Houmas House Plantation Louisiana

Sur la route des plantations qui longe le Mississippi entre La Nouvelle-Orléans et Bâton-Rouge, une allée de chênes verts centenaires conduit à une demeure à colonnades qui fut, un temps, le cœur du plus grand empire sucrier d'Amérique. Houmas House, à Darrow, en Louisiane, est l'une des grandes haltes des croisières fluviales sur le bas Mississippi. Les bateaux à aubes et navires fluviaux accostent au pied de la levée; il suffit de la franchir pour remonter le temps.

La levée, les arbres, la façade

Le premier contact reste le plus fort : du sommet de la levée herbeuse, la maison apparaît au bout de son rideau de chênes drapés de mousse espagnole, exactement comme les voyageurs du XIXe siècle la découvraient depuis le pont de leur vapeur. Le domaine tient son nom du peuple houma, qui occupait ces terres avant la colonisation. La résidence principale, achevée dans les années 1840, déploie l'architecture néo-grecque des grandes années du sucre : colonnes doriques, galeries à double étage, escalier en spirale.

Le prince du sucre

Au milieu du XIXe siècle, l'homme d'affaires irlandais John Burnside acheta la propriété et en fit le centre d'une exploitation sucrière parmi les plus vastes du continent, au point d'être surnommé le prince du sucre. Pendant la guerre de Sécession, il invoqua sa citoyenneté britannique pour soustraire les lieux à l'occupation militaire, et la maison traversa le conflit sans dommage. Fortunes, faillites et renaissances se sont succédé depuis, jusqu'à la restauration complète qui a rendu au domaine son visage des grandes années.

Une visite entre grandeur et mémoire

Les guides, souvent en costume, mènent la visite pièce par pièce : mobilier d'époque, portraits, argenterie, chambres hautes ouvertes sur les galeries. On y raconte les bals, les mariages et les récoltes, mais pas seulement. Cette prospérité reposa, jusqu'à la guerre de Sécession, sur le travail de centaines de personnes réduites en esclavage; leur histoire fait désormais partie du récit, et il importe de l'entendre pour comprendre réellement ces lieux. Le cinéma s'y est souvent invité : plusieurs films et téléséries ont tourné sous ces plafonds hauts.

Les jardins

Autour de la demeure, une quinzaine d'hectares de jardins se parcourent librement : allées de buis, bassins couverts de nénuphars, statues, chênes multicentenaires aux branches posées au sol, massifs qui changent avec les saisons. Les points de vue sur la façade changent à chaque détour d'allée, si bien que les photographes y passent sans s'en apercevoir une bonne partie de la halte. Les jardiniers en ont fait l'un des plus beaux ensembles paysagers du Sud, et bien des passagers y passent autant de temps que dans les salons.

La table louisianaise

La propriété abrite plusieurs restaurants et un bar installé dans les dépendances anciennes. Selon l'heure de l'escale, on peut y goûter la cuisine louisianaise dans sa version raffinée : gombo, écrevisses, poisson-chat, pain perdu. Un verre de thé glacé pris sous les chênes, face aux colonnes, compte parmi les plaisirs simples de la halte. Une boutique complète l'ensemble, avec des produits de la région.

L'essentiel de la halte

  • Accostage : au pied de la levée, accès à pied au domaine en quelques minutes.
  • Visite guidée de la résidence : environ une heure; départs fréquents en journée.
  • Jardins : en visite libre, prévoir une heure de plus.
  • Chaleur et humidité fortes de mai à septembre : chapeau et eau recommandés.

Le retour vers le fleuve

Au moment de regagner le bord, beaucoup se retournent une dernière fois au sommet du talus : la demeure blanche flotte au bout de son allée d'ombres, telle que la voyaient les passagers des vapeurs il y a un siècle et demi. Houmas House laisse une impression double, faite de beauté et de gravité, celle d'un Sud qui se raconte enfin tout entier, avec ses splendeurs et ses dettes envers l'histoire.

Questions fréquentes

Au pied de la levée, sur le Mississippi, entre La Nouvelle-Orléans et Bâton-Rouge. Le domaine se rejoint à pied en quelques minutes, en franchissant la levée herbeuse.
Une demeure de plantation du dix-neuvième siècle sur la route des plantations de Louisiane, entourée de chênes et de jardins. Elle se visite avec des guides souvent en costume, pièce par pièce.
La visite guidée de la maison, puis les jardins en accès libre. Une demi-journée suffit largement : c'est une escale-domaine, sans village ni commerces autour.
John Burnside, homme d'affaires irlandais qui acheta la propriété au milieu du dix-neuvième siècle et en fit l'une des plus grandes exploitations sucrières de Louisiane. Sa fortune reposait sur le travail forcé de personnes réduites en esclavage.
Oui, mais c'est une visite de demeure avant tout, centrée sur le mobilier, l'architecture et les familles propriétaires. Si l'histoire de l'esclavage est votre priorité, d'autres plantations de la route du fleuve y consacrent l'essentiel de leur parcours.
Oui, librement. Une quinzaine d'hectares de jardins entourent la demeure : allées de buis, bassins, fontaines et chênes centenaires. C'est souvent ce que les visiteurs retiennent le plus.
Oui. Le domaine abrite plusieurs restaurants et un bar installés dans les dépendances anciennes, avec une cuisine louisianaise. C'est une bonne façon de prolonger la halte.
Non. C'est une escale de domaine, en bordure du fleuve, sans centre-ville ni commerces à distance de marche. Tout ce qu'il y a à faire se trouve dans la propriété.
De l'automne au printemps. Les jardins sont superbes au printemps et l'air reste respirable; l'été louisianais est écrasant de chaleur et d'humidité, surtout dans les allées sans ombre.
Modérément. Les jardins offrent de l'espace, mais la visite guidée de la maison est longue et centrée sur le mobilier et l'histoire : elle intéresse davantage les adultes.