L'Anse aux Meadows Newfoundland-Labrador Canada

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Seabourn Cruise Line (67 Croisières)

Seabourn Venture

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Il y a un peu plus de mille ans, des navires venus du Groenland ont touché terre ici, à la pointe nord de Terre-Neuve. Leurs équipages, menés par les gens de Leif Erikson, ont bâti des maisons de tourbe, forgé du fer et passé quelques hivers face au détroit de Belle-Isle avant de repartir. L'Anse aux Meadows est le seul site norrois authentifié en Amérique du Nord, la preuve tangible que des Européens ont précédé Colomb de cinq siècles sur ce continent. Débarquer ici, souvent en zodiac depuis un navire d'expédition, c'est poser le pied exactement là où l'histoire des deux mondes s'est nouée pour la première fois.

Un paysage resté fidèle

Le décor n'a guère changé depuis les sagas : une plaine herbeuse balayée par le vent, des tourbières, des étangs sombres et la mer grise piquée d'icebergs au début de l'été. Les caribous traversent parfois la lande, les baleines longent la côte. Cette sobriété fait la force du lieu ; il faut un peu d'imagination pour repeupler la baie de knörrs scandinaves, et les lieux fournissent tout ce qu'il faut pour y parvenir.

Un patrimoine mondial bien gardé

Géré par Parcs Canada et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, le lieu historique national s'organise autour du centre d'accueil, où sont exposés des artefacts trouvés lors des fouilles des années 1960, dont une épinglette de bronze qui a confirmé l'origine norroise du campement. C'est un couple de chercheurs norvégiens, Helge et Anne Stine Ingstad, guidé par un résident du coin, qui a identifié l'endroit en 1960. Des passerelles de bois mènent ensuite aux buttes gazonnées qui dessinent l'emplacement des bâtiments d'origine. L'émotion est là, discrète : ces ondulations dans l'herbe sont les fondations mêmes des maisons vikings.

Des Vikings en chair et en os

Un peu plus loin, des reconstitutions de maisons de tourbe aux charpentes basses recréent le campement tel qu'il devait être vers l'an 1000. À l'intérieur, des interprètes costumés entretiennent le feu, tissent, forgent des clous de fer des tourbières et racontent les sagas avec une verve contagieuse. On s'assoit sur les bancs couverts de peaux, dans l'odeur de fumée et de laine, on écoute, on pose des questions ; les enfants comme les historiens amateurs y trouvent leur compte. L'ensemble se parcourt aisément en deux à trois heures.

Norstead, le village d'à côté

À environ deux kilomètres de là, le village reconstitué de Norstead prolonge l'expérience sur un mode plus ludique. Ce port de commerce viking imaginaire abrite le Snorri, une réplique de bateau norrois d'une quinzaine de mètres qui a réellement refait la traversée depuis le Groenland en 1998. Lancer de hache, poterie, contes au coin du feu : l'endroit assume une approche vivante et familiale qui complète bien la rigueur archéologique du lieu historique.

Préparer sa visite

  • Le vent souffle presque sans relâche : coupe-vent, tuque et gants rendent service même en été.
  • Les passerelles et sentiers sont faciles, mais le sol peut être détrempé autour des tourbières.
  • Les icebergs dérivent au large surtout en juin et juillet ; jumelles fortement recommandées.
  • Le hameau voisin ne compte que quelques services ; mieux vaut prévoir ses besoins avant de descendre.
  • Le centre d'accueil vend publications et souvenirs ; les options de restauration demeurent limitées dans le secteur.

Mille ans plus tard

En regagnant le navire, difficile de ne pas repenser à ces équipages qui ont refait la route en sens inverse, vers le Groenland, en abandonnant leurs maisons de tourbe au vent de Terre-Neuve. Le site qu'ils ont laissé tient dans quelques creux d'herbe, et pourtant il pèse autant que bien des cathédrales. On repart avec le sentiment d'avoir touché le premier chapitre nord-américain d'une très longue histoire.