Handa island Scotland Inner Hebrides
United Kingdom

On entend Handa avant de la voir. Un grondement continu monte des falaises, fait de dizaines de milliers de cris mêlés : guillemots, petits pingouins, mouettes tridactyles. Chaque été, près de 100 000 oiseaux marins se rassemblent sur cette île inhabitée du nord-ouest de l'Écosse pour y nicher. Les navires d'expédition mouillent dans le détroit qui la sépare du comté de Sutherland, et les embarcations pneumatiques déposent les passagers sur une plage de sable clair aux allures d'îlot tropical — jusqu'à ce que le vent rappelle qu'on se trouve bien en Écosse.

Un débarquement en douceur

L'accueil se fait simplement : quelques bénévoles du Scottish Wildlife Trust, qui gère la réserve, attendent près de la cabane d'information pour présenter l'île et le sentier. Aucune route, aucun commerce, aucun habitant permanent; seulement un chemin de caillebotis qui traverse landes et tourbières. Par temps clair, les sommets de quartzite du Sutherland — Ben Stack, Arkle, Foinaven — dessinent la toile de fond, et la lumière change d'une minute à l'autre, comme partout dans les Highlands. La boucle complète parcourt environ six kilomètres, un rythme tranquille de deux à trois heures qui convient bien au temps d'une escale.

La traversée des tourbières

Le sentier s'élève doucement parmi les linaigrettes et les bruyères. C'est le domaine des grands labbes, que les Écossais surnomment « bonxies » : ces pirates des mers nichent au sol et n'hésitent pas à raser la tête des marcheurs qui s'approchent trop près de leurs poussins. Il suffit de rester sur les caillebotis pour que la cohabitation demeure cordiale. Peu à peu, le bruit des colonies s'amplifie, et l'odeur saline annonce les falaises avant même qu'elles n'apparaissent. En chemin, les pipits des prés s'égaillent devant les marcheurs, et il n'est pas rare de surprendre un plongeon catmarin posé sur un lochan de tourbière.

Le Grand Stack et ses locataires

Au nord de l'île, le plateau s'interrompt brusquement : des parois de grès rouge tombent de plus de cent mètres dans l'Atlantique. Face à elles se dresse le Great Stack, une tour de pierre de 115 mètres détachée de la falaise, posée sur trois pieds au-dessus des vagues. Ses corniches accueillent l'une des plus grandes colonies de guillemots de Grande-Bretagne; les macareux, eux, creusent leurs terriers au sommet et regagnent le large dès la mi-juillet. Pétrels fulmars et petits pingouins complètent le tableau, chacun à son étage de falaise, selon une hiérarchie que les ornithologues du bord se font une joie d'expliquer. On reste longtemps au bord du plateau, jumelles en main, à regarder ce va-et-vient permanent entre la mer et la roche.

Le village qui n'existe plus

Sur le chemin du retour, quelques murets de pierre affleurent sous l'herbe. Une soixantaine de personnes vivaient ici au XIXe siècle, avec leurs propres usages : la veuve la plus âgée portait le titre de reine de l'île, et les hommes se réunissaient chaque matin en un « parlement » pour répartir les tâches. La famine de la pomme de terre a poussé la communauté à émigrer vers le Canada en 1848. Restent les fondations, un ancien cimetière, et le silence entre deux rafales.

L'escale en pratique

ÉlémentDétail
DébarquementEn pneumatique, sur une plage de sable
SentierBoucle d'environ 6 km sur caillebotis
Grand Stack115 m de haut, colonies visibles de mai à juillet
ÉquipementChaussures de marche, coupe-vent, jumelles

Ce que l'île laisse derrière elle

En rembarquant, les passagers se retournent souvent une dernière fois vers les falaises, comme pour vérifier que le vacarme continue sans eux. Il continue, bien sûr : Handa appartient aux oiseaux, et c'est exactement pour cela qu'on y débarque. Peu d'escales offrent une leçon aussi claire sur ce que devient un bout de terre quand la nature en reprend l'entière responsabilité.

Questions fréquentes

Les navires d'expédition mouillent dans le détroit qui sépare l'île du comté de Sutherland, et les embarcations pneumatiques déposent les passagers sur une plage de sable clair. Quelques bénévoles du Scottish Wildlife Trust, qui gère la réserve, attendent près de la cabane d'information pour présenter l'île et le sentier.
Aucun. Pas de route, pas de commerce, pas d'habitant permanent : seulement un chemin de caillebotis qui traverse landes et tourbières. Prévoyez de l'eau et de quoi grignoter depuis le navire, ainsi qu'une couche imperméable.
La boucle complète parcourt environ six kilomètres, à un rythme tranquille de deux à trois heures. C'est bien calibré pour la durée d'une escale d'expédition, et le sentier de caillebotis rend la marche facile malgré la tourbe.
Près de 100 000 oiseaux marins s'y rassemblent chaque été pour nicher. On entend l'île avant de la voir : un grondement continu monte des falaises, fait de dizaines de milliers de cris mêlés de guillemots, de petits pingouins et de mouettes tridactyles.
Une tour de grès de 115 mètres détachée de la falaise, posée sur trois pieds au-dessus de l'Atlantique, au nord de l'île. Ses corniches accueillent l'une des plus grandes colonies de guillemots de Grande-Bretagne. Autour, les parois tombent de plus de cent mètres dans la mer.
Oui. Ces oiseaux que les Écossais surnomment bonxies nichent au sol et n'hésitent pas à raser la tête des marcheurs qui s'approchent trop de leurs poussins. Il suffit de rester sur les caillebotis pour que la cohabitation demeure cordiale.
Oui, ils creusent leurs terriers au sommet du Great Stack. Attention à la date : ils regagnent le large dès la mi-juillet, ce qui rend une escale de fin d'été décevante pour qui vient surtout pour eux. Pétrels fulmars et petits pingouins restent plus longtemps.
Aux familles d'enfants qui marchent volontiers six kilomètres, oui. Le chemin de caillebotis facilite la progression, mais il n'y a ni sanitaires, ni abri, ni possibilité d'écourter la boucle. Le débarquement se fait en pneumatique, selon l'état de la mer.
Les sommets de quartzite du Sutherland — Ben Stack, Arkle, Foinaven — dessinent la toile de fond par temps clair, et la lumière change d'une minute à l'autre. En chemin, les pipits des prés s'égaillent devant les marcheurs, et il n'est pas rare de surprendre un plongeon catmarin posé sur un lochan de tourbière.
De la fin mai à la mi-juillet, quand les colonies sont pleines et que les macareux nichent encore. Après cette date, une partie des oiseaux a déjà repris la mer. Le débarquement dépend de l'état de la mer dans le détroit et n'est jamais garanti.