Champasak Wat Phou temple, Laos
Laos

Bien avant Angkor, des bâtisseurs khmers avaient choisi une montagne du sud du Laos pour y honorer leurs dieux. Le sommet du Phou Kao, dont la silhouette évoque un lingam naturel, domine encore les sanctuaires de Vat Phou, et c'est vers ce site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO que convergent les bateaux qui sillonnent le Mékong entre Paksé et la frontière cambodgienne, avec Champasak pour port d'attache.

Un fleuve, une montagne, des dieux

Les croisières fluviales du sud laotien amarrent au bourg de Champasak, sur la rive droite du Mékong. Successivement lié aux royaumes de Founan et de Chenla puis à l'Empire khmer, le site compte parmi les plus anciens lieux de culte d'Asie du Sud-Est : un axe processionnel grimpe de la plaine vers la montagne, ponctué de bassins sacrés, de pavillons de grès et d'escaliers usés par les siècles. Devenu sanctuaire bouddhiste, il vit toujours au rythme des moines et des pèlerins.

L'ascension vers les hauteurs

La visite se déroule comme une lente montée. Passé les grands bassins où se reflètent les nuages, on longe deux pavillons quadrangulaires aux linteaux finement sculptés, avant d'attaquer les volées de marches raides qui mènent aux terrasses supérieures. Là-haut, le sanctuaire principal abrite des bouddhas drapés d'étoffes safran, veillés par des sculptures hindoues où l'on reconnaît Shiva et Vishnou. Une source sacrée suinte de la falaise juste derrière, et les guides montrent, gravées dans les rochers voisins, les silhouettes d'un éléphant et d'un crocodile héritées des anciens cultes. En se retournant, le regard embrasse les plans d'eau alignés, les frangipaniers, la plaine rizicole et le ruban brun du Mékong : l'une des plus belles vues de tout le Laos, gagnée à la force des mollets.

Champasak, une nonchalance coloniale

Au pied du site, le bourg étire le long du fleuve son unique rue bordée de villas coloniales françaises, certaines joliment restaurées, d'autres abandonnées à la végétation. Ancien siège royal et administratif de la région, il vit aujourd'hui à un rythme délicieusement assoupi : temples bouddhistes aux toits étagés, cafés au bord de l'eau, écoliers à vélo, buffles dans les jardins. Une heure de flânerie suffit à en faire le tour et à comprendre pourquoi certains voyageurs, venus pour un jour, y restent une semaine.

Étape de la visiteEffortPoints forts
Bassins et chaussée processionnelleFaibleReflets, pavillons de grès
Escaliers vers les terrassesSoutenuLinteaux sculptés, frangipaniers
Sanctuaire sommitalModéréBouddhas, source sacrée, panorama
Bourg de ChampasakFaibleVillas coloniales, vie riveraine

Conseils de terrain

La chaleur monte vite dans la plaine : mieux vaut grimper tôt, chapeau vissé et eau en réserve. En saison sèche, la poussière ocre colore la lumière; après les pluies, les bassins débordent et les rizières verdissent à perte de vue. Les marches, hautes et irrégulières, exigent de bonnes chaussures; un bâton de marche rend service dans la descente. Comptez de deux à trois heures pour une visite complète, davantage si la photographie vous retient. Épaules et genoux couverts sont de mise dans le sanctuaire, et quelques kips en poche permettent d'acheter offrandes ou noix de coco glacées aux étals du site. Les itinéraires fluviaux complètent souvent la journée par les ruines d'Oum Muong, cachées dans la forêt de la rive opposée, ou poursuivent vers la région des 4 000 îles en aval.

Au retour sur le fleuve, quand le Phou Kao s'estompe dans la brume de chaleur, les passagers emportent le sentiment d'avoir remonté le temps jusqu'aux sources de la civilisation khmère. Angkor éblouit par sa démesure; Vat Phou touche par son intimité. Entre les deux, le Mékong continue de couler, indifférent aux empires, et c'est peut-être lui, au fond, le vrai maître des lieux.

Questions fréquentes

Au bourg de Champasak, sur la rive droite du Mékong, dans le sud du Laos. Ce sont des croisières fluviales, pas des navires de mer : l'amarrage se fait en berge, à courte distance du village et de la route qui mène au site de Vat Phou.
C'est un sanctuaire khmer antérieur à Angkor, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, adossé à la montagne du Phou Kao dont la silhouette évoque un lingam naturel. Un axe processionnel grimpe de la plaine vers la montagne, ponctué de bassins sacrés, de pavillons de grès et d'escaliers usés par les siècles. Devenu sanctuaire bouddhiste, il vit toujours au rythme des moines et des pèlerins.
De deux à trois heures pour une visite complète, davantage si la photographie vous retient. La montée se fait par étapes : les grands bassins d'abord, puis deux pavillons quadrangulaires aux linteaux sculptés, enfin les volées de marches raides qui mènent aux terrasses supérieures et au sanctuaire principal.
Elle demande un effort réel. Les marches sont hautes, irrégulières et usées, et la chaleur monte vite dans la plaine. De bonnes chaussures s'imposent, et un bâton de marche rend service à la descente. Mieux vaut grimper tôt, chapeau vissé et eau en réserve. Les personnes à mobilité réduite ne dépasseront pas les terrasses basses.
Les plans d'eau alignés en contrebas, les frangipaniers, la plaine rizicole et le ruban brun du Mékong : l'une des plus belles vues de tout le Laos. Au sanctuaire même, des bouddhas drapés d'étoffes safran voisinent avec des sculptures hindoues où l'on reconnaît Shiva et Vishnou, et une source sacrée suinte de la falaise juste derrière.
Une seule rue, mais elle vaut la flânerie. Ancien siège royal et administratif de la région, Champasak étire le long du fleuve ses villas coloniales françaises, certaines joliment restaurées, d'autres abandonnées à la végétation. Temples bouddhistes aux toits étagés, cafés au bord de l'eau, écoliers à vélo, buffles dans les jardins : une heure suffit à en faire le tour.
Épaules et genoux couverts, c'est la règle dans le sanctuaire. Ajoutez un chapeau, des vêtements légers et de bonnes chaussures fermées pour les marches. En saison sèche, la poussière ocre colle à tout; après les pluies, les sentiers deviennent glissants.
Le kip laotien et le lao. L'argent comptant est indispensable : quelques kips en poche permettent d'acheter offrandes ou noix de coco glacées aux étals du site. Ne comptez pas sur les cartes de crédit dans le bourg. Le français se retrouve encore chez quelques aînés et sur de vieilles enseignes, mais l'anglais est plus utile au quotidien.
De novembre à février, quand la chaleur reste supportable. En saison sèche, la poussière ocre colore la lumière et les marches sont sèches; après les pluies, les bassins débordent et les rizières verdissent à perte de vue, mais l'humidité rend l'ascension plus pénible. Chaque saison a son visage.
Les itinéraires fluviaux complètent souvent la journée par les ruines d'Oum Muong, cachées dans la forêt de la rive opposée, ou poursuivent vers la région des 4 000 îles en aval. Cela dépend entièrement du programme du bateau : vérifiez ce que votre itinéraire prévoit avant d'imaginer une journée entière à Vat Phou.