Bluff-Invercargill NZ New Zealand
New Zealand

Un poteau jaune hérissé de flèches indique New York, Londres, le cap Horn et l'équateur, avec les distances en kilomètres. C'est le panneau de Stirling Point, l'un des lieux les plus photographiés du Southland, et il dit l'essentiel : à Bluff, on se tient tout au bas de la Nouvelle-Zélande, là où la route s'arrête et où commence l'océan Austral. Les navires accostent à South Port, dans une zone industrielle à un kilomètre et demi du bourg, et le vent du large accueille chacun dès la coupée.

Stirling Point et le sentier du rivage

À quelques minutes du centre, Stirling Point marque le bout symbolique de la route nationale qui traverse tout le pays. Au-delà de la photo rituelle sous les flèches, un sentier côtier part du point et longe le rivage à travers le bush indigène, entre fougères arborescentes et arbustes sculptés par le vent. La houle se brise sur les rochers en contrebas, les nuages filent bas, et l'on éprouve physiquement la latitude : le prochain continent, plein sud, c'est l'Antarctique. Par gros temps, l'eau monte à l'assaut des rochers dans un fracas qui rappelle qui commande ici ; par accalmie, le détroit prend des airs de lac étale.

Bluff Hill, la table d'orientation du bout du monde

Le sentier peut se prolonger jusqu'à la plateforme d'observation aménagée au sommet de Bluff Hill. De là-haut, le panorama embrasse le détroit de Foveaux, les anses du littoral et, par temps clair, la silhouette de l'île Stewart posée sur l'horizon. La montée à travers la végétation native compte parmi les belles marches courtes du sud néo-zélandais ; prévoir un coupe-vent, la météo change vite à ces latitudes.

Un bourg façonné par la mer

Le bourg vit de son détroit depuis toujours. Le petit musée maritime local retrace la pêche, le pilotage et les naufrages de ces eaux exigeantes, à hauteur d'hommes et d'archives ; photographies jaunies, instruments de navigation et récits de sauvetage y composent une mémoire précieuse, présentée sans effets de manche. Du quai voisin partent les traversiers vers l'île Stewart, sanctuaire d'oiseaux et de forêts primaires, que les itinéraires de croisière ne permettent généralement pas de rejoindre faute de temps ; savoir qu'elle est là, à une traversée de distance, ajoute au caractère d'avant-poste du lieu.

L'huître qui porte le nom de la ville

Impossible d'évoquer Bluff sans son huître, ramassée dans les fonds froids du détroit de Foveaux et considérée comme un mets de choix dans tout le pays. La saison court en général de mars à août ; si l'escale tombe dans cette fenêtre, les tables locales la servent avec une simplicité qui lui va bien, crue, citronnée, sans artifice. Hors saison, poissons et fruits de mer du jour assurent dignement la relève, et l'accueil sans chichis des habitants fait le reste.

Invercargill, l'option citadine

À vingt-sept kilomètres, soit une trentaine de minutes de navette, Invercargill étale ses larges avenues à la mode victorienne et édouardienne. La ville la plus australe du pays offre parcs, musées et commerces pour qui souhaite compléter la journée ; beaucoup préfèrent toutefois consacrer leurs heures au littoral, où bat le vrai cœur de l'escale.

Cap au nord, à regret

En reprenant la mer, on repense au poteau jaune et à ses flèches : tout, d'ici, est loin. C'est précisément ce qui rend l'endroit attachant. On y a marché face à l'océan Austral, goûté peut-être une huître légendaire, senti le vent du bout du monde souffler sans obstacle depuis les glaces ; il en reste une fierté discrète, celle d'être allé jusque-là, et l'envie de raconter ce panneau à ceux qui demanderont où finit la route.

Questions fréquentes

À South Port, dans une zone industrielle à un kilomètre et demi du bourg. Le vent du large accueille chacun dès la coupée — ce n'est pas une escale où l'on descend en chemise.
Le bout symbolique de la route nationale qui traverse toute la Nouvelle-Zélande, marqué par un poteau jaune hérissé de flèches indiquant New York, Londres, le cap Horn et l'équateur avec les distances. C'est l'un des lieux les plus photographiés du Southland.
Stirling Point et le sentier côtier, la montée vers la plateforme d'observation de Bluff Hill, puis le petit musée maritime du bourg. Ceux qui veulent une ville prennent la navette vers Invercargill.
Le détroit de Foveaux, les anses du littoral et, par temps clair, la silhouette de l'île Stewart posée sur l'horizon. La montée traverse la végétation native et compte parmi les belles marches courtes du sud néo-zélandais.
Vingt-sept kilomètres, soit une trentaine de minutes de navette. La ville la plus australe du pays offre larges avenues victoriennes, parcs, musées et commerces — mais beaucoup préfèrent consacrer leurs heures au littoral.
En général de mars à août. Ramassée dans les fonds froids du détroit de Foveaux, l'huître de Bluff est considérée comme un mets de choix dans tout le pays; hors saison, poissons et fruits de mer du jour prennent la relève.
En théorie oui, les traversiers partent du quai voisin — en pratique non : les itinéraires de croisière ne laissent généralement pas assez de temps. Savoir qu'elle est là, à une traversée de distance, ajoute au caractère d'avant-poste du lieu.
Venté et changeant. À ces latitudes, la météo tourne vite : coupe-vent indispensable, même en été austral. Par gros temps, la houle monte à l'assaut des rochers de Stirling Point dans un beau fracas.
Le dollar néo-zélandais, et l'anglais. Les cartes passent même dans les petits commerces du bourg; inutile de chercher un guichet automatique en priorité.
Moyennement. C'est une escale de paysage et de vent, sans attraction conçue pour les enfants. Le poteau de Stirling Point et la vue depuis Bluff Hill plaisent à tous, mais prévoyez des vêtements chauds et des attentes réalistes.