Perm Russia
Russia

Il existe peu d'endroits au monde dont le nom désigne une période entière de l'histoire de la Terre. Perm en fait partie : c'est en étudiant les roches de cette région de l'Oural que le géologue Roderick Murchison baptisa, en 1841, le Permien, l'ère qui précéda les dinosaures. Le décor est planté pour cette escale fluviale sur la Kama, aux portes de l'Asie, où les bateaux de croisière russes font halte sur l'une des plus longues rivières d'Europe.

Une métropole des confins

Avec environ un million d'habitants, Perm s'étire sur des dizaines de kilomètres le long de la rive gauche de la Kama, à quelque 1 400 kilomètres à l'est de Moscou. Née en 1723 autour d'usines de cuivre nées à l'époque de Pierre le Grand, la cité a grandi comme porte industrielle de l'Oural, là où l'Europe s'achève. Les avenues larges, les théâtres et les universités lui donnent une allure de capitale régionale sûre d'elle, tandis que la rivière, immense, rappelle qui commande vraiment le paysage.

Le bonheur sur l'embarcadère

Les passagers qui descendent à quai tombent rapidement sur l'œuvre la plus photographiée de la ville : d'immenses lettres rouges plantées sur l'embankment, proclamant en russe « Le bonheur n'est pas au-delà des monts ». L'installation, née d'un projet d'art contemporain, est devenue l'emblème de Perm et le résumé de sa philosophie : inutile de chercher ailleurs, tout est déjà ici. La promenade aménagée le long de la Kama invite à vérifier l'adage, entre pêcheurs à la ligne et familles en balade.

Les dieux de bois de la galerie d'État

Dans l'ancienne cathédrale de la Transfiguration, dont le clocher domine la rivière, la galerie des beaux-arts conserve un trésor unique en Russie : les « dieux permiens », des sculptures de bois polychromes taillées entre le XVIIe et le XIXe siècle par des artisans locaux. Ces christs assis, pensifs, aux visages marqués par une humanité troublante, mêlent iconographie orthodoxe et traditions des peuples finno-ougriens de la région. On ressort de ces salles étrangement silencieux.

La ville de Diaghilev

La ville cultive une passion ancienne pour la scène. Serge de Diaghilev, le fondateur des Ballets russes qui allait révolutionner la danse à Paris, a grandi ici, dans une demeure familiale devenue lieu de mémoire. L'opéra de la ville, l'un des plus anciens de Russie, porte le nom de Tchaïkovski et sa troupe de ballet jouit d'une réputation qui dépasse largement les frontières régionales; chaque printemps, un festival international y ravive l'héritage des Ballets russes. Le bâtiment néoclassique, posé dans un jardin au cœur du centre, mérite le coup d'œil même sans billet.

Flâner entre deux mondes

Le centre se découvre à pied ou en tramway, entre demeures de marchands du XIXe siècle, constructions soviétiques et cafés nouvelle génération. Les amateurs de curiosités suivront la « ligne verte », un itinéraire piéton balisé qui relie les principaux jalons de l'histoire locale. Les étals des marchés proposent miel des contreforts, baies des forêts et poissons d'eau douce, et les pelmenis fumants se dégustent partout, héritage revendiqué par les cuisines locales.

Cap sur la suite du voyage

Quand le bateau reprend son chemin sur la Kama, les lettres rouges de l'embarcadère s'éloignent lentement, et leur message accompagne le regard : le bonheur n'est pas au-delà des monts. Les monts en question, ceux de l'Oural, ferment l'horizon à l'est. Entre eux et la rivière, Perm continue son existence de frontière, mi-européenne, mi-asiatique, et le voyageur emporte un peu de cette géographie intérieure avec lui.

Questions fréquentes

À l'embarcadère sur la Kama, au pied de la ville, dans l'Oural. Les passagers tombent presque tout de suite sur l'emblème local : d'immenses lettres rouges plantées sur le quai.
Une installation d'art contemporain devenue l'emblème de la ville. Elles proclament en russe « Le bonheur n'est pas au-delà des monts » — c'est l'œuvre la plus photographiée de Perm, et le résumé de sa philosophie.
Oui, le centre se découvre à pied ou en tramway, entre demeures de marchands du XIXe siècle, constructions soviétiques et cafés nouvelle génération. La promenade aménagée le long de la Kama prolonge naturellement la marche.
La galerie d'État et ses dieux permiens en priorité, puis la promenade du bord de Kama et les lettres rouges. Si le temps reste, suivez la « ligne verte », un itinéraire piéton balisé qui relie les jalons de l'histoire locale.
Des sculptures de bois polychromes taillées entre le XVIIe et le XIXe siècle par des artisans locaux, conservées dans la galerie des beaux-arts installée dans l'ancienne cathédrale de la Transfiguration. Ces christs assis, pensifs, mêlent iconographie orthodoxe et tradition locale : c'est un trésor unique en Russie.
Parce que c'est en étudiant les roches de cette région de l'Oural que le géologue Roderick Murchison baptisa, en 1841, le Permien — l'ère qui précéda les dinosaures. Peu de villes au monde ont donné leur nom à un chapitre de l'histoire de la Terre.
Serge de Diaghilev, fondateur des Ballets russes, a grandi ici, dans une demeure familiale devenue lieu de mémoire. L'opéra de la ville, l'un des plus anciens de Russie, porte le nom de Tchaïkovski et sa troupe de ballet a une réputation qui dépasse largement la région.
Un itinéraire piéton balisé au sol qui relie les principaux jalons de l'histoire locale. C'est la façon la plus simple de visiter seul : il suffit de suivre la ligne, sans carte ni guide.
Du miel des contreforts de l'Oural, des baies de forêt et des poissons d'eau douce. Les pelmenis fumants se mangent partout — c'est le plat qui réchauffe quand le vent de la Kama se lève.
Le rouble russe et le russe. Prévoyez du comptant, les cartes émises à l'étranger n'étant pas fiables. L'anglais reste peu répandu, y compris dans les musées : un guide facilite beaucoup la visite des dieux permiens.