Karachi Pakistan
Pakistan

Sur la côte de Coromandel, entre rizières et cocoteraies, une petite ville garde dans ses rues le souvenir inattendu de la France. Karaikal fut un comptoir français jusqu'en 1954 et forme, avec Pondichéry, Mahé et Yanaon, le territoire de Poudouchéry, héritier des anciens établissements français de l'Inde, enclavé dans le Tamil Nadu qui l'entoure. Les navires qui y font escale offrent à leurs passagers un double dépaysement : l'Inde tamoule dans toute sa ferveur, teintée d'un héritage colonial que l'on ne s'attend pas à croiser ici.

Du port au centre

Les navires utilisent le port commercial moderne, construit au sud de la ville pour les vraquiers. Le secteur des quais n'a rien de touristique : un court transfert en autocar, organisé par les compagnies, mène au centre en quelques minutes. En chemin défilent les premiers tableaux de la vie locale : rickshaws colorés, vaches nonchalantes, étals de bananes et de jasmin, femmes en sari filant à mobylette.

Les traces françaises

Dans le centre, le tracé régulier des rues rappelle l'urbanisme des comptoirs. Quelques plaques bilingues, des villas à colonnades et des bâtiments administratifs hérités de l'ancienne administration composent un décor discret mais touchant. L'église Notre-Dame-des-Anges, reconstruite en 1891 sur un site plus ancien, dresse sa façade claire au milieu des flamboyants; la messe s'y dit encore en tamoul et les registres paroissiaux remontent à l'époque française. Non loin de là, la grande mosquée reprend les mêmes teintes pastel, résumé de la coexistence religieuse qui caractérise la ville.

La ferveur tamoule

Karaikal doit son nom le plus illustre à une femme : Karaikal Ammaiyar, poétesse et sainte shivaïte du sixième siècle, l'une des figures les plus vénérées du sud de l'Inde. Le temple qui lui est dédié éclate de couleurs, son gopuram sculpté couvert de divinités peintes. En saison de fête, les processions envahissent les rues au son des tambours et des nadaswarams. Les excursions poussent souvent jusqu'à Thirunallar, à quelques kilomètres, où le temple de Dharbaranyeswara attire des pèlerins de tout le pays : on y vient conjurer l'influence de Saturne, et la file des fidèles enduits de cendre sacrée ne désemplit jamais. Le sanctuaire appartient au circuit des neuf temples planétaires du delta du Cauvery, et les pèlerins se purifient dans son bassin sacré avant la prière.

Entre fleuve et océan

La ville s'achève au bord du golfe du Bengale, là où la rivière Arasalar rejoint la mer. La plage voisine, bordée de barques de pêche peintes, s'anime au petit matin quand les équipages trient les prises de la nuit. C'est un endroit simple et vrai : pas d'aménagements balnéaires, mais la lumière crue de la côte, l'odeur du poisson séché et les enfants qui jouent dans les vagues sous l'œil des aînés. En fin d'après-midi, les familles s'installent sur le sable avec des cornets d'arachides, et la promenade prend des airs de fête tranquille.

Bon à savoir

  • Les temples se parcourent pieds nus; prévoyez des chaussettes si le sol chauffe.
  • Épaules et genoux couverts sont de mise dans les lieux de culte, hindous comme catholiques.
  • Certaines excursions poussent jusqu'à Tharangambadi, l'ancienne Tranquebar, comptoir danois voisin dont le fort du dix-septième siècle regarde toujours la mer.
  • La roupie indienne s'impose partout; les petites coupures facilitent les achats au marché.
  • Le marchandage fait partie du jeu chez les marchands de tissus et d'artisanat.

Le retour à bord

En regagnant le navire, beaucoup de passagers réalisent qu'ils viennent de traverser un morceau d'histoire méconnu : celui de l'Inde française, réduite aujourd'hui à quelques villes fières de leur singularité. Karaikal n'a ni palais ni forteresse à offrir. Elle a mieux : des ruelles où deux mondes se sont mêlés sans heurt, et une douceur de vivre qui accompagne longtemps ceux qui l'ont effleurée.

Questions fréquentes

Dans l'enceinte du port commercial, l'un des plus actifs de la mer d'Arabie. Le secteur des quais demeure industriel : les compagnies organisent systématiquement des excursions encadrées, avec autocars et guides, pour rejoindre les quartiers centraux.
Ce n'est pas la formule à privilégier. La circulation est dense, les distances importantes et le port strictement industriel. Les excursions organisées par le navire s'imposent ici, tant pour la logistique que pour la richesse des commentaires.
Le mausolée de Muhammad Ali Jinnah, père de la nation pakistanaise, au cœur de la ville. Sa coupole de marbre blanc, posée sur une vaste esplanade de jardins et de fontaines, se repère de loin. Jinnah mourut en 1948, un an à peine après la naissance du pays; le monument fut achevé en 1970.
Le mausolée de Jinnah, puis le palais Mohatta dans le quartier de Clifton, et un arrêt à l'Empress Market ou au Musée national selon vos goûts. C'est le circuit classique. Ajouter la plage de Clifton demande une journée complète.
Un palais des années 1920 dans le quartier de Clifton, aux dômes et à la pierre rose de style indo-sarrasin, construit pour un marchand hindou. Il abrite aujourd'hui un musée d'art dont les expositions retracent l'histoire culturelle du pays.
Frere Hall, élégant bâtiment néogothique entouré de jardins, et l'Empress Market, marché victorien où s'entassent épices, fruits secs et thés dans une atmosphère étourdissante de couleurs et de cris de marchands.
Oui, le Musée national, dont les collections remontent à Mohenjo-daro et à la civilisation de la vallée de l'Indus, vieille de plus de quatre mille ans. C'est le meilleur point d'entrée pour comprendre l'ancienneté de cette région.
Ce que font les familles de la ville en fin de journée : monter à dos de chameau ou de cheval, acheter un épi de maïs grillé ou un jus de canne pressé aux vendeurs ambulants, et regarder monter les cerfs-volants. Le front de mer de Port Grand, le long du vieux port, aligne restaurants et terrasses face aux bateaux de pêche.
La roupie pakistanaise est la seule monnaie acceptée dans les marchés — prévoyez de petites coupures. L'anglais est largement compris dans les musées, les hôtels et les commerces des quartiers centraux.
Le mausolée de Jinnah exige une tenue respectueuse, et l'on se déchausse pour approcher la tombe. La chaleur reste forte une bonne partie de l'année : eau, chapeau et vêtements légers mais couvrants sont indispensables.