San Salvador Island Bahamas Cockburn Town

27 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Au matin du 12 octobre 1492, une vigie de la Pinta aperçut une côte basse frangée d'écume. Selon la tradition la plus répandue, cette terre était San Salvador, modeste île de l'est des Bahamas que Christophe Colomb foula en premier dans le Nouveau Monde. Plus de cinq siècles plus tard, les navires qui s'y arrêtent mouillent devant Cockburn Town, un chef-lieu de quelques rues où l'histoire se lit sur les murs de pierre et où la mer, d'une clarté peu commune, attire les plongeurs du monde entier.

Cockburn Town, capitale de poche

Les annexes déposent les passagers à quelques kilomètres du bourg, que l'on rejoint en taxi ou à pied le long d'une route côtière tranquille. Sur place, tout se parcourt lentement : maisons de bois patinées par les embruns, bâtiments administratifs coloniaux, un immense amandier qui sert de place publique et sous lequel les habitants échangent les nouvelles du jour. L'île, qui s'appela Watling's Island jusqu'en 1925, compte moins d'un millier de résidents; le passage d'un navire y demeure un événement, et l'accueil s'en ressent. Une école, une clinique, quelques épiceries et des lieux de culte complètent ce chef-lieu où chacun connaît chacun.

Sur les traces de 1492

À Long Bay, au sud du bourg, une croix de béton blanc plantée face à la mer marque l'endroit présumé du premier débarquement. Le lieu n'a rien de spectaculaire, et c'est ce qui le rend troublant : une plage ordinaire, quelques palmiers, le même horizon qu'il y a cinq cents ans. D'autres monuments commémorent l'événement ailleurs sur la côte, témoignant des débats d'historiens qui entourent encore le tracé exact du premier voyage. Chaque 12 octobre, l'île célèbre l'anniversaire avec un défilé où fanfares et costumes descendent la rue principale.

Un aquarium grandeur nature

La réputation de San Salvador repose d'abord sur ses fonds. L'île émerge d'un socle sous-marin isolé qui plonge à pic : à quelques centaines de mètres du rivage, les tombants s'enfoncent dans le bleu profond, fréquentés par les raies, les tortues et les requins de récif. Une cinquantaine de sites de plongée balisés entourent l'île, et les centres locaux accueillent aussi les débutants avec masque et tuba sur des récifs accessibles depuis la plage. Bonefish Bay, près du bourg, offre une mise à l'eau facile dans une mer qui semble éclairée de l'intérieur; la visibilité y dépasse souvent trente mètres, un luxe rare même dans les Caraïbes.

Le phare de Dixon Hill

Au nord-est de l'île se dresse l'une des curiosités les plus attachantes des Bahamas : le phare de Dixon Hill, construit au XIXe siècle et toujours actionné à la main. Son gardien monte régulièrement remonter le mécanisme et alimenter la lampe au kérosène, comme on le faisait partout autrefois. La visite, informelle, se conclut au sommet par un panorama complet sur l'île, ses lacs intérieurs saumâtres et le grand large. Le trajet en taxi depuis Cockburn Town se négocie avant le départ et fait, en soi, un tour d'île commenté.

Bon à savoir

  • Prévoir des espèces : distributeurs et terminaux de paiement se comptent sur les doigts d'une main.
  • Le soleil frappe fort sur cette île plate et peu boisée; eau et chapeau indispensables.
  • Les taxis sont rares : convenir du retour avec le chauffeur dès l'aller.
  • Masque et tuba personnels rendent la journée plus libre, plusieurs récifs se rejoignant à la nage.

En regagnant le navire, on repense à cette vigie qui cria « Terre! » dans la nuit d'octobre. San Salvador n'a pas cherché à monumentaliser son histoire; elle la laisse affleurer, entre une croix face à la mer, un phare à l'ancienne et des rues où le temps prend son temps. C'est peut-être la manière la plus juste de rencontrer le point de départ d'un monde nouveau.