Hôtels insolites : cabanes, bulles et igloos, dix adresses vérifiées

Les listes d’hébergements insolites qui circulent en ligne contiennent presque toutes des adresses qui n’existent pas, ou plus. Nous avons vérifié une à une, au site de l’exploitant, celles qui suivent. Dix tiennent debout. Quatre autres, souvent citées, se sont révélées introuvables et ne figurent pas ici.

Une seule chose compte avec ce type d’hébergement : il devient le cœur du voyage au lieu d’en être le décor. On ne va pas en Laponie pour voir la Laponie et dormir quelque part. On y va pour dormir sous une coupole de verre, et le reste s’organise autour.

Les cabanes dans les arbres

Le Treehotel, à Harads, dans le nord de la Suède, au bord de la rivière Lule. Neuf cabanes, perchées de quatre à dix mètres, chacune conçue par un architecte différent : le Mirrorcube entièrement miroir, le Bird’s Nest camouflé en nid, l’UFO, la 7th Room et sa terrasse en filet, plus les deux plus récentes, l’Oasis et la Biosphere. Harads est à une cinquantaine de kilomètres au sud du cercle polaire arctique, et à environ soixante-quinze kilomètres de Luleå.

Une correction utile, parce qu’elle circule et casserait un itinéraire : le Treehotel n’est pas à quarante-cinq minutes de l’Icehotel. Harads et Jukkasjärvi sont séparés d’environ deux cent cinquante kilomètres, soit trois heures de route.

Free Spirit Spheres, à Errington, sur l’île de Vancouver. Trois sphères de bois suspendues dans la canopée, Eve, Eryn et Melody, la dernière étant la plus grande et la plus récente. Lit en mezzanine, hublots, chauffage. C’est la seule adresse de cette liste qui se paie en dollars canadiens, sans passeport ni décalage horaire. On y accède par la route depuis Victoria, en un peu moins de deux heures, ou par un traversier depuis le continent vers Nanaimo. Il n’y a pas de service ferroviaire voyageurs sur l’île.

Cabanes als Arbres, à Sant Hilari Sacalm, dans la province de Gérone. Attention à la géographie, souvent fausse : ce n’est pas sur la Costa Brava, c’est à l’intérieur des terres, dans le massif des Guilleries, à une heure et quart de Barcelone. On y monte par une passerelle suspendue, sans électricité, avec des bougies et une lampe à huile.

Les bulles et les dômes

Attrap’Rêves, à Allauch, à vingt minutes de Marseille, ouvert depuis 2010. Des bulles transparentes gonflées en permanence, plantées dans la garrigue : Zenith, Papillon, Rêve d’Enfant, Plumes. On s’endort sous les étoiles, on se réveille avec les cigales et l’odeur de la lavande et du thym. Le déjeuner est déposé discrètement à l’extérieur, sans que personne ne frappe.

Le même exploitant gère des cabanes perchées sur le même site, ce qui permet de combiner les deux formules en un séjour.

Trois règles valent pour toutes les bulles. Une bulle transparente n’offre aucune intimité visuelle : vérifiez la distance à la bulle voisine avant de réserver. Elle fonctionne mal par grande chaleur, donc évitez juillet et août en Provence. Et la salle de bain est presque toujours dans une structure séparée, à quelques mètres.

Nothofagus Hotel, au Chili, dans la réserve biologique Huilo Huilo, entre Neltume et Puerto Fuy. Une précision qui change tout : ce n’est ni une cabane perchée ni un bâtiment sur pilotis, c’est une construction unique en forme d’arbre, bâtie autour d’un arbre conservé, avec vue sur le lac Pirehueico et le volcan Mocho-Choshuenco. C’est la région des lacs, au nord de la Patagonie proprement dite.

Les igloos de verre et les hôtels de glace

Kakslauttanen Arctic Resort, à Saariselkä en Laponie finlandaise. Deux villages distants de quatre kilomètres, l’East et le West, et trois formules : petits igloos de verre, grands igloos de verre et Kelo-Glass, qui combine un chalet de rondins et une coupole vitrée. Le verre est thermique et anti-buée, ce qui est la condition pour voir quoi que ce soit à trente sous zéro. Trois saunas fumés sur le domaine, dont un chauffé au bois pendant des heures avant l’ouverture.

Icehotel, à Jukkasjärvi, en Suède, sur la rivière Torne. Reconstruit chaque hiver depuis l’hiver 1989-1990, il compte de quinze à vingt chambres de glace et douze suites artistiques, chacune conçue par des artistes différents, à environ moins cinq degrés. On y dort dans un sac de couchage arctique sur une peau de renne. Depuis 2016, l’Icehotel 365 permet de vivre l’expérience à l’année, y compris en plein été. Jukkasjärvi est à environ cent quarante-cinq kilomètres au nord du cercle polaire.

Arctic TreeHouse Hotel, à Rovaniemi, à côté du village du père Noël. Quatre catégories, dont les Arctic TreeHouse Suites et les Arctic GlassHouse. Le concept réel n’est pas une fenêtre de toit, c’est une baie vitrée du plancher au plafond, face à la forêt, qu’on regarde depuis le lit. Seules les GlassHouses ont leur propre cheminée et leur propre sauna : vérifiez la catégorie avant de payer, la différence est considérable.

Sorrisniva Igloo Hotel, à Alta, dans le Finnmark norvégien, au bord du fjord. Reconstruit chaque hiver et ouvert du 20 décembre au 31 mars. Alta se situe sous l’ovale auroral, la ceinture où les aurores se forment le plus souvent, ce qui est la vraie raison d’y aller. Comptez quarante-cinq minutes de vol jusqu’à Tromsø, et six à sept heures par la route.

Arctic Hilltop Boutique Hotel Iso-Syöte, en Ostrobotnie du Nord. Anciennement connu sous le nom d’Iso Syöte, il a été renommé. Ses suites Eagle View et Aurora View surplombent la forêt depuis une colline, ce qui est rare dans un pays plat.

Le seul hôtel de glace des Amériques est à trois heures de Montréal

L’Hôtel de Glace, au Village Vacances Valcartier à Saint-Gabriel-de-Valcartier près de Québec, est reconstruit chaque hiver depuis 2001. C’est le seul du continent américain.

Pourquoi le dire dans un article qui vend la Laponie : parce qu’une nuit dans la glace ne convient pas à tout le monde, et qu’il vaut mieux le découvrir à trois heures de chez soi qu’après un vol transatlantique et deux correspondances. Ceux qui aiment reviennent chercher l’Icehotel ou le Sorrisniva; ceux qui n’aiment pas ont économisé un voyage.

La question du confort, franchement

Trois niveaux, et il faut savoir lequel on achète.

Le premier est confortable au sens ordinaire : le Treehotel, l’Arctic TreeHouse, le Kakslauttanen dans ses grandes catégories. Chauffage, salle de bain, service. C’est un hôtel, avec une forme inhabituelle.

Le deuxième est rustique assumé : les Cabanes als Arbres sans électricité, les bulles avec salle de bain à l’extérieur, les sphères de l’île de Vancouver dont la salle de bain est au sol. On y gagne le silence et on y perd des commodités.

Le troisième est une épreuve joyeuse : dormir à moins cinq degrés dans un sac de couchage arctique. Personne ne dort profondément la première nuit. C’est une expérience, pas un repos, et c’est précisément pour ça qu’on la raconte pendant dix ans.

Comment réserver, et la formule la plus intelligente

De douze à dix-huit mois d’avance pour les igloos de verre nordiques pendant la haute saison, qui va de décembre à mars et qui coïncide exactement avec le congé des Fêtes et la relâche québécoise. De trois à six mois pour les bulles et les cabanes européennes, et beaucoup moins si vous acceptez une nuit de semaine plutôt qu’un samedi.

La formule la plus intelligente reste la même partout : une nuit insolite, puis trois ou quatre nuits classiques. La cabane suspendue est extraordinaire le premier soir, agréable le deuxième, et fatigante le troisième. Le budget se comporte de la même façon.

Dernier réflexe : inscrivez-vous aux listes d’attente. Les annulations sont fréquentes sur ce type d’hébergement, et les établissements les redistribuent par courriel, souvent quelques semaines avant.

Le trajet réel depuis Montréal

Pour la Laponie, aucune liaison sans escale n’existe entre Montréal et Helsinki ou Stockholm. La porte d’entrée nordique habituelle depuis Montréal est Copenhague, d’où repartent les vols intérieurs vers Ivalo, Rovaniemi, Kiruna ou Alta. Prévoyez une journée complète de trajet, et une nuit de récupération avant la nuit insolite : personne n’apprécie une coupole de verre après vingt heures de voyage.

Pour la Provence, le vol sans escale vers Marseille est saisonnier. En février, quand une bulle est justement le plus agréable, il faut passer par Paris.

Pour compléter : notre article sur les aurores boréales explique quand elles sont réellement visibles, les bains thermaux du monde couvrent l’autre grande expérience nordique, et notre sélection de voyages de noces reprend plusieurs de ces adresses.

Parler à un conseiller

Ces établissements comptent de trois à vingt chambres, se vendent un an d’avance et changent de nom, de catégorie et de propriétaire plus souvent qu’un hôtel ordinaire. Nos conseillers vérifient avant de réserver. Composez le 1-866-628-6241 ou écrivez-nous.

Questions fréquentes

Neuf, perchées de quatre à dix mètres, chacune conçue par un architecte différent. Les plus connues sont le Mirrorcube, le Bird’s Nest, l’UFO et la 7th Room; les deux plus récentes sont l’Oasis et la Biosphere.
Non. Harads et Jukkasjärvi sont séparés d’environ deux cent cinquante kilomètres, soit trois heures de route. L’affirmation de quarante-cinq minutes qui circule en ligne est fausse et casserait un itinéraire.
À l’Hôtel de Glace, au Village Vacances Valcartier à Saint-Gabriel-de-Valcartier, près de Québec. Reconstruit chaque hiver depuis 2001, c’est le seul hôtel de glace du continent américain.
Environ moins cinq degrés. On y dort dans un sac de couchage arctique posé sur une peau de renne. Depuis 2016, l’Icehotel 365 permet de vivre l’expérience à l’année, y compris en été.
De douze à dix-huit mois pour la haute saison, qui va de décembre à mars et qui coïncide avec le congé des Fêtes et la relâche québécoise. Trois à six mois suffisent pour les bulles et les cabanes européennes.
Aucune intimité visuelle. Vérifiez la distance à la bulle voisine avant de réserver, et sachez que la salle de bain est presque toujours dans une structure séparée, à quelques mètres. Évitez aussi juillet et août en Provence, la chaleur y est difficile.
Non, ni vers Helsinki ni vers Stockholm. La porte d’entrée nordique habituelle depuis Montréal est Copenhague, d’où partent les vols intérieurs vers Ivalo, Rovaniemi, Kiruna et Alta. Prévoyez une journée complète de trajet.