Plyos Russia
Russia

Un peintre a suffi à rendre cette bourgade immortelle. Lorsque Isaac Levitan débarqua à Plyos à la fin des années 1880, il cherchait des motifs pour ses toiles; il y trouva des collines douces, des églises à bulbes au-dessus de la Volga et une lumière qui allait traverser toute la peinture russe de paysage. Les bateaux fluviaux qui relient Moscou aux cités riveraines s'y arrêtent aujourd'hui pour la même raison : peu d'escales offrent, en si peu de pas, une image aussi fidèle de la Russie des provinces.

Une bourgade à flanc de colline

Plyos compte à peine quelques milliers d'habitants, et tout s'y parcourt à pied depuis le débarcadère. La rue basse longe le fleuve, bordée de maisons de marchands du XIXe siècle aux façades ouvragées et de demeures de bois dont les fenêtres s'encadrent de dentelles sculptées. Des sentiers et des escaliers grimpent ensuite vers les hauteurs, où les bouleaux encadrent des points de vue sur la courbe majestueuse de la Volga. Le rythme de la visite s'impose de lui-même : lent, attentif, ponctué de pauses.

La maison de Levitan

Sur le quai, la maison où le peintre vécut lors de ses séjours entre 1888 et 1890 abrite désormais un musée qui lui est consacré. Levitan a produit ici certaines de ses œuvres les plus connues, et l'exposition réunit des toiles originales, des esquisses et des objets qui restituent l'atmosphère de ses étés de travail. Les salles sont modestes, à l'image de la maison; c'est justement ce qui touche. On ressort en regardant l'eau autrement, comme à travers ses yeux.

Le musée du paysage

À quelques pas, dans une autre demeure marchande, le musée du Paysage prolonge la visite. Sa collection rassemble des peintres russes de la nature, de Chichkine à Savrassov, et retrace la façon dont ce genre est devenu, au XIXe siècle, un art national à part entière. Voir ces toiles à Plyos même, à quelques mètres des berges qui les ont inspirées, leur donne un relief qu'aucune grande galerie ne peut reproduire.

Églises et panoramas

Sur la colline dite de la Cathédrale, emplacement de l'ancienne forteresse du XVe siècle, la cathédrale de l'Assomption veille sur le bourg. Plus loin, l'église de la Résurrection dresse ses bulbes au-dessus des toits de tôle peinte. La montée demande un peu de souffle, mais la récompense est immédiate : la Volga s'étale en contrebas, large et tranquille, avec les forêts de la rive opposée en toile de fond. Par beau temps, la scène semble sortie d'un tableau, et ce n'est pas une figure de style : elle en a réellement inspiré des centaines.

Saveurs de la Volga

Sur le quai, des étals et de petites tables proposent la spécialité locale, le poisson fumé du fleuve, accompagné de pain noir. Des cafés servent thé et pâtisseries russes dans des intérieurs de bois. Rien de sophistiqué; tout est à l'image du lieu, direct et généreux. Les échoppes d'artisanat vendent lin brodé, boîtes peintes et paysages de la région, souvent réalisés par des artistes qui perpétuent la tradition venue de Levitan.

Ce que le fleuve emporte

Au moment où le bateau reprend son cap, Plyos se replie doucement dans son écrin de collines, clochers en dernier. Les passagers qui enchaînent les grandes cités du fleuve gardent souvent de cette halte discrète le souvenir le plus net du voyage : la preuve qu'un lieu n'a besoin ni de remparts ni de palais pour marquer une mémoire, seulement d'une harmonie que le temps n'a pas dérangée.

Questions fréquentes

Au débarcadère, sur la Volga, au pied de la bourgade. Plyos compte à peine quelques milliers d'habitants et tout s'y parcourt à pied depuis le quai : la rue basse longe le fleuve dès la sortie de la passerelle.
Oui, entièrement. La rue basse borde le fleuve, entre maisons de marchands du XIXe siècle et demeures de bois aux fenêtres encadrées de dentelles sculptées. Des sentiers et des escaliers grimpent ensuite vers les hauteurs — c'est la seule difficulté de la journée.
La maison-musée de Levitan sur le quai, le musée du Paysage à quelques pas, puis la montée vers la colline de la Cathédrale pour la vue. Terminez par le poisson fumé du fleuve sur le quai.
Isaac Levitan, peintre russe débarqué ici à la fin des années 1880 en quête de motifs. Il y trouva des collines douces, des églises à bulbes au-dessus de la Volga et une lumière qui allait traverser toute la peinture russe de paysage. Un seul peintre a suffi à rendre la bourgade immortelle.
La maison où le peintre vécut lors de ses séjours entre 1888 et 1890, devenue musée : toiles originales, esquisses et objets qui restituent l'atmosphère de ses étés de travail. Les salles sont modestes, à l'image de la maison — c'est justement ce qui touche.
Un musée installé dans une demeure marchande, à quelques pas de la maison de Levitan. Sa collection réunit des peintres russes de la nature, de Chichkine à Savrassov, et retrace comment ce genre est devenu un art national au XIXe siècle.
La cathédrale de l'Assomption, sur la colline dite de la Cathédrale — emplacement de l'ancienne forteresse du XVe siècle — et, plus loin, l'église de la Résurrection, dont les bulbes dépassent des toits de tôle peinte.
Elle demande un peu de souffle, mais reste courte. La récompense est immédiate : la Volga s'étale en contrebas, large et tranquille, avec les forêts de la rive opposée en toile de fond. C'est le point de vue que Levitan a peint.
Le poisson fumé de la Volga, spécialité locale, servi avec du pain noir sur les étals et les petites tables du quai. Les cafés proposent thé et pâtisseries russes dans des intérieurs de bois.
De mai à septembre, quand les bateaux relient les villes de la Volga. C'est aussi la saison de la lumière que cherchait Levitan : les bouleaux en feuilles et les longues fins de journée d'été donnent au site tout son caractère.