Amarapura Myanmar
Myanmar

On l'appelait la cité des immortels. Fondée en 1783 par le roi Bodawpaya, Amarapura fut deux fois capitale du royaume birman avant de céder son rang à Mandalay, sa voisine du nord. Les palais de bois ont été démontés et déplacés, comme le voulait la coutume, mais la rive de l'Irrawaddy a gardé ses monastères, ses tisserands et le plus célèbre pont de teck du monde. Les navires fluviaux s'amarrent ici le temps d'une matinée ou d'un après-midi, et ce temps suffit à comprendre pourquoi l'endroit marque tant les voyageurs.

U Bein, une ligne posée sur l'eau

Construit vers le milieu du dix-neuvième siècle avec le teck récupéré d'un ancien palais, le pont U Bein enjambe le lac Taungthaman sur environ 1,2 kilomètre. On le dit le plus long ouvrage de teck au monde, et rien ne prépare vraiment à sa silhouette : une ligne de pilotis irréguliers qui semble flotter au-dessus de l'eau. Moines en robe grenat, cyclistes poussant leur vélo, pêcheurs et écoliers l'empruntent du matin au soir. Le traverser d'un bout à l'autre prend une vingtaine de minutes sans se presser, davantage si l'on s'arrête aux abris qui le ponctuent, et chaque travée offre un angle différent sur le lac. En fin de journée, des barques emmènent les passagers sur l'eau pour observer le va-et-vient à contre-jour.

Le repas des mille moines

À quelques minutes de là, le monastère Mahagandayon compte parmi les plus grands centres d'étude bouddhique du pays, avec plus d'un millier de moines et de novices. En fin de matinée, ils se rassemblent en silence, bol à aumônes entre les mains, pour l'unique repas solide de la journée. Les visiteurs sont admis à condition de rester discrets : on se tient en retrait, on baisse la voix, et l'on assiste à une scène qui se répète chaque jour depuis des générations.

Les tisserands de la soie

Amarapura demeure un grand centre de tissage. Dans les ateliers ouverts sur la rue, les métiers de bois cliquettent du matin au soir, et des mains expertes croisent des centaines de fils pour composer les longyis de soie portés lors des mariages et des fêtes. Certains motifs exigent plusieurs semaines de travail à deux tisserandes. Les teintures s'alignent en écheveaux éclatants, safran, magenta, vert perroquet, et les apprenties commencent par les motifs simples avant de gagner le droit aux dessins anciens. On peut regarder longuement, poser des questions, acheter parfois, sans jamais se sentir pressé de conclure.

Pagodes et vestiges royaux

De l'ancienne cité royale subsistent des pagodes blanchies à la chaux, quelques pans de muraille et des monastères de brique et de stuc. Le quartier se parcourt en véhicule ou à vélo entre les cocotiers, les maisons sur pilotis et les échoppes de thé. L'ambiance compte ici davantage que les monuments pris un à un : Amarapura vit à son rythme, sans mise en scène.

L'escale en pratique

QuestionRéponse
AccostageAmarrage sur la berge de l'Irrawaddy; excursions organisées par les compagnies fluviales
Distance de MandalayEnviron 11 kilomètres au sud
Pont U BeinEnviron 1,2 kilomètre; comptez 45 minutes aller-retour avec les arrêts
TenueÉpaules et genoux couverts dans les monastères; chaussures faciles à retirer
MonnaieKyat; petites coupures utiles au marché

Au moment du départ, quand la berge s'éloigne, c'est presque toujours la même image qui reste : la ligne sombre du pont U Bein sur l'eau dorée, et ces silhouettes qui continuent de le traverser comme elles le font depuis cent cinquante ans. La cité des immortels porte peut-être bien son nom.

Questions fréquentes

À la berge de l'Irrawaddy, le temps d'une matinée ou d'un après-midi. Amarapura se trouve juste au sud de Mandalay et les visites se font en véhicule depuis l'amarrage.
Un pont de teck d'environ 1,2 kilomètre qui enjambe le lac Taungthaman, construit vers le milieu du XIXe siècle avec le bois récupéré d'un ancien palais. On le dit le plus long ouvrage de teck au monde.
Une vingtaine de minutes d'un bout à l'autre sans se presser, davantage si l'on s'arrête aux abris qui le ponctuent. Chaque travée offre un angle différent sur le lac.
Oui, au monastère Mahagandayon, l'un des plus grands centres d'étude bouddhique du pays, avec plus d'un millier de moines et de novices. En fin de matinée ils se rassemblent en silence pour l'unique repas solide de la journée; les visiteurs sont admis à condition de rester en retrait et de baisser la voix.
C'est le sens de son nom. Fondée en 1783 par le roi Bodawpaya, elle fut deux fois capitale du royaume birman avant de céder son rang à Mandalay.
Non. Les palais de bois ont été démontés et déplacés, comme le voulait la coutume. Il subsiste des pagodes blanchies à la chaux, quelques pans de muraille et des monastères de brique et de stuc.
Oui, c'est un grand centre de tissage. Dans les ateliers ouverts sur la rue, les métiers de bois cliquettent du matin au soir pour composer les longyis de soie portés lors des mariages; certains motifs exigent plusieurs semaines de travail à deux tisserandes.
Le pont U Bein d'abord, puis le monastère Mahagandayon si l'horaire coïncide avec le repas des moines, et un atelier de tissage. Le quartier de l'ancienne cité royale se parcourt ensuite en véhicule ou à vélo.
La fin de journée, quand les silhouettes se découpent à contre-jour. Des barques emmènent alors les passagers sur le lac pour observer le va-et-vient depuis l'eau.
Épaules et genoux couverts, et des chaussures faciles à retirer : on circule pieds nus dans les monastères et les pagodes.