Les plus beaux couchers de soleil du monde, et les trois qui n’en sont pas
Un coucher de soleil se manque pour trois raisons : on arrive trop tard, on repart trop tôt, et on se place du mauvais côté. La troisième est la plus fréquente, et elle vient souvent d’articles qui recommandent un coucher de soleil là où c’est en réalité le lever qui est spectaculaire.
Commençons donc par ces trois-là, parce que ce sont des erreurs qui coûtent un voyage.
Trois lieux célèbres où c’est le lever, pas le coucher
Angkor Wat. Le temple est orienté vers l’ouest, ce qui met le soleil couchant dans le dos de qui se poste devant les bassins. L’alignement documenté est celui du lever : aux équinoxes, vers le 21 mars et les 22 et 23 septembre, le soleil se lève exactement au-dessus de la tour-lotus centrale, vu depuis l’entrée ouest. C’est à 5 h 30 qu’il faut y être, pas à 17 h. Le bassin nord-ouest de l’allée principale donne le meilleur reflet, et c’est aussi celui où l’on est le plus serré.
Mesa Arch, dans le parc national de Canyonlands en Utah. L’arche se trouve sur le rebord est du plateau : ce sont les premiers rayons du matin qui embrasent sa face inférieure d’un orange irréel, avec le canyon quatre cent soixante mètres plus bas. Au coucher, il ne se passe presque rien. Son ouverture fait environ vingt-sept mètres, et non les quatre-vingt-dix centimètres qu’on lit parfois, par confusion entre les pieds et les centimètres.
Tulum, sur la côte est du Yucatán. Le soleil se lève sur la mer des Caraïbes et se couche à l’intérieur des terres, au-dessus de la jungle. Aucun coucher de soleil sur l’eau n’est possible depuis la plage, malgré des centaines d’articles qui l’affirment. Le lever depuis les ruines mayas, en revanche, est extraordinaire, et pour le coucher il faut se déplacer vers les lagunes intérieures, Kaan Luum et Nopalitos.
Les huit qui tiennent leurs promesses
| Lieu | Où se placer exactement | Quand | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|---|
| Oia, Santorin | La tour du château vénitien, ou les escaliers qui descendent vers les moulins | Le coucher le plus tardif est du 21 au 28 juin, vers 20 h 40. Il recule ensuite : 20 h 25 à la fin juillet, 19 h 48 à la fin août | Arrivez de quarante-cinq à soixante minutes avant. Ce sont des maisons chaulées sur une caldeira volcanique, pas des falaises de calcaire |
| Sossusvlei, Namibie | Le sommet de Big Daddy, 325 m, qui domine Dead Vlei | Toute l’année, mais la lumière de mai à septembre est la plus nette | Le plus vieux désert du monde. Les acacias morts de Dead Vlei tiennent debout depuis six à neuf cents ans. Dune 45 est à 45 km de l’entrée du parc et ne domine pas la pan salée |
| Uluru, Australie | La Sunset Viewing Area, aménagée pour ça | D’avril à septembre, pour la température | 348 mètres de haut, 9,4 km de tour. L’escalade est interdite depuis le 26 octobre 2019 à la demande des Anangu. La marche de la base fait 10,6 km, trois à quatre heures |
| Îles Lofoten, Norvège | Reine, ou le port de Henningsvær | Fin août à octobre, quand le soleil se couche encore et que la lumière rase | Le soleil de minuit de mai à juillet supprime le coucher. Logez dans un rorbu, l’ancienne cabane de pêcheur |
| Serengeti, Tanzanie | Depuis un kopje, ces affleurements rocheux qui émergent de la plaine | Toute l’année. La grande migration se déplace selon les mois | Le coucher se prend depuis le véhicule ou le camp : les parcs ferment la circulation au crépuscule |
| Haleakalā, Maui | Le sommet, à 3 055 mètres, au-dessus de la couche de nuages | Toute l’année. Habillez-vous : il fait près de zéro là-haut | Réservation obligatoire pour le lever, contingentée. Le coucher est plus accessible et presque aussi beau |
| Jemaa el-Fna, Marrakech | Une terrasse de café au premier étage, côté ouest de la place | Toute l’année. L’hiver donne la lumière la plus franche | Ce n’est pas un paysage, c’est une ville qui s’allume. La place change complètement à la tombée du jour |
| Porte du Soleil, Machu Picchu | L’Intipunku, à environ 2 740 mètres, au-dessus de la citadelle | La saison sèche, de mai à septembre | La citadelle elle-même est à 2 430 mètres, sous la barre des 3 000. Grèves et manifestations perturbent régulièrement l’accès ferroviaire : prévoyez du jeu dans l’itinéraire |
Pourquoi certains ciels sont plus rouges
La couleur d’un coucher de soleil dépend de ce qu’il y a dans l’air. Quand la lumière traverse l’atmosphère en oblique, elle parcourt une épaisseur beaucoup plus grande qu’à midi, et les particules en suspension diffusent le bleu en laissant passer le rouge et l’orange.
D’où trois familles de lieux privilégiés. Les bords de mer, où le sel en suspension multiplie les points de diffusion. Les déserts, pour la poussière minérale. Et l’altitude, où l’air plus sec et plus pur donne des transitions plus nettes.
Le facteur le plus spectaculaire reste toutefois accidentel : après l’éruption du Pinatubo en 1991, les aérosols injectés dans la stratosphère ont donné à la planète entière deux années de couchers de soleil hors du commun, en 1992 et 1993.
L’heure dorée, l’heure bleue, et la règle des deux soirs
L’heure dorée est celle qui précède le coucher : lumière chaude, ombres longues, contrastes doux. L’heure bleue commence au moment où le soleil passe sous l’horizon et dure de vingt à trente minutes aux latitudes moyennes. C’est là que le ciel prend cette profondeur qu’aucune photo de plein jour ne rend.
D’où la seule règle qui compte vraiment : restez après. La grande majorité des gens se lèvent et partent au moment précis où le ciel commence à travailler. Les douze à quinze minutes qui suivent la disparition du soleil sont souvent les plus belles de la soirée.
Et n’allez jamais voir un coucher de soleil une seule fois. Prévoyez deux nuits sur place. La première tombe sous les nuages une fois sur trois, et vous aurez repéré le bon endroit pour la seconde.
Le Québec, avant de traverser un océan
La Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic a été la première au monde à obtenir ce statut, en 2007. Le parc national du Bic et Kamouraska donnent sur l’estuaire des couchers que bien des gens traversent l’Atlantique pour trouver ailleurs. Percé et le parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé, Tadoussac et le parc national du Fjord-du-Saguenay complètent la liste, et la carte annuelle du réseau de la Sépaq rend la chose économique.
Ce n’est pas une consolation. C’est un entraînement : si vous ne savez pas encore attendre vingt minutes après la disparition du soleil, autant l’apprendre à deux heures de chez vous.
Ce qu’il faut vérifier avant de réserver
Trois vérifications sauvent un voyage bâti autour d’une lumière.
L’heure réelle du coucher à la date exacte de votre séjour, qui varie de plus d’une heure sur un même mois d’été. Le Conseil national de recherches du Canada publie ces heures pour toute localité.
La nuit polaire, si vous montez au nord. À Tromsø, le soleil ne se lève ni ne se couche du 27 novembre au 15 janvier : réserver un coucher de soleil pour cette période, c’est réserver un ciel qui ne bascule jamais. Notre article sur les aurores boréales en Islande explique ce qu’on va voir à cette période à la place.
Et les avis aux voyageurs, qui contiennent parfois exactement l’information dont vous avez besoin. Celui du Pérou signale que grèves, manifestations et déraillements perturbent régulièrement l’accès ferroviaire au Machu Picchu. Celui du Cambodge recommande d’éviter tout voyage dans une bande de cinquante kilomètres le long de la frontière thaïlandaise, ce qui ne touche pas Siem Reap et Angkor, mais concerne quiconque prévoit de passer d’un pays à l’autre par la route.
Pour aller plus loin : notre guide du Maroc depuis le Québec couvre Marrakech et la côte, et notre article sur les safaris africains détaille le Serengeti.
Parler à un conseiller
Un voyage construit autour d’une lumière demande deux choses que les moteurs de réservation ne donnent pas : la bonne date et le bon côté. Nos conseillers montent ces itinéraires. Composez le 1-866-628-6241 ou écrivez-nous.


