Ilfracombe England
United Kingdom

Depuis le pont du navire, on la voit avant tout le reste : une silhouette de bronze de 20 mètres dressée à l'entrée du port, mi-écorchée, mi-allégorie, une épée levée vers le ciel. Verity, l'œuvre de l'artiste Damien Hirst, divise les habitants d'Ilfracombe depuis son installation, et c'est peut-être le meilleur préambule à cette station balnéaire du nord du Devon : un mélange détonant de tradition victorienne et d'audace contemporaine, accroché à l'une des côtes les plus découpées d'Angleterre.

Arriver par la mer

Le port naturel d'Ilfracombe, le plus vaste de la côte nord du Devon, sert de refuge aux marins depuis des siècles. Les navires de croisière, de taille petite ou moyenne, mouillent au large et débarquent leurs passagers en chaloupe au cœur même du bassin, entre bateaux de pêche et vedettes d'excursion. On pose le pied sur le quai et tout commence là : commerces, cafés et ruelles en pente grimpent directement depuis les quais.

La chapelle du plus vieux phare d'Angleterre

Au-dessus du bassin, sur le promontoire de Lantern Hill, la chapelle St Nicholas veille depuis 1361. Minuscule, blanchie à la chaux, elle guide les marins depuis le Moyen Âge et passe pour le plus ancien phare encore en fonction du pays : une lanterne y brille toujours. La montée prend dix minutes et récompense largement l'effort, avec le port en contrebas, les collines vertes qui dévalent vers les flots et, au large, la masse sombre de l'île de Lundy. Au retour, le quai aligne ses casiers à homards et ses étals où l'on mange crabe et poisson du jour, à quelques mètres des bateaux qui les ont pêchés.

Les plages creusées dans la falaise

L'attraction la plus singulière de la ville se cache à l'ouest du centre. Dans les années 1820, des ouvriers gallois ont percé à la main quatre tunnels dans la falaise pour donner accès à des criques abritées et à des piscines de marée : les Tunnels Beaches. On traverse la roche à pied, on débouche sur des plages de galets encadrées de parois grises, et l'on comprend pourquoi l'endroit fit courir la haute société victorienne, à l'époque des bains de mer strictement séparés entre hommes et femmes. Les panneaux d'époque reproduits dans les tunnels racontent ce chapitre avec un humour so british.

Sur le sentier des falaises

Ilfracombe s'inscrit sur le South West Coast Path, le grand sentier littoral anglais, et les marcheurs n'ont que l'embarras du choix. Vers l'est, le chemin escalade la colline de Hillsborough pour des vues plongeantes sur les bassins et les toits ; vers l'ouest, il file vers les Torrs, une succession de lacets tracés au-dessus des flots. Les excursions en mer complètent l'offre : sorties d'observation des phoques, croisières côtières et, selon la saison, traversées vers Lundy, sanctuaire d'oiseaux marins où nichent les macareux. Les familles trouveront quant à elles un aquarium consacré à la faune locale près du quai.

À retenir

  • Débarquement en chaloupe au pied du centre ; tout se fait à pied.
  • Chapelle St Nicholas sur Lantern Hill : montée courte, panorama complet sur la baie.
  • Tunnels Beaches : passages des années 1820, criques et piscines de marée.
  • Marches sur le South West Coast Path et sorties vers Lundy.

Entre deux marées

La marée redessine le port deux fois par jour, échouant les bateaux sur le sable avant de les remettre à flot. Ce rythme donne son tempo à l'escale : on flâne, on grimpe, on goûte, on redescend. Ilfracombe ne triche pas, elle vit à l'année entre ses falaises, et Verity continue de scruter l'horizon quand les passagers regagnent le bord. Beaucoup emportent la même image finale : la lanterne médiévale et la statue d'acier se répondant par-dessus le bassin, sept siècles d'écart et la même obstination face à la mer.

Questions fréquentes

Il n'accoste pas. Les navires de petite ou moyenne taille mouillent au large et débarquent leurs passagers en chaloupe au cœur même du bassin, entre bateaux de pêche et vedettes d'excursion. On pose le pied sur le quai et la ville commence là.
Oui. Commerces, cafés et ruelles en pente grimpent directement depuis les quais, et les Tunnels Beaches se trouvent à l'ouest du centre, à quelques minutes de marche. Prévoyez du souffle : cette station balnéaire du nord du Devon est accrochée à une côte très pentue.
La montée de dix minutes à la chapelle St Nicholas, la traversée des Tunnels Beaches et une section du sentier des falaises remplissent quatre heures. Avec six, on ajoute une sortie en mer — observation des phoques ou croisière côtière — ou une marche plus longue vers les Torrs.
Une silhouette de bronze de 20 mètres dressée à l'entrée du port, mi-écorchée, mi-allégorie, une épée levée vers le ciel. Œuvre de Damien Hirst, elle divise les habitants depuis son installation. C'est la première chose que l'on voit depuis le pont du navire.
Une minuscule chapelle blanchie à la chaux, perchée sur le promontoire de Lantern Hill au-dessus du bassin, qui guide les marins depuis 1361. Elle passe pour le plus ancien phare encore en fonction du pays : une lanterne y brille toujours. La montée prend dix minutes.
Quatre tunnels percés à la main dans la falaise par des ouvriers gallois dans les années 1820, qui donnent accès à des criques abritées et à des piscines de marée. On traverse la roche à pied et l'on débouche sur des plages de galets encadrées de parois grises. Les panneaux d'époque racontent le temps des bains de mer strictement séparés entre hommes et femmes.
Oui, la ville s'inscrit sur le South West Coast Path. Vers l'est, le chemin escalade la colline de Hillsborough pour des vues plongeantes sur les bassins et les toits; vers l'ouest, il file vers les Torrs, une succession de lacets tracés au-dessus des flots.
Oui, mais tout se gagne en montée et les plages sont de galets, pas de sable. Les Tunnels Beaches et leurs piscines de marée plaisent aux enfants, et le quai aligne casiers à homards et étals où l'on mange crabe et poisson du jour à quelques mètres des bateaux qui les ont pêchés.
La livre sterling et l'anglais. Les cartes passent dans la plupart des commerces, mais les étals du quai et les petites boutiques apprécient encore le comptant. Aucun service en français n'est offert.
De mai à septembre, quand les sorties en mer fonctionnent et que les piscines de marée sont accueillantes. La côte nord du Devon est très exposée : le débarquement se fait en chaloupe et peut être annulé par mer formée, ce qui arrive plus souvent hors de la belle saison.