Le Bras d'Or n'est ni tout à fait un lac ni tout à fait la mer. Cette vaste étendue d'eau salée, la plus grande mer intérieure du Canada, occupe le cœur de l'île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, et ses rives boisées baignent dans une quiétude qui a séduit plus d'un grand esprit. Alexander Graham Bell, inventeur du téléphone, y a passé les dernières décennies de sa vie. Les petits navires qui sillonnent le lac mouillent devant Baddeck, le village qui fut son port d'attache, et débarquent leurs passagers à deux pas de la rue principale.

L'escale se vit à l'échelle du village : quelques centaines de mètres de front d'eau, des quais de bois, des voiliers à l'ancre et l'îlot Kidston juste en face, avec son phare blanc et rouge posé sur la pointe.

Le génie de Beinn Bhreagh

L'inventeur disait avoir vu bien des paysages dans le monde, mais aucun qui surpasse celui-ci. De sa propriété de Beinn Bhreagh, sur la rive opposée de la baie, il a mené ici certaines de ses expériences les plus audacieuses. Le lieu historique national Alexander-Graham-Bell, administré par Parcs Canada et accessible à pied depuis le débarcadère, en conserve la plus riche collection au monde : prototypes de téléphones, cerfs-volants géants aux cellules tétraédriques, réplique du Silver Dart, premier avion motorisé à voler au Canada, en 1909, au-dessus de la glace de la baie, et vestiges de l'hydroptère HD-4, détenteur en son temps du record mondial de vitesse sur l'eau. Deux heures passent vite dans les galeries et sur la terrasse, qui embrasse la baie et la presqu'île de Bell.

Flâner sur Water Street

Le village lui-même se découvre sans itinéraire. Water Street aligne galeries d'artisans, boutiques de laine et de musique celtique, comptoirs de crème glacée et restaurants où le homard et les moules tiennent la vedette. Les conversations s'engagent facilement ; l'accent des Maritimes et l'héritage écossais de l'île donnent aux échanges une chaleur immédiatement perceptible.

L'appel du large intérieur

Impossible de résister longtemps à l'eau. Des sorties en voilier partent du quai en saison et permettent de goûter, toutes voiles dehors, le calme de cette mer intérieure reconnue réserve de biosphère par l'UNESCO. Les pygargues à tête blanche nichent sur les rives et surveillent les navigateurs du haut des pins. Les eaux, mélange de sources douces et de mer, restent souvent calmes quand le large s'agite, ce qui vaut au lac sa réputation de bassin rêvé pour l'apprentissage de la navigation. Certains passagers préfèrent simplement s'asseoir sur un banc du front d'eau, un cornet à la main, à regarder passer les nuages sur les collines. Baddeck marque aussi le point de départ traditionnel de la piste Cabot, cette route panoramique qui fait le tour des hautes-terres du Cap-Breton ; les escales assez longues permettent parfois d'en parcourir un tronçon en excursion, entre falaises et anses de pêcheurs.

Repères pour la journée

  • Le lieu historique national se rejoint à pied depuis le quai en une quinzaine de minutes.
  • L'îlot Kidston, avec son phare, se contemple depuis le rivage ; des navettes saisonnières y conduisent parfois.
  • La musique traditionnelle du Cap-Breton anime souvent pubs et salles communautaires en soirée d'été.

Quitter la baie

Lorsque le navire lève l'ancre, le phare de Kidston glisse lentement sur le côté et le village se résume bientôt à quelques toits entre les arbres. On comprend alors ce qui a retenu ici l'un des inventeurs les plus célèbres de son siècle : non pas la grandeur du spectacle, mais sa justesse. Baddeck ne cherche pas à éblouir. Elle apaise, et cette sensation-là voyage longtemps dans les bagages.

Questions fréquentes

Les petits navires mouillent devant le village, dans le lac Bras d'Or, et débarquent leurs passagers à deux pas de la rue principale. Le front d'eau ne fait que quelques centaines de mètres.
Oui, entièrement. Water Street, les quais de bois et le lieu historique national Alexander-Graham-Bell se rejoignent tous à pied depuis le débarcadère, ce dernier en une quinzaine de minutes.
Une vaste étendue d'eau salée au cœur de l'île du Cap-Breton, la plus grande mer intérieure du Canada, reconnue réserve de biosphère par l'UNESCO. Ses eaux, mélange de sources douces et de mer, restent souvent calmes quand le large s'agite.
Il y a passé les dernières décennies de sa vie, dans sa propriété de Beinn Bhreagh sur la rive opposée de la baie, et y a mené certaines de ses expériences les plus audacieuses. Il disait avoir vu bien des paysages dans le monde, mais aucun qui surpasse celui-ci.
La plus riche collection Bell au monde, administrée par Parcs Canada : prototypes de téléphones, cerfs-volants géants aux cellules tétraédriques, réplique du Silver Dart, premier avion motorisé à voler au Canada en 1909, et vestiges de l'hydroptère HD-4. Comptez deux heures.
Le lieu historique Bell occupe deux heures, la flânerie sur Water Street et son front d'eau une autre. Le temps qui reste va bien à une sortie en voilier depuis le quai, ou simplement à un banc face au phare de l'îlot Kidston.
Oui, des sorties partent du quai en saison. Le lac a la réputation d'un bassin rêvé pour l'apprentissage de la navigation, et les pygargues à tête blanche surveillent les navigateurs du haut des pins.
L'îlot et son phare blanc et rouge se contemplent d'abord depuis le rivage. Des navettes saisonnières y conduisent parfois, sans garantie de service selon la journée.
Oui, c'est le point de départ traditionnel de cette route panoramique qui fait le tour des hautes-terres du Cap-Breton. Les escales assez longues permettent parfois d'en parcourir un tronçon en excursion, entre falaises et anses de pêcheurs.
Le homard et les moules tiennent la vedette dans les restaurants de Water Street, où se trouvent aussi galeries d'artisans, boutiques de laine et de musique celtique. En soirée d'été, la musique traditionnelle du Cap-Breton anime souvent pubs et salles communautaires.