kilomètres du quai. Pendant plus de mille ans, des pèlerins venus de tout le monde grec puis romain s'y sont fait initier à des mystères dont le secret ne nous est jamais parvenu.
Sur ce sanctuaire même, en 1863. La statue ailée domine aujourd'hui le grand escalier du Louvre; le musée du site en expose un moulage et raconte la fouille.
Le sanctuaire des Grands Dieux et son musée en priorité, puis Chora, le village perché à cinq kilomètres. Si le temps le permet, la marche du canyon du Fonias remplace avantageusement l'un des deux.
Oui. Les distances restent courtes, mais le relief impose ses règles : mieux vaut prévoir un taxi ou une excursion organisée pour enchaîner les sites sans se presser.
C'est une précaution ancienne contre les pirates. La capitale s'est construite à cinq kilomètres du rivage, en amphithéâtre sous les ruines d'un château médiéval bâti par la famille génoise des Gattilusi.
Un sentier qui remonte un canyon ombragé de platanes centenaires sur la côte nord. Trois quarts d'heure de marche facile mènent à la première vathra, une vasque d'eau limpide creusée au pied d'une cascade, où les plus courageux se baignent en eau vive.
Oui, au hameau de Therma sur la côte nord, qui doit son nom à ses bains chauds connus depuis l'Antiquité. C'est une île de sources et de torrents, chose rare en Égée.
Non. L'île ne compte ni grands hôtels ni boutiques de luxe, et le tourisme n'y a rien standardisé. Elle offre autre chose : une montagne homérique, des cascades, des plages de galets souvent désertes même en été.
L'euro et le grec. L'anglais se débrouille au port et sur les sites, mais prévoyez du comptant : l'île reste à l'écart des circuits et les cartes ne passent pas partout.