Uwajima Japan Ehime

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National Geographic Resolution

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Deux taureaux d'une demi-tonne s'arc-boutent front contre front, poussés par des mois d'entraînement, jusqu'à ce que l'un recule : ainsi se déroule le togyu, le « sumo des taureaux » qui fait la renommée d'Uwajima. Ici, ni matador ni mise à mort : un duel de force, simplement, que quelques localités du Japon perpétuent encore. Cette tradition donne le ton d'une escale à part, dans le sud rural de la préfecture d'Ehime, entre un donjon d'origine, des radeaux perliers et une mer découpée en dentelle.

Un quai à deux pas de la ville

Les navires s'amarrent au quai de Sakashizu, à une demi-heure de marche du centre; taxis et navettes raccourcissent le trajet à quelques minutes. La ville se parcourt ensuite aisément à pied : ses attraits se concentrent entre la gare, la colline du château et les vieilles rues commerçantes. Le rythme est celui d'une cité de province tournée vers la pêche, où les croisiéristes restent une curiosité que les habitants saluent volontiers.

Un donjon d'origine sur sa colline

Douze châteaux japonais seulement conservent leur donjon d'époque, et Uwajima possède l'un d'eux. Le sentier grimpe sous les grands arbres jusqu'à un petit édifice blanc de trois niveaux, élégant et trapu, bâti au tout début du dix-septième siècle puis tenu pendant 250 ans par une branche du clan Date. L'intérieur, sobre, laisse voir les charpentes anciennes; du dernier étage, la vue s'étend sur les toits, le port et les montagnes qui enserrent la baie. La montée demande un quart d'heure et quelques marches raides, récompense assurée.

Le jardin des seigneurs

Au pied de la colline, le jardin Tensha-en fut aménagé en 1866 pour la famille régnante. Un étang, des ponts de pierre, des parterres d'iris et surtout des glycines conduites en longues pergolas composent un lieu paisible, rarement fréquenté, où l'on entend surtout les carpes troubler la surface. Le musée Date, non loin, expose armures, palanquins et documents du clan pour ceux qui souhaitent prolonger le voyage dans le temps.

La mer aux perles

Tout autour, la côte se déchire en rias, ces vallées noyées qui forment un labyrinthe d'anses et de presqu'îles. Dans ces eaux abritées flottent les radeaux des perliculteurs : la région compte parmi les premières productrices de perles du Japon. Les boutiques du centre en proposent à tous les prix, souvent vendues par les familles d'éleveurs elles-mêmes. Même sans achat, la conversation s'engage facilement et l'on repart en sachant distinguer un lustre rosé d'un reflet argenté.

Daurade crue et beignets de poisson

À table, deux spécialités s'imposent. Le taimeshi local se distingue de celui du nord de la préfecture : ici, la daurade se sert crue, en lamelles déposées sur le riz chaud avec un bouillon à l'œuf. Le jakoten, beignet plat de petits poissons broyés et frits, se grignote tiède au coin des rues. Les curieux pousseront enfin la porte du sanctuaire Taga, voué à la fécondité, dont le musée ne laisse personne indifférent : les gens d'ici assument cette facette avec un sourire, et l'anecdote fera son effet au souper de retour à bord.

Repères pour l'escale

SiteDistance du quaiAccès
Château d'UwajimaEnviron 2 kmTaxi ou marche, puis sentier
Jardin Tensha-enEnviron 2,5 kmTaxi ou marche
Arène de togyuEnviron 3 kmTaxi

Au moment du départ, le navire se glisse d'une presqu'île verte à l'autre, longeant les alignements de radeaux perliers, et la ville disparaît derrière sa colline coiffée d'un donjon. Uwajima ne figure sur aucune liste de grandes destinations, et ses habitants ne s'en portent pas plus mal. Ceux qui y ont fait escale gardent le souvenir d'un Japon de province, fier de ses taureaux, de ses perles et de sa daurade, qui se livre sans se presser.

Questions fréquentes

Les navires s'amarrent au quai de Sakashizu, à une demi-heure de marche du centre. Taxis et navettes raccourcissent le trajet à quelques minutes. La ville se parcourt ensuite aisément à pied : ses attraits se concentrent entre la gare, la colline du château et les vieilles rues commerçantes.
Un duel de force entre deux taureaux d'une demi-tonne qui s'arc-boutent front contre front jusqu'à ce que l'un recule. Ni matador ni mise à mort : c'est une tradition que quelques localités du Japon perpétuent encore, et elle fait la renommée d'Uwajima.
Oui. Douze châteaux japonais seulement conservent leur donjon d'époque, et Uwajima possède l'un d'eux : un petit édifice blanc de trois niveaux, élégant et trapu, bâti au tout début du dix-septième siècle puis tenu pendant 250 ans par une branche du clan Date.
La montée demande un quart d'heure sous les grands arbres et comporte quelques marches raides. Ce n'est pas une ascension, mais il faut avoir le pied sûr. Du dernier étage, la vue s'étend sur les toits, le port et les montagnes qui enserrent la baie.
Un jardin aménagé en 1866 pour la famille régnante, au pied de la colline du château : un étang, des ponts de pierre, des parterres d'iris et surtout des glycines conduites en longues pergolas. Le lieu est rarement fréquenté, et l'on y entend surtout les carpes troubler la surface.
Parce que la côte se déchire en rias, ces vallées noyées qui forment un labyrinthe d'anses et de presqu'îles. Dans ces eaux abritées flottent les radeaux des perliculteurs, et la région compte parmi les premières productrices de perles du Japon.
Dans les boutiques du centre, où elles se vendent à tous les prix, souvent par les familles d'éleveurs elles-mêmes. Même sans achat, la conversation s'engage facilement et l'on repart en sachant distinguer un lustre rosé d'un reflet argenté.
Deux surtout. Le taimeshi local se distingue de celui du nord de la préfecture : ici, la daurade se sert crue, en lamelles déposées sur le riz chaud avec un bouillon à l'œuf. Le jakoten, beignet plat de petits poissons broyés et frits, se grignote tiède au coin des rues.
Une boucle à pied suffit : la colline du château et son donjon d'origine, le jardin Tensha-en à ses pieds, le musée Date pour les armures et les palanquins du clan, puis les vieilles rues commerçantes pour le jakoten et les perles.
Non, elle ne figure sur aucune liste de grandes destinations, et ses habitants ne s'en portent pas plus mal. C'est un Japon de province, fier de ses taureaux, de ses perles et de sa daurade, qui se livre sans se presser. Les croisiéristes y restent une curiosité que les gens saluent volontiers.