Vylkove Ukraine, Danube Delta
Ukraine

Des barques effilées glissent au ras des passerelles de bois, entre des jardins gorgés d'eau : à Vylkove, bien des « rues » sont des canaux creusés à la main, et l'on y circule à la rame. Posée à l'extrémité ukrainienne du delta du Danube, sur le bras de Chilia, cette localité surnommée la Venise du delta s'est construite sur la vase, le roseau et une patience de trois siècles.

Une cité fondée par des exilés

Tout commence au XVIIIe siècle, quand des vieux-croyants russes, les Lipovans, fuient les réformes religieuses de leur Église et trouvent refuge dans ces marécages que personne ne leur dispute. Ils y bâtissent maisons et chapelles sur des îlots gagnés à la pelle, canal après canal. Leur communauté demeure l'une des plus importantes au monde, et leurs églises aux bulbes caractéristiques veillent toujours sur les toits bas. Ce passé d'exil et de foi donne au lieu sa gravité douce, perceptible dès les premières passerelles.

Les yeryky, ces canaux qui tiennent lieu de rues

Le réseau de canaux, les yeryky, structure toute la vie locale. Le limon curé du fond a servi à exhausser les parcelles : chaque maison possède ainsi son lopin surélevé, son ponton et souvent son esquif amarré à la porte. Sur ces terres noires prospèrent des fraises réputées dans toute la région et un cépage local, le novak, dont les habitants tirent un vin artisanal que l'on sert volontiers au visiteur avec le poisson du jour. Se promener ici, c'est longer des potagers flottants, saluer un pêcheur qui répare ses filets, entendre l'eau clapoter derrière chaque clôture.

Le kilomètre zéro du fleuve

Au fil de l'eau, on peut descendre jusqu'à la borne symbolique du kilomètre zéro, là où le bras de Chilia achève sa course dans la mer Noire. Le fleuve qui a traversé dix pays vient mourir dans un paysage de roselières et de bancs de sable, sous des nuées d'oiseaux. Peu d'endroits au monde permettent d'assister ainsi à la rencontre d'un grand fleuve et d'une mer; le moment, très simple, compte parmi ceux que l'on n'oublie pas.

Aux portes de la réserve de biosphère

Autour de la localité s'étend la réserve de biosphère du Danube, partie ukrainienne du plus fameux delta d'Europe. Roselières à perte de vue, saules, nénuphars et quelque 300 espèces d'oiseaux, dont d'importantes colonies de pélicans blancs qui pêchent en escadres organisées : les sorties guidées en barque se font au rythme des perches et des moteurs ralentis, dans un silence que troue parfois un envol soudain. Au fil des saisons passent aussi cygnes, cormorans et hérons pourprés, et les roselières bruissent d'une vie que l'on devine plus qu'on ne la voit.

Une escale à envisager avec souplesse

Vylkove demeure une destination confidentielle, desservie de façon variable selon les itinéraires et les saisons. Certains programmes de croisière fluviale sur le bas Danube pourraient y proposer une halte ou une excursion à la rame; l'accessibilité gagne à être confirmée au moment de la réservation, auprès de votre conseiller en voyages. Si l'occasion se présente, elle mérite qu'on la saisisse : peu d'escales offrent une immersion aussi complète dans un monde amphibie.

Repères pour l'escale

SiteDistance du quaiAccès
Quartiers des canaux et églises lipovènesCœur de la localitéÀ pied et en barque
Borne du kilomètre zéroEn aval, vers la merSortie accompagnée sur l'eau
Réserve de biosphèreAutour de la localitéExcursion guidée

Au moment de repartir, on garde en tête le bruit discret des rames et l'odeur mêlée d'eau douce et de jardins. Vylkove ne ressemble à rien de connu : ni tout à fait terre, ni tout à fait fleuve, une communauté qui a fait alliance avec le delta plutôt que de le combattre. Longtemps après, il suffit d'évoquer une barque glissant entre deux rangées de fraisiers pour que l'escale revienne, intacte.

Questions fréquentes

Sur le bras de Chilia, à l'extrémité ukrainienne du delta du Danube. Vylkove demeure une destination confidentielle, desservie de façon variable selon les itinéraires et les saisons : l'accessibilité gagne à être confirmée auprès de votre conseiller au moment de la réservation.
Parce que bien des « rues » y sont des canaux creusés à la main, et qu'on y circule à la rame. Des barques effilées glissent au ras des passerelles de bois, entre des jardins gorgés d'eau.
Des vieux-croyants russes, les Lipovans, qui fuyaient au XVIIIe siècle les réformes religieuses de leur Église et trouvèrent refuge dans ces marécages que personne ne leur disputait. Ils y bâtirent maisons et chapelles sur des îlots gagnés à la pelle, canal après canal.
Le réseau de canaux qui structure toute la vie locale. Le limon curé du fond a servi à exhausser les parcelles : chaque maison possède ainsi son lopin surélevé, son ponton et souvent son esquif amarré à la porte.
Une sortie guidée en barque dans les canaux et les roselières, une promenade le long des passerelles entre les potagers, et la descente jusqu'à la borne du kilomètre zéro si le programme le permet. Il n'y a ni musée ni monument à cocher.
La borne symbolique où le bras de Chilia achève sa course dans la mer Noire. Le fleuve qui a traversé dix pays vient y mourir dans un paysage de roselières et de bancs de sable, sous des nuées d'oiseaux. Peu d'endroits au monde permettent d'assister ainsi à la rencontre d'un grand fleuve et d'une mer.
La réserve de biosphère du Danube abrite quelque 300 espèces, dont d'importantes colonies de pélicans blancs qui pêchent en escadres organisées. Au fil des saisons passent aussi cygnes, cormorans et hérons pourprés, et les roselières bruissent d'une vie que l'on devine plus qu'on ne la voit.
Le poisson du jour, les fraises réputées dans toute la région et un vin artisanal tiré du novak, un cépage local que les habitants servent volontiers au visiteur. Ces terres noires, gagnées sur la vase, produisent bien plus qu'on ne l'imagine.
La hryvnia ukrainienne. On y parle ukrainien et russe, et la communauté lipovane a conservé sa langue et ses usages. Prévoyez des espèces : il n'y a pratiquement pas d'infrastructure de paiement moderne.
Oui, pour des familles qui aiment l'eau et le calme. Les sorties en barque se font au rythme des perches et des moteurs ralentis, dans un silence que troue parfois un envol soudain. En revanche, il n'y a ni plage aménagée, ni activité organisée, ni commerce : c'est une immersion, pas un programme.