Le Japon hors des sentiers battus

Il y a deux Japons. Le premier, tout le monde l’a vu en photo : Tokyo, Kyoto, Osaka, le Fuji depuis la fenêtre du Shinkansen. Il mérite chacun de ses visiteurs. Le second est moins traduit, moins préparé à vous recevoir en anglais, et c’est là que vont les voyageurs qui reviennent pour la troisième fois. Ce guide s’adresse à eux — et à ceux qui veulent commencer autrement. Pour le Japon classique, voyez notre guide du voyage au Japon depuis le Québec.

Où commence le Japon méconnu ?

À deux endroits, principalement. Kyushu, l’île du sud : plus chaude, plus volcanique, plus ouverte sur le monde depuis toujours. Le Tohoku, le nord de Honshu : la région de l’île principale la moins visitée par les étrangers, celle des villages de samouraïs, des temples accrochés aux falaises et des hivers profonds.

Kyushu : que faut-il y voir ?

Fukuoka d’abord, régulièrement élue par ses propres habitants la ville la plus agréable à vivre du pays. Son aéroport international est à six minutes de métro du centre, une anomalie japonaise. Le ramen de Hakata y est né : bouillon de porc mijoté près d’une journée jusqu’à devenir opaque, nouilles fines cuites en trente secondes. Le soir, les yatai — une soixantaine de stands couverts au bord de la rivière Naka — sont l’expérience la plus sociable du Japon : on s’assoit coude à coude sur un tabouret et on finit par parler au voisin.

Puis Beppu, capitale mondiale des sources chaudes, où la vapeur monte de partout et donne à la ville une allure spectrale à l’aube. Ses huit jigoku — les « enfers » — sont trop chauds pour la baignade mais extraordinaires à voir : l’un est bleu cobalt par précipitation de sulfate, l’autre rouge sang par l’oxyde de fer. À une heure de là, Yufu-in inverse tout : rizières, brume matinale et petits ryokans au pied du mont Yufu. Nous en parlons aussi dans notre tour des bains thermaux du monde.

Plus au sud, le volcan Aso et l’une des plus grandes caldeiras habitées de la planète — on y cultive et on y élève du bétail à l’intérieur du cratère. Et Nagasaki, où le christianisme a survécu clandestinement pendant deux siècles et demi de persécution, ville portuaire mêlée de chinois, de portugais et de hollandais bien avant que le reste du pays ne s’ouvre.

Et le Tohoku ?

Kakunodate a gardé son quartier de samouraïs intact, avec ses cerisiers pleureurs qui fleurissent deux à trois semaines après ceux de Kyoto — même spectacle, sans la foule. Yamadera est un temple monté sur une falaise de grès, mille marches dans la forêt, et une vue qui justifie chacune d’elles.

Sur la mer du Japon, la presqu’île de Noto se relève du séisme de janvier 2024. Les rizières en terrasses de Shiroyone descendent en gradins jusqu’à la mer; les plongeuses ama y récoltent encore les ormeaux en apnée, une tradition de deux mille ans. Le marché matinal de Wajima a été reconstruit. Vérifiez l’état des routes avant de partir : la région travaille encore.

Comment fonctionne un ryokan ?

Ce n’est pas un hôtel avec des accessoires japonais, c’est un mode de vie temporaire. On dort sur un futon posé sur le tatami, on porte le yukata fourni, on mange un kaiseki servi dans sa chambre par la nakai. Quelques règles évitent les faux pas : on retire ses chaussures au genkan, on noue le yukata côté gauche par-dessus le droit, on se douche complètement avant d’entrer dans l’onsen, où l’on entre nu et où les cheveux ne touchent pas l’eau. Signalez vos restrictions alimentaires à la réservation, pas à l’arrivée : peu de ryokans peuvent s’adapter sans préavis. Les tatouages visibles restent interdits dans plusieurs établissements — à vérifier avant de réserver.

Quelle saison choisir ?

Le printemps pour les cerisiers, avec l’avantage du décalage du Tohoku. L’été pour les grands matsuri du nord — Nebuta à Aomori, Tanabata à Sendai, Kanto à Akita, tous début août. L’automne pour les érables, souvent plus beaux que les cerisiers et beaucoup moins courus. L’hiver pour les onsen dans la neige, qui est la raison d’être du voyage pour beaucoup.

Comment s’y rendre depuis le Québec ?

Aucun vol direct depuis Montréal. On passe par Tokyo, Séoul ou Vancouver, puis le Shinkansen ou un vol intérieur. Le Japan Rail Pass ne se vend plus dans les gares japonaises depuis 2023 : il faut l’acheter avant le départ, et sa rentabilité dépend entièrement de l’itinéraire — sur un séjour concentré sur Kyushu, il ne vaut souvent pas le coup.

Les amateurs de spiritueux voudront greffer une étape distillerie : voyez notre route du whisky japonais.

Voyages AquaTerra est titulaire d’un permis du Québec. Nos clients bénéficient de la protection du Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages, selon les conditions prévues au règlement. Un conseiller peut caler les correspondances et réserver les ryokans qui ne prennent pas de réservation en ligne : 1-866-628-6241.

Questions fréquentes

Plus qu’à Tokyo ou Kyoto, mais ce n’est pas bloquant. Dans les ryokans traditionnels, le personnel parle souvent peu l’anglais. Quelques mots de base et la traduction par appareil photo suffisent pour l’essentiel. Un conseiller peut aussi préparer les réservations à votre place.
Cela dépend de l’itinéraire. Il ne se vend plus dans les gares japonaises depuis 2023, il faut donc l’acheter avant le départ. Sur un séjour concentré sur Kyushu, les billets à l’unité reviennent souvent moins cher. Sur un Kyushu-Tohoku qui traverse le pays, le pass devient intéressant.
Oui, avec un itinéraire préparé. Kyushu est même une bonne porte d’entrée : moins de monde, rythme plus lent, et Fukuoka, Nagasaki, Beppu et Aso couvrent une grande diversité en une semaine. Beaucoup arrivent par Tokyo pour deux ou trois jours, puis basculent vers le sud.
Non. Les macaques de Jigokudani ont leur propre bassin et les visiteurs les observent depuis le sentier. Se baigner avec eux n’est ni permis ni possible.
Oui, une partie de la région accueille de nouveau les visiteurs et le marché matinal de Wajima a été reconstruit. Certains accès restent perturbés : vérifiez l’état des routes avant de fixer votre itinéraire.
Dans plusieurs établissements, oui. Les tatouages visibles y sont interdits. Certains ryokans acceptent les pansements de couverture, d’autres proposent des bains privés. C’est à vérifier au moment de réserver, jamais à l’arrivée.
L’automne pour les érables et la fin du printemps dans le Tohoku, où les cerisiers fleurissent deux à trois semaines après ceux de Kyoto. L’hiver dans les onsen du nord est la saison la plus calme et sans doute la plus belle.