Un petit traversier fait la navette, sans horaire affiché ni billet à acheter. Le Byfergen relie toutes les quelques minutes les deux rives du fleuve Glomma, et c'est lui qui mène au trésor de Fredrikstad : sa vieille ville fortifiée, posée sur la rive est comme une île dans le temps. Les navires accostent à courte distance du centre moderne, à l'embouchure du plus long fleuve de Norvège, là où l'Oslofjord commence à s'élargir. La traversée gratuite dure trois minutes. Elle suffit à changer de siècle.

La mieux conservée d'Europe du Nord

Fondée en 1567 par le roi Frederik II, qui lui donna son nom, la Gamlebyen de Fredrikstad passe pour la ville fortifiée la mieux préservée d'Europe du Nord. Ses remparts en étoile, ses douves en eau et ses portes monumentales enserrent un damier de rues pavées bordées de maisons basses aux teintes ocre, rouge et blanc. La différence avec un musée à ciel ouvert : des gens y vivent. Quelques centaines d'habitants occupent toujours les demeures historiques, les enfants traversent les places à vélo et le boulanger enfourne ses brioches à la cardamome comme partout ailleurs en Norvège.

Boutiques d'artisans et casemates

Les anciennes casernes et maisons de garnison abritent désormais ateliers de céramistes, souffleurs de verre, galeries et friperies, qui font du quartier un but de flânerie apprécié des Norvégiens eux-mêmes. Le musée municipal, installé dans un ancien entrepôt, retrace l'histoire de la place forte, tandis qu'une galerie d'art contemporain occupe un ancien corps de garde sur l'un des bastions. Les gourmands trouveront cafés et salons de thé dans les cours intérieures, dont certains servent les gaufres au brunost, ce fromage brun caramélisé qui intrigue toujours les visiteurs au premier goût.

Le tour des remparts

Une promenade s'impose sur le chemin de ronde qui suit le tracé en étoile des fortifications. On y marche entre canons noirs, talus gazonnés et plans d'eau immobiles, avec vue plongeante sur les toits de tuiles et le fleuve. Des moutons entretiennent les pentes à la belle saison, méthode de tonte écologique et photogénique. Le circuit complet demande environ une heure, ponctuée de panneaux qui racontent les sièges suédois repoussés au fil des siècles. De la pointe des bastions, le regard traverse le Glomma vers la ville moderne, ses grues et sa promenade de bois.

La rive moderne et l'archipel

De retour sur la rive ouest, la Bryggepromenaden longe le fleuve sur un platelage de bois, entre restaurants, marina et anciens chantiers navals reconvertis. Fredrikstad fut un grand centre de construction navale et d'exportation de bois ; les bâtiments de brique en gardent la mémoire. Les amateurs de nature peuvent prolonger vers l'archipel de Hvaler, à une trentaine de kilomètres au sud : plus de 800 îles et îlots de granit poli, dont les eaux abritent le premier parc national marin de Norvège. En été, les rochers plats se couvrent de baigneurs, à la mode norvégienne, serviette sur la pierre et plongeon sans chichis.

Trois minutes pour revenir

Le Byfergen ramène ses passagers vers le présent aussi simplement qu'il les avait déposés dans le passé. Depuis le pont du traversier, la vieille ville s'éloigne derrière ses talus verts, à peine visible, exactement comme le voulaient ses bâtisseurs. Fredrikstad ne figure pas toujours parmi les noms les plus attendus d'un itinéraire nordique, et c'est peut-être sa chance : on y découvre sans foule, au fil de rues pavées restées vivantes, ce que d'autres places fortes ne montrent qu'au milieu des groupes. Le secret se partage, mais à voix basse.

Questions fréquentes

À courte distance du centre moderne, sur la rive ouest, à l'embouchure du Glomma, le plus long fleuve de Norvège. La vieille ville fortifiée se trouve sur l'autre rive et s'atteint par un petit traversier.
Par le Byfergen, un petit traversier qui fait la navette toutes les quelques minutes entre les deux rives du Glomma. La traversée dure trois minutes, sans horaire affiché ni billet à acheter : elle est gratuite.
La ville fortifiée la mieux préservée d'Europe du Nord, fondée en 1567 par le roi Frederik II qui lui donna son nom. Remparts en étoile, douves en eau et portes monumentales enserrent un damier de rues pavées bordées de maisons basses ocre, rouge et blanc.
Oui, et c'est ce qui la distingue d'un musée à ciel ouvert : quelques centaines d'habitants occupent toujours les demeures historiques, les enfants traversent les places à vélo et le boulanger enfourne ses brioches à la cardamome comme partout ailleurs en Norvège.
Le tour des remparts demande environ une heure, les boutiques d'artisans et le musée municipal une autre. Ajoutez la Bryggepromenaden sur la rive moderne au retour. Le tout tient largement dans une demi-journée, traversées comprises.
Des ateliers de céramistes, des souffleurs de verre, des galeries et des friperies, qui font du quartier un but de flânerie apprécié des Norvégiens eux-mêmes. Une galerie d'art contemporain occupe un ancien corps de garde sur l'un des bastions.
Une promenade d'environ une heure sur le chemin de ronde, entre canons noirs, talus gazonnés et plans d'eau immobiles, avec vue plongeante sur les toits de tuiles et le fleuve. Des panneaux racontent les sièges suédois repoussés au fil des siècles, et des moutons entretiennent les pentes à la belle saison.
Oui. La traversée en traversier amuse les enfants, les remparts se parcourent sans difficulté et les moutons sur les talus font leur effet. Les gaufres au brunost, ce fromage brun caramélisé, intriguent toujours au premier goût.
Plus de 800 îles et îlots de granit poli à une trentaine de kilomètres au sud, dont les eaux abritent le premier parc national marin de Norvège. En été, les rochers plats se couvrent de baigneurs, serviette sur la pierre et plongeon sans chichis.
Non, elle ne figure pas toujours parmi les noms attendus d'un itinéraire nordique, et c'est peut-être sa chance : on y découvre sans foule, au fil de rues pavées restées vivantes, ce que d'autres places fortes ne montrent qu'au milieu des groupes.