Tinian Island Marianas San Jose

Des pistes d'aviation avalées par la jungle, un silence épais, et la mer la plus limpide du Pacifique tout autour : Tinian ne ressemble à aucune autre escale. Cette île des Mariannes du Nord, voisine de Saipan, compte à peine 3 000 habitants regroupés autour de San Jose, son unique bourg. Les navires, surtout des unités d'expédition, mouillent devant la rade aménagée par les Seabees de la marine américaine pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est ici, sur ce confetti de corail, que s'est joué l'un des chapitres les plus lourds de l'histoire contemporaine.

North Field et les fosses atomiques

Au nord de l'île s'étend North Field, qui fut brièvement l'une des plus grandes bases aériennes du monde : quatre pistes de près de 2 600 mètres, des kilomètres de voies de circulation et des aires de stationnement conçues pour des centaines de bombardiers B-29. C'est de là que décolla l'Enola Gay, chargé au-dessus d'une fosse spécialement creusée, aujourd'hui protégée par une verrière et signalée par des panneaux commémoratifs. Les deux fosses de chargement des bombes atomiques se visitent librement, entourées de panneaux d'interprétation, dans un décor de dalles fissurées où la végétation reprend lentement ses droits. Le lieu n'impose aucun discours : il confronte chacun, en silence, à ce qui est parti d'ici en août 1945.

Les traces de la bataille

Autour des pistes subsistent des vestiges plus anciens que les fosses : casemates japonaises, bâtiments de commandement éventrés, plages du débarquement américain de 1944. Les excursions en véhicule font le tour de ces sites en quelques heures, commentaires à l'appui. Sous l'eau, les environs de la rade cachent aussi des restes de guerre, épaves d'avions et de matériel, que les plongeurs explorent dans une visibilité remarquable. L'histoire, ici, ne se lit pas dans un musée : elle affleure partout, entre les lianes et le corail.

La maison de Taga

Bien avant les bombardiers, Tinian appartenait au monde chamorro. À San Jose, la maison de Taga en garde le témoignage le plus imposant : une rangée de piliers de pierre massifs, les lattes, qui soutenaient autrefois la demeure d'un chef légendaire. Un seul pilier tient encore debout, les autres gisent couchés dans l'herbe, et l'ensemble intrigue les archéologues depuis des générations. Le site se trouve à quelques minutes à pied du débarcadère, tout près des commerces du bourg.

Le bleu de Tinian

Reste la mer, omniprésente. À deux pas des piliers chamorros, la plage du même nom aligne sable blanc et eaux d'une transparence qui a valu à l'île l'expression « Tinian Blue ». On s'y baigne dans une anse protégée, on longe des criques taillées dans le calcaire, et les amateurs de tuba trouvent des jardins de corail à courte distance du rivage. La lumière de fin de journée, quand elle rase les falaises claires, donne à l'eau des reflets presque irréels. Après la gravité des pistes du nord, cette douceur balnéaire remet la journée en équilibre.

Repères pour l'escale

ÉlémentÀ savoir
ArrivéeRade de San Jose, héritée de la Seconde Guerre mondiale
North FieldAu nord de l'île, accessible en excursion motorisée
Maison de TagaÀ quelques minutes à pied du débarcadère
Plage de TagaBaignade et tuba près du bourg

Rarement autant de mémoire s'est retrouvée concentrée sur si peu de kilomètres carrés. On repart avec des images contradictoires : une fosse de béton sous sa verrière, un pilier chamorro dressé depuis des siècles, une anse turquoise où plongent les enfants du bourg. C'est peut-être cela, au fond, que viennent chercher les voyageurs des routes lointaines : des lieux qui ne se laissent pas résumer.

Questions fréquentes

En annexe. Les navires, surtout des unités d'expédition, mouillent devant la rade aménagée par les Seabees de la marine américaine pendant la Seconde Guerre mondiale. Il n'y a pas de grand quai à paquebots.
En partie seulement. San Jose, l'unique bourg, et la maison de Taga se trouvent à quelques minutes de marche du débarcadère. En revanche, North Field et les sites de la guerre sont au nord de l'île et demandent un véhicule.
Une excursion en véhicule vers North Field et les fosses atomiques occupe le gros de la journée, avec un arrêt à la maison de Taga et, s'il reste du temps, une baignade à la plage de Taga tout près du bourg.
Ce sont les deux fosses de chargement d'où furent hissées les bombes atomiques d'août 1945, dont celle de l'Enola Gay. Elles se visitent librement, protégées par une verrière et entourées de panneaux d'interprétation, dans un décor de dalles fissurées que la végétation reprend lentement.
Ce fut brièvement l'une des plus grandes bases aériennes du monde : quatre pistes de près de 2 600 mètres, des kilomètres de voies de circulation et des aires conçues pour des centaines de bombardiers B-29. La jungle a depuis avalé une bonne partie de l'ensemble.
C'est le plus imposant vestige chamorro de l'île : une rangée de piliers de pierre massifs, les lattes, qui soutenaient autrefois la demeure d'un chef légendaire. Un seul pilier tient encore debout, les autres gisent dans l'herbe. Le site est à quelques minutes à pied du débarcadère.
Oui. La plage de Taga, à deux pas des piliers chamorros, aligne sable blanc et eaux d'une transparence qui a valu à l'île l'expression « Tinian Blue ». L'anse est protégée et les amateurs de tuba trouvent des jardins de corail à courte distance du rivage.
Le dollar américain. On y parle anglais et chamorro. L'île compte à peine 3 000 habitants et les services sont limités : mieux vaut prévoir des espèces.
Oui, mais avec une nuance importante : les sites de la guerre, en particulier les fosses atomiques et les plages du débarquement de 1944, imposent une gravité qu'il vaut mieux préparer avec les enfants. La plage et le tuba équilibrent bien la journée.
Oui. Les environs de la rade cachent des épaves d'avions et de matériel militaire, que les plongeurs explorent dans une visibilité remarquable. L'histoire de l'île affleure autant sous le corail qu'entre les lianes.