Aliaga Ship Breaking Yard Turkey
Turkey

de la province d'Izmir aligne raffineries, quais à conteneurs et chantiers de démantèlement naval où finissent leur vie bien des paquebots. Si les navires y font halte, c'est pour une raison qui balaie tout le reste : à moins d'une heure de route commence l'ascension vers Pergame, l'une des cités antiques les plus spectaculaires de toute l'Asie Mineure.

Un quai de travail, une journée d'exception

L'accostage s'effectue sur un quai commercial, sans centre-ville à distance de marche digne d'intérêt. Autant le savoir : la journée réussie passe ici par une excursion organisée ou un taxi négocié vers Bergama, la ville moderne qui a grandi au pied du site antique. Des autobus relient aussi régulièrement Aliağa à Bergama pour les voyageurs indépendants, mais l'option encadrée reste la plus sûre pour respecter l'horaire d'appareillage. Prévoyez de bonnes chaussures, de l'eau et un chapeau : les sites se parcourent en plein soleil, sur des dalles polies par deux millénaires de visiteurs.

Pergame, la rivale d'Alexandrie

Au deuxième siècle avant notre ère, la cité des Attalides comptait parmi les capitales intellectuelles du monde hellénistique. Sa bibliothèque, forte de deux cent mille rouleaux, inquiétait tant l'Égypte que celle-ci coupa les exportations de papyrus ; les scribes locaux perfectionnèrent alors le parchemin, auquel la cité a laissé son nom. Marc Antoine offrit plus tard la collection entière à Cléopâtre. Marcher ici, c'est fouler l'un des berceaux du livre.

L'acropole et son théâtre vertigineux

Un téléphérique hisse les visiteurs vers l'acropole perchée à plus de trois cents mètres. Là-haut, les colonnes du temple de Trajan se découpent sur le ciel, et surtout s'ouvre le théâtre le plus pentu du monde antique : dix mille places accrochées à la falaise, avec la plaine du Caïque en toile de fond. On s'assoit sur les gradins, le vide sous les pieds, et l'on comprend d'un coup ce que « mise en scène » voulait dire pour les Grecs. Non loin s'étendait le grand autel de Zeus, dont les frises sculptées, parties au dix-neuvième siècle, occupent aujourd'hui un musée entier à Berlin ; la terrasse vide qui subsiste laisse deviner l'ampleur du monument disparu.

L'Asclépiéion, l'hôpital de l'Antiquité

Dans la plaine, l'Asclépiéion complétait la cité haute : sanctuaire de la médecine où officia Galien, natif de Pergame et médecin des gladiateurs avant de devenir celui des empereurs. Voie sacrée, tunnel de cure, théâtre et sources y racontent des traitements mêlant repos, songes et eau fraîche. Le lieu se parcourt en une heure et ajoute une dimension humaine aux splendeurs de l'acropole : on y soignait déjà corps et esprit ensemble, dix-huit siècles avant nos cures modernes.

La Basilique rouge et le bazar de Bergama

Au centre de Bergama, l'énorme Basilique rouge, temple égyptien devenu église puis mosquée pour partie, impose ses murs de brique hauts comme des immeubles. Les lecteurs de l'Apocalypse reconnaîtront l'une des sept Églises d'Asie auxquelles s'adressait saint Jean ; les autres retiendront simplement la démesure du lieu. Autour, le bazar vit à son rythme : tapis noués selon la tradition locale, cuivres martelés, thé servi dans les verres tulipe. Une assiette de köfte dans une lokanta familiale, accompagnée d'un ayran bien froid, conclut idéalement la sortie avant la route du retour.

Ce qu'on rapporte d'une telle journée

Le navire quitte ensuite les grues et les torchères de la zone industrielle, mais les images qui restent viennent d'ailleurs : un théâtre suspendu au-dessus de la plaine, des colonnes dans le vent, le souvenir d'une bibliothèque qui fit trembler Alexandrie. Aliağa n'était qu'une porte ; Pergame, elle, marque pour longtemps.

Questions fréquentes

Sur un quai commercial, sans centre-ville à distance de marche digne d'intérêt. Soyons francs : personne ne descend à Aliağa pour Aliağa. Ce littoral industriel de la province d'Izmir aligne raffineries, quais à conteneurs et chantiers de démantèlement naval.
Pour une seule raison, qui balaie tout le reste : à moins d'une heure de route commence la montée vers Pergame, l'une des cités antiques les plus spectaculaires de toute l'Asie Mineure. Le quai est un moyen, pas une destination.
Par une excursion organisée ou un taxi négocié vers Bergama, la ville moderne qui a grandi au pied du site antique. Des autobus relient aussi régulièrement Aliağa à Bergama pour les voyageurs indépendants, mais l'option encadrée reste la plus sûre pour respecter l'horaire d'appareillage.
Au deuxième siècle avant notre ère, la cité des Attalides comptait parmi les capitales intellectuelles du monde hellénistique. Sa bibliothèque forte de deux cent mille rouleaux inquiétait tant l'Égypte que celle-ci coupa les exportations de papyrus. Marcher ici, c'est fouler l'un des berceaux du livre.
Oui. Privés de papyrus égyptien, les scribes locaux perfectionnèrent la peau tannée comme support d'écriture, et la cité a laissé son nom à ce matériau. Marc Antoine offrit plus tard la collection entière à Cléopâtre. Peu de sites archéologiques racontent une histoire aussi directe.
Un téléphérique hisse les visiteurs vers l'acropole perchée à plus de trois cents mètres. C'est un vrai soulagement par grande chaleur, mais une fois là-haut, tout se fait à pied sur des dalles polies par deux millénaires de visiteurs. Prévoyez de bonnes chaussures, de l'eau et un chapeau.
C'est le théâtre le plus pentu du monde antique : dix mille places accrochées à la falaise, avec la plaine du Caïque en toile de fond. On s'assoit sur les gradins, le vide sous les pieds, et l'on comprend d'un coup ce que mise en scène voulait dire pour les Grecs. Le vertige est réel : ce n'est pas un site pour qui craint le vide.
Non, pas les frises. Elles ont quitté le site au dix-neuvième siècle et se trouvent aujourd'hui en Allemagne. Sur place, il reste l'emplacement et les fondations du monument : c'est à savoir avant de monter, pour ne pas chercher ce qui n'y est plus.
Difficilement. La journée suppose une heure de route, un téléphérique, puis une marche prolongée sur des dalles antiques irrégulières et en pente, en plein soleil. Il n'y a aucun repli agréable au port : rester à bord est parfois le choix le plus sensé ce jour-là.
La livre turque, et prévoyez du comptant : le site de Pergame et Bergama comptent peu de guichets et les petits commerçants n'acceptent pas tous les cartes. On parle turc; l'anglais se pratique chez les guides et sur le site, moins dans la ville moderne.