Augusta KY Kentucky

Le bateau à aubes ralentit, la cloche sonne, et une rangée de maisons de brique du XIXe siècle apparaît derrière les arbres de la berge : Augusta, Kentucky, mille deux cents habitants, se donne tout entière au premier coup d'œil. Les navires fluviaux qui parcourent l'Ohio accostent directement contre la rive gazonnée, à quelques dizaines de mètres de la rue principale. Ici, pas de terminal ni de grilles; on descend la passerelle, on traverse une pelouse, et l'on se trouve déjà au milieu du village, accueilli plus souvent qu'autrement par des résidents venus aux nouvelles.

Riverside Drive, la plus jolie rue du fleuve

La promenade commence par Riverside Drive, qui longe l'eau face au Kentucky boisé de la rive opposée. Ses demeures d'avant la guerre de Sécession, précédées de vérandas et de jardinets, composent l'un des fronts de fleuve les mieux conservés de l'Ohio; plusieurs tournages de films d'époque y ont planté leurs caméras sans presque rien changer au décor. Les habitants saluent depuis leur balancelle, et il n'est pas rare qu'une conversation s'engage par-dessus la clôture.

Un traversier plus que bicentenaire

Au bout de la rue, un petit traversier fait la navette d'une rive à l'autre comme il le fait, sous une forme ou une autre, depuis la fin du XVIIIe siècle : c'est l'un des derniers en service sur tout le cours de l'Ohio. Le regarder charger trois voitures et deux cyclistes, manœuvrer contre le courant puis revenir, occupe agréablement un quart d'heure; les passionnés d'histoire fluviale y verront un survivant d'une Amérique où le cours d'eau était la seule route. Le service dépanne encore écoliers et travailleurs, à qui il épargne un long détour routier.

La maison de Rosemary Clooney

Augusta cultive avec tendresse la mémoire de Rosemary Clooney, la chanteuse et actrice qui vécut dans une maison blanche du bord de l'eau, à quelques pas du débarcadère. La demeure, devenue musée, rassemble costumes de scène, photographies et souvenirs d'Hollywood, y compris des pièces liées au film « White Christmas ». Les guides bénévoles, souvent d'anciens voisins de la famille, rendent la visite étonnamment personnelle. Son neveu George, lui, a grandi dans le village et y revient encore; les bénévoles du musée ont toujours une anecdote fraîche à ce sujet.

Vin, bourbon et vieilles pierres

Le pays environnant fut au XIXe siècle un vignoble important, et la cave Baker-Bird, présentée comme la plus ancienne cave commerciale du pays, en conserve le témoignage le plus spectaculaire : une salle voûtée creusée à flanc de colline, où l'on déguste aujourd'hui les vins de la maison. Au village, la prison de 1811, les antiquaires de Main Street et une distillerie artisanale, où l'on soutire soi-même quelques gouttes d'un fût en vieillissement, complètent la balade; l'ensemble se parcourt sans se presser, plan en main, au rythme des trottoirs de brique et des clochers.

AttraitAccès depuis la berge
Riverside DriveImmédiat
Maison Rosemary ClooneyQuelques minutes à pied
Traversier d'AugustaAu pied de la rue principale
Cave Baker-BirdCourt trajet en navette ou taxi

Une fois la passerelle relevée, les passagers restent souvent accoudés au bastingage jusqu'à ce que les vérandas disparaissent derrière la courbe du fleuve. Augusta n'a ni monument fameux ni panorama grandiose; elle offre quelque chose de plus difficile à trouver : une petite ville américaine restée elle-même, où l'on vous parle comme à un voisin. Sur les longues croisières de l'Ohio, c'est souvent elle que l'on cite en premier au moment des souvenirs.

Questions fréquentes

Directement contre la rive gazonnée, à quelques dizaines de mètres de la rue principale. Pas de terminal ni de grilles : on descend la passerelle, on traverse une pelouse et l'on est au milieu du village.
Environ mille deux cents habitants. Le village se donne tout entier au premier coup d'œil depuis le pont du bateau à aubes, et il se visite en une matinée sans se presser.
Riverside Drive et ses demeures d'avant la guerre de Sécession, la rue principale et ses boutiques, puis une pause en terrasse face à l'Ohio. C'est une escale de flanerie, pas de course aux monuments.
L'une des plus jolies rues du fleuve : elle longe l'eau face au Kentucky boisé de la rive opposée, avec ses maisons à vérandas et jardinets. C'est l'un des fronts de fleuve les mieux conservés de l'Ohio.
Oui, plusieurs tournages de films d'époque y ont planté leurs caméras sans presque rien changer au décor. La rue riveraine a gardé son aspect du XIXe siècle.
Accueillants, souvent présents à l'arrivée du bateau, venus aux nouvelles. C'est une escale où l'on se fait saluer dans la rue, ce qui surprend les voyageurs habitués aux grands ports.
Le dollar américain. Les cartes passent dans la plupart des commerces, mais gardez un peu de comptant : les très petits établissements ne sont pas tous équipés.
L'anglais, avec l'accent traînant du Kentucky. Le français n'est pas parlé sur place.
Oui, pour une escale calme : le village est plat, sans circulation, et la berge se longe facilement. En revanche, il n'y a ni parc d'attractions ni activité organisée pour enfants.
D'avril à novembre, saison des croisières fluviales sur l'Ohio. Octobre habille la rive opposée de couleurs d'automne et reste la période la plus photogénique.