Castine ME Maine

Quatre drapeaux ont flotté sur Castine : celui de la France, celui des Pays-Bas, celui de la Grande-Bretagne et celui des États-Unis. Peu de villages américains peuvent en dire autant. Posée à la pointe d'une presqu'île de la baie de Penobscot, sous son phare de Dyce Head, cette communauté du Maine compte parmi les plus anciennes du pays, disputée pendant deux siècles pour sa position stratégique et son mouillage d'une profondeur exceptionnelle. Les navires de petite taille accostent au quai municipal ou mouillent devant, et l'histoire commence dès la passerelle.

Un village sous les ormes

Castine a conservé ce que presque toute l'Amérique a perdu : ses grands ormes. Les maladies qui ont décimé l'espèce ailleurs ont largement épargné la presqu'île, et les rues passent sous des voûtes de branches qui ombragent des demeures fédérales et géorgiennes aux clôtures blanches. Des dizaines de panneaux historiques jalonnent les trottoirs et racontent, maison par maison, trois siècles d'occupations successives, de comptoirs de traite et de sièges militaires. Le bureau de poste local, en activité depuis les années 1830, revendique le titre de deuxième plus ancien du pays en service continu.

Fort George et les fantômes de 1779

En haut de la côte, les levées de terre gazonnées de Fort George dessinent encore le carré d'une fortification élevée par les Britanniques en 1779. C'est ici que se joua l'expédition de Penobscot, l'un des pires désastres navals américains de la Révolution, au cours duquel la flotte assaillante dut se saborder en remontant le fleuve. Le fort, dernier poste rendu par les Britanniques à la fin du conflit, se visite librement ; il n'en reste que des talus paisibles où les enfants dévalent les pentes, mais la vue plongeante sur l'entrée du havre explique tout de l'enjeu.

Le campus des marins

La localité abrite la Maine Maritime Academy, école supérieure de marine fondée en 1941, dont les cadets en uniforme croisent les visiteurs sur les trottoirs. Son navire-école, amarré au quai principal lorsqu'il n'est pas en campagne, domine le front de mer de sa coque imposante et se laisse photographier sous tous les angles. La présence étudiante insuffle une énergie discrète qui équilibre joliment le caractère patrimonial des lieux. Certains cadets servent de guides bénévoles à bord lors des journées portes ouvertes, et leurs anecdotes de campagne valent bien des musées.

Pointes, bois et rivages

À l'extrémité de la presqu'île, le phare de Dyce Head se dresse au bout d'une allée résidentielle ; un court sentier descend vers le rivage rocheux d'où l'on embrasse l'entrée de la baie. Les marcheurs pousseront vers Witherle Woods, une réserve de près de 80 hectares sillonnée de sentiers faciles, théâtre d'anciennes batailles et refuge d'oiseaux marins. En contrebas, la plage de Wadsworth Cove invite à une trempette énergisante dans une eau qui ne dépasse guère les frissons, même en août. Les ramasseurs de coquillages et les peintres du dimanche s'y partagent le rivage sans se gêner.

Suggestions d'itinéraire

  • Boucle patrimoniale : quai, rue principale, Fort George et retour par les demeures anciennes, panneaux historiques à l'appui.
  • Boucle nature : phare de Dyce Head, sentier riverain et bois de Witherle.
  • Pause gourmande : casse-croûte de quai pour un rouleau au homard face au navire-école.

La mémoire tranquille

Castine ne reconstitue rien, ne théâtralise rien : elle habite simplement ses trois siècles et demi d'histoire, sous ses arbres survivants, face à une baie enfin paisible. L'escale se termine souvent par un long regard depuis le pont arrière, jusqu'à ce que le phare ne soit plus qu'un trait blanc au bout de la presqu'île. On emporte alors un morceau d'Amérique première, de ceux que les manuels résument en une ligne et que ce village, lui, fait toucher du doigt.

Questions fréquentes

Au quai municipal, ou au mouillage devant le village pour les unités qui ne peuvent pas s'amarrer. Castine occupe la pointe d'une presqu'île de la baie de Penobscot et dispose d'un mouillage d'une profondeur exceptionnelle.
Entièrement. Le village est petit et l'histoire commence dès la passerelle. Des dizaines de panneaux historiques jalonnent les trottoirs et racontent, maison par maison, trois siècles d'occupations successives.
Parce que la France, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et les États-Unis s'y sont succédé. Peu de villages américains peuvent en dire autant : la position stratégique et le mouillage profond ont été disputés pendant deux siècles.
Une boucle patrimoniale — quai, rue principale, Fort George, retour par les demeures anciennes — ou une boucle nature vers le phare de Dyce Head et le bois de Witherle. Un rouleau au homard au casse-croûte de quai complète l'un ou l'autre.
Les levées de terre gazonnées d'une fortification britannique élevée en 1779. C'est ici que se joua l'expédition de Penobscot, l'un des pires désastres navals américains de la Révolution. Le site se visite librement et la vue plongeante sur l'entrée du havre explique tout de l'enjeu.
Parce que les maladies qui ont décimé l'espèce ailleurs en Amérique ont largement épargné la presqu'île. Les rues passent sous des voûtes de branches qui ombragent des demeures fédérales et géorgiennes aux clôtures blanches.
Une école supérieure de marine fondée en 1941, installée à Castine. Ses cadets en uniforme croisent les visiteurs sur les trottoirs, et son navire-école, amarré au quai principal lorsqu'il n'est pas en campagne, domine le front de mer.
Oui, à la plage de Wadsworth Cove, mais l'eau ne dépasse guère les frissons, même en août. C'est une trempette énergisante plutôt qu'une baignade. Ramasseurs de coquillages et peintres du dimanche s'y partagent le rivage.
Le dollar américain et l'anglais. Le village est petit : gardez du comptant pour le casse-croûte de quai et les petits commerces.
De juin à octobre. Les couleurs d'automne sur la baie de Penobscot sont réputées, mais l'air marin reste frais toute la saison : un lainage ou un coupe-vent rend service.