Hai Phong Vietnam, Hanoi City

En mai et juin, Hai Phong s'embrase de rouge : les flamboyants fleurissent le long des avenues, et la troisième ville du Vietnam devient, comme la surnomment ses habitants, la « cité des phénix écarlates ». Le reste de l'année, ce grand port du golfe du Tonkin vit au rythme de ses grues, de ses marchés et de ses cafés de trottoir, loin des circuits touristiques classiques. C'est une porte d'entrée, et un lieu qui mérite mieux qu'un simple passage.

Un accostage industriel, une ville à portée

Les navires de croisière s'amarrent dans la zone portuaire commerciale, sans attrait immédiat : navette ou taxi s'imposent pour rejoindre le centre, à quelques kilomètres. Une fois sur place, tout change. Le centre colonial de Hai Phong conserve un bel ensemble de bâtiments français du début du 20e siècle, dont un théâtre municipal à l'italienne élevé sur le modèle des opéras de la métropole, face à une esplanade fleurie où les habitants viennent danser et jouer au volant du pied dès la fraîcheur du soir. Les façades ocre, les persiennes et les balcons ouvragés rappellent l'époque où la ville servait de débouché maritime au Tonkin.

Pagodes et marchés

La pagode Du Hang, à quelques minutes de là, veille sur le quartier depuis plus de trois siècles derrière son portail à triple toit. Bonsaïs, statues laquées et fumée d'encens composent une halte paisible. Le marché Tam Bac, lui, plonge dans le quotidien : montagnes de fruits du delta, poissons du golfe, étals de tissus, vendeuses au chapeau conique qui pèsent, découpent et interpellent dans un joyeux vacarme. Ne partez pas sans goûter la fierté culinaire locale, le banh da cua, soupe de nouilles brunes au crabe des rizières, servie dans des bols fumants dès le matin. Les Haïphonnais la défendent avec une fierté de clocher qui fait sourire tout le nord du pays.

Hanoï, l'excursion capitale

Beaucoup de passagers profitent de l'arrêt pour rallier Hanoï, à environ deux heures d'autoroute. La capitale déploie son vieux quartier aux trente-six corporations, où chaque rue porte le nom du métier qu'on y pratiquait, le lac Hoan Kiem et son temple sur l'eau, le mausolée de Hô Chi Minh et le temple de la Littérature, première université du pays, fondée en 1070. La journée est longue mais dense : ruelles marchandes, cyclo-pousse, café à l'œuf dégusté sur un tabouret minuscule au ras du trottoir. Ceux qui préfèrent la mer mettent le cap sur la baie de Ha Long et ses pitons calcaires, à environ une heure et demie de route, pour une navigation de quelques heures entre les pains de sucre, ces tours de calcaire dressées sur l'eau émeraude que l'UNESCO protège depuis 1994.

Repères pratiques

RepèreCe qu'il faut savoir
AccostagePort commercial, navette ou taxi vers le centre
Centre colonialThéâtre municipal, façades françaises, cafés
HanoïEnviron 2 h de route, journée complète
Baie de Ha LongEnviron 1 h 30 de route, croisière locale possible

Choisir son Vietnam

L'escale pose un dilemme aimable : capitale millénaire, baie légendaire, ou cité portuaire vraie et vivante? Les trois se défendent. Rester à Hai Phong, c'est voir un Vietnam qui travaille, boit son café filtre au goutte-à-goutte et traverse ses avenues sur des flots de motos; partir, c'est toucher aux images qui font rêver depuis toujours. Le temps d'escale et l'appétit de route trancheront.

Au retour, depuis le pont, le ballet des porte-conteneurs et des sampans raconte la même histoire que les flamboyants : celle d'une ville d'énergie, enracinée dans son delta, tournée vers le large. Hai Phong ne se donne pas en spectacle. Elle vit, tout simplement, et vous aurez partagé quelques heures de cette vie-là.

Questions fréquentes

Dans la zone portuaire commerciale, au milieu des grues et des porte-conteneurs. Le quai n'a aucun attrait en soi : navette ou taxi s'imposent pour rejoindre le centre, à quelques kilomètres.
Pas directement. Il faut d'abord un véhicule pour sortir de la zone portuaire. Une fois déposé au centre colonial, tout se fait ensuite à pied : le théâtre municipal, la pagode Du Hang et le marché Tam Bac sont rapprochés.
Le centre colonial français du début du 20e siècle, avec son théâtre municipal à l'italienne et son esplanade fleurie, la pagode Du Hang et son portail à triple toit, et le marché Tam Bac. Une demi-journée suffit largement.
Environ deux heures d'autoroute dans chaque sens. C'est une journée complète : vieux quartier des trente-six corporations, lac Hoan Kiem, mausolée de Hô Chi Minh et temple de la Littérature.
Oui. La baie est à environ une heure et demie de route, ce qui laisse le temps d'une navigation de quelques heures entre les pitons calcaires protégés par l'UNESCO depuis 1994.
Le banh da cua, une soupe de nouilles brunes au crabe des rizières, servie dès le matin dans des bols fumants. Les Haïphonnais la défendent avec une fierté de clocher qui fait sourire tout le nord du pays.
En mai et juin, quand les flamboyants fleurissent le long des avenues et donnent à la ville son surnom de cité des phénix écarlates. La saison sèche, d'octobre à avril, reste la plus confortable pour marcher.
Le dong vietnamien et le vietnamien. Prévoyez de petites coupures pour le marché Tam Bac et les cafés de trottoir; l'anglais reste limité en dehors des circuits organisés.
Oui, à condition de rester au centre. L'esplanade devant le théâtre, où les habitants dansent et jouent au volant du pied à la fraîcheur du soir, et le marché Tam Bac plaisent aux enfants. L'excursion à Hanoï, elle, fait quatre heures de route.
Les deux se défendent, et le temps d'escale tranche. Rester, c'est voir un Vietnam qui travaille, loin des circuits touristiques; partir, c'est toucher aux images qui font rêver, Hanoï ou la baie d'Ha Long, au prix de trois à quatre heures de route.