Oita City Japan Oita

Au 16e siècle, les caraques portugaises connaissaient déjà ce rivage de Kyushu. La cité s'appelait alors Funai, et son seigneur, Otomo Sorin, converti au christianisme, en avait fait l'une des portes du Japon sur l'Occident : premiers médecins européens, premiers instruments de musique occidentaux, commerce des soieries et des armes. Oita, capitale préfectorale de près d'un demi-million d'habitants, a grandi sur cette mémoire d'ouverture, et les navires qui accostent aujourd'hui dans sa baie renouent, sans le savoir, avec une très vieille habitude.

Les vestiges du château de Funai

Le centre-ville, à quelques kilomètres des quais, que navette d'escale ou taxi franchissent en quelques minutes, s'organise autour des vestiges du château de Funai. Les murailles de pierre, les douves et deux tourelles reconstruites dessinent encore l'enceinte du pouvoir féodal; les cerisiers y attirent toute la ville au printemps, et le tour des douves se fait en une demi-heure tranquille, à l'ombre des pins. À deux pas, les arcades commerçantes couvertes, typiques des villes japonaises de province, alignent cafés, boutiques de thé et comptoirs de fugu, le poisson-globe dont la région s'est fait une spécialité maîtrisée. On y croise davantage d'employés de bureau que de croisiéristes, signe d'un centre resté fidèle à lui-même.

Un musée signé Shigeru Ban

La fierté contemporaine d'Oita porte un nom d'architecte : Shigeru Ban, lauréat du prix Pritzker, a signé en 2015 le Musée d'art préfectoral, l'OPAM. Sa façade de bois tressé, inspirée de la vannerie de bambou locale, s'ouvre entièrement sur la rue; à l'intérieur, la lumière traverse des claires-voies de cèdre. Les collections rassemblent des œuvres d'artistes de la préfecture et des expositions temporaires ambitieuses; le hall et son atrium restent d'ailleurs en accès libre. Même sans entrer, le bâtiment vaut le détour des amateurs d'architecture.

Les singes du mont Takasaki

À une dizaine de kilomètres vers Beppu, la montagne Takasakiyama descend directement dans la mer. Ses forêts abritent plus d'un millier de macaques japonais en liberté, habitués depuis les années 1950 à descendre chaque jour vers l'esplanade du parc naturel. On les observe à quelques mètres, sans grillage : mères épouillant leurs petits, jeunes mâles se poursuivant entre les visiteurs. En contrebas, l'aquarium Umitamago complète la sortie avec ses bassins tactiles et ses dauphins. C'est l'excursion familiale par excellence de l'escale.

Beppu, les vapeurs de la terre

Dix minutes de train suffisent pour rejoindre Beppu, la capitale japonaise des sources chaudes, dont les panaches de vapeur montent entre les immeubles comme des feux de camp géants. Les « enfers », ces bassins volcaniques aux eaux cobalt ou rouille, se visitent en circuit; les bains publics, eux, se vivent. Tremper ses pieds dans un bassin fumant ou s'ensevelir dans le sable chaud face à la baie compose un souvenir très japonais, à condition de surveiller l'horaire du retour.

La table d'Oita

La baie voisine et le détroit de Bungo fournissent des poissons dont les noms font le tour du Japon : le seki saba, maquereau pêché à la ligne dans les courants du détroit, et son cousin le seki aji, chinchard au gras délicat, se dégustent en sashimi dans les restaurants du centre. Les currys de poulet frit, la spécialité toriten en tempura et les mandarines de la préfecture complètent une table généreuse et abordable.

Otomo Sorin rêvait d'une cité chrétienne idéale ouverte sur le monde; l'histoire en a décidé autrement, mais quelque chose de cet accueil est resté dans les rues d'Oita. On y circule sans encombre, on y mange remarquablement, on y croise peu de foules. Le navire repart souvent à la tombée du jour, quand les vapeurs de Beppu rosissent au couchant, dernière image d'une escale qui aura mêlé singes, châteaux et volcans.

Questions fréquentes

Les navires accostent dans la baie, à quelques kilomètres du centre-ville. Navette d'escale ou taxi franchissent la distance en quelques minutes. Le centre s'organise autour des vestiges du château de Funai.
Deux directions, et il faut choisir. Soit la ville : les douves du château de Funai, les arcades commerçantes et le musée d'art OPAM. Soit la nature : les macaques du mont Takasaki et l'aquarium Umitamago. Vouloir ajouter Beppu par-dessus rend la journée trop serrée.
Les murailles de pierre, les douves et deux tourelles reconstruites dessinent encore l'enceinte du pouvoir féodal. Le tour des douves se fait en une demi-heure tranquille, à l'ombre des pins, et les cerisiers y attirent toute la ville au printemps.
Oui, ne serait-ce que pour le bâtiment. Shigeru Ban, lauréat du prix Pritzker, l'a signé en 2015 : façade de bois tressé inspirée de la vannerie de bambou locale, ouverte entièrement sur la rue, et une lumière qui traverse des claires-voies de cèdre. Le hall et l'atrium restent en accès libre.
Au mont Takasaki, à une dizaine de kilomètres vers Beppu. Plus d'un millier de macaques japonais vivent en liberté dans ses forêts et descendent chaque jour vers l'esplanade du parc naturel, habitude prise depuis les années 1950. On les observe à quelques mètres, sans grillage.
Oui, dix minutes de train suffisent. Beppu est la capitale japonaise des sources chaudes, et ses panaches de vapeur montent entre les immeubles comme des feux de camp géants. Les enfers volcaniques se visitent en circuit, les bains publics se vivent. Surveillez l'horaire du retour.
On s'allonge sur la plage et le personnel vous ensevelit sous du sable chauffé par la géothermie, face à la baie. La chaleur monte lentement, la séance est courte, et c'est l'un des souvenirs les plus japonais que l'escale puisse offrir.
Le détroit de Bungo tout proche fournit deux poissons dont les noms font le tour du Japon : le seki saba, maquereau pêché à la ligne dans les courants, et le seki aji, chinchard au gras délicat, tous deux servis en sashimi. La spécialité toriten, du poulet en tempura, et les mandarines de la préfecture complètent une table généreuse.
Non. C'est une capitale préfectorale de près d'un demi-million d'habitants où l'on croise davantage d'employés de bureau que de croisiéristes. On y circule sans encombre et on y mange remarquablement, sans les foules des grandes escales.
Au 16e siècle, la cité s'appelait Funai et son seigneur Otomo Sorin, converti au christianisme, en avait fait l'une des portes du Japon sur l'Occident : premiers médecins européens, premiers instruments de musique occidentaux, commerce des soieries. Les caraques portugaises connaissaient déjà ce rivage de Kyushu.