Huntington WV West Virginia

Les riverains l'appellent la Jewel City, la ville-joyau, un surnom hérité de son fondateur Collis P. Huntington, magnat du rail qui la fit naître en 1871 comme terminus ouest du chemin de fer Chesapeake & Ohio. Posée sur la rive sud de l'Ohio, à la frontière de trois États, la cité accueille les bateaux fluviaux au parc riverain Harris, un amphithéâtre de verdure ouvert sur le fleuve, à quelques rues des commerces.

Une ville née du rail

Tout, ici, ramène au chemin de fer. Les avenues larges tracées au cordeau, les façades commerciales du tournant du XXe siècle, la gare et les ateliers qui firent vivre des générations de cheminots. Les premières rues se parcourent à pied depuis le quai : Pullman Square, place moderne bâtie sur d'anciennes emprises ferroviaires, regroupe restaurants et boutiques, tandis que la 4e Avenue aligne théâtres anciens, dont le Keith-Albee, un cinéma-palace de 1928 au décor exubérant qui vaut le coup d'œil quand ses portes sont ouvertes. Les chineurs pousseront jusqu'à Old Central City, l'ancien quartier des antiquaires, où les boutiques se serrent le long de la 14e Rue Ouest.

Le fleuve, allié et adversaire

L'Ohio a fait la fortune de la cité, puis a bien failli l'emporter : la grande crue de 1937 chassa des dizaines de milliers d'habitants et laissa des marques encore visibles. Le mur de protection élevé depuis sépare les quartiers bas du fleuve, et l'esplanade Harris, aménagée côté eau, a rendu aux habitants un accès au rivage qu'ils avaient perdu. Les soirs d'été, concerts et rassemblements y font face aux remorqueurs qui poussent leurs barges de charbon.

Heritage Farm, la mémoire des Appalaches

L'excursion la plus marquante mène à Heritage Farm Museum and Village, dans un vallon boisé au sud de l'agglomération. Ce village reconstitué de cabanes en rondins, granges et ateliers rassemble une collection remarquable d'objets de la vie appalachienne : outils, courtepointes, alambics, machines agricoles. Artisans et guides y racontent comment l'on vivait dans ces montagnes avant l'électricité. L'endroit, premier site de Virginie-Occidentale affilié à la Smithsonian Institution, touche par sa sincérité davantage que bien des musées imposants.

Ritter Park et le musée d'art

Au sud du centre, le parc Ritter étire ses pelouses et ses sentiers le long d'un ruisseau, autour d'une roseraie réputée qui fleurit de la fin mai aux gelées. Sur la colline voisine, le Huntington Museum of Art, le plus important musée d'art de l'État, conserve peintures américaines, verrerie régionale et une serre de plantes subtropicales. Les deux se combinent aisément en une demi-journée paisible.

Marshall et la mémoire de 1970

La cité vit aussi au rythme de l'université Marshall et de son équipe du Thundering Herd. En 1970, un écrasement d'avion coûta la vie à 75 personnes, dont la presque totalité de l'équipe de football; la fontaine commémorative du campus, éteinte chaque année à la date de la tragédie, et le film We Are Marshall ont fait connaître cette histoire de deuil et de reconstruction qui soude encore la communauté.

Se repérer

  • Accostage : parc riverain Harris, à distance de marche du secteur commerçant.
  • Pullman Square et 4e Avenue : 10 à 15 minutes à pied.
  • Heritage Farm : une quinzaine de minutes de route; en excursion organisée.
  • Parc Ritter et musée d'art : quelques minutes en véhicule depuis le centre.

Le fleuve reprend son cours

Au départ, l'Ohio s'élargit entre ses collines boisées et la ville glisse doucement vers l'arrière, avec ses clochers et ses ponts d'acier. Huntington n'éblouit pas; elle attache. On y a serré des mains, entendu des histoires de trains et de crues, senti la fierté têtue des Appalaches. C'est le genre d'escale dont on reparle plus souvent qu'on ne l'aurait cru.

Questions fréquentes

Au parc riverain Harris, sur l'Ohio, à distance de marche du secteur commerçant. Pullman Square et le centre-ville se rejoignent en quelques minutes.
C'est un surnom hérité de son fondateur, le magnat du rail Collis P. Huntington, qui a tracé la ville au cordeau à la fin du dix-neuvième siècle. Les avenues larges et les façades commerciales gardent cette empreinte.
Le centre-ville et Pullman Square à pied, puis Heritage Farm ou le musée d'art selon vos goûts. Le parc Ritter, au sud du centre, complète bien une matinée.
Un musée-village dans un vallon boisé au sud de la ville, qui reconstitue la vie appalachienne d'autrefois : cabanes de rondins, métiers anciens, artisans à l'œuvre. C'est l'excursion la plus marquante de l'escale.
Un grand parc au sud du centre, avec pelouses et sentiers le long d'un ruisseau, qui mène au musée d'art de Huntington installé sur les hauteurs boisées. L'ensemble se visite tranquillement en deux heures.
Le fleuve a fait la fortune de la ville, puis a bien failli l'emporter : la grande crue de 1937 a submergé le centre et conduit à la construction du mur de protection qu'on longe encore aujourd'hui.
L'écrasement de l'avion qui ramenait l'équipe de football de l'université Marshall, qui a coûté la vie à 75 personnes. La ville en porte encore la mémoire, et un mémorial sur le campus lui est consacré.
Le dollar américain et l'anglais. Les cartes de crédit passent dans les commerces du centre et dans les musées.
D'avril à octobre, la saison de navigation sur l'Ohio. L'automne apporte les couleurs des collines appalachiennes, qui encadrent la vallée de près.
Oui, surtout grâce à Heritage Farm : les animaux, les artisans et les cabanes tiennent les enfants occupés pendant des heures. Le parc Ritter offre aussi de l'espace pour courir.