La légende veut qu'Aphrodite soit née de l'écume, au large de cette côte. Paphos, au sud-ouest de Chypre, a bâti sur ce mythe trois millénaires d'histoire, au point que l'UNESCO a inscrit la ville entière sur sa liste du patrimoine mondial. Les navires mouillent devant Kato Paphos, la ville basse, et les navettes déposent les passagers au petit bassin du front de mer, gardé par un château de pierre. La chance du croisiériste tient en une phrase : les trésors majeurs de l'escale commencent à cinq minutes de marche du débarcadère.

Le château et la promenade

Posé au bout du môle, le fort a servi tour à tour de forteresse byzantine, de prison ottomane et même d'entrepôt de sel sous les Britanniques. Sa terrasse regarde les barques de pêche rentrer entre deux bateaux d'excursion. La promenade qui s'étire à ses pieds aligne cafés et tavernes face à la mer : l'endroit parfait pour prendre le pouls de la station avant de remonter le temps.

Les mosaïques, chefs-d'œuvre sous vos pieds

À deux pas du bassin s'ouvre le parc archéologique de Kato Paphos, l'un des grands sites antiques de la Méditerranée orientale. Capitale de Chypre à l'époque hellénistique et romaine, la cité a laissé des villas dont les pavements comptent parmi les mieux conservés du monde romain. Dans les maisons de Dionysos, de Thésée et d'Aion, les mosaïques déroulent leurs scènes mythologiques aux couleurs intactes : triomphe du dieu du vin, combat de Thésée et du Minotaure, concours de beauté entre déesses. On circule sur des passerelles de bois, dans la lumière crue, entre colonnes renversées et odeur d'herbes sèches. L'odéon antique et les vestiges du château de Saranta Kolones, effondré par un séisme au XIIIe siècle, complètent la visite. Prévoyez deux bonnes heures et un chapeau : l'ombre se fait rare.

Les tombeaux des Rois

À environ 2 kilomètres au nord, accessible en taxi ou par un autobus côtier, la nécropole dite des tombeaux des Rois creuse le plateau calcaire face à la mer. Aucun roi n'y repose en réalité : ces hypogées monumentaux, entourés de colonnes doriques taillées dans la roche, accueillaient les notables de la cité hellénistique. Descendre dans ces cours funéraires silencieuses, où seuls circulent le vent et quelques lézards, procure une émotion que les grands sites bondés n'offrent plus toujours. Prévoyez de l'eau : le plateau n'offre presque aucune ombre.

Respirer la ville d'aujourd'hui

Entre deux sites, la station contemporaine mérite un moment. À dix minutes à pied du bassin, l'église Agia Kyriaki se dresse parmi les ruines d'une basilique paléochrétienne : on y montre la colonne dite de saint Paul, où l'apôtre aurait été flagellé avant de convertir le proconsul romain de l'île. Les tavernes servent le mezzé chypriote, du halloumi grillé aux poissons du golfe, et les glaciers du front de mer rivalisent de parfums locaux, caroube ou fleur d'oranger. Les amateurs de marche pousseront jusqu'au sentier côtier qui file vers le nord, entre criques rocheuses et hôtels bas.

Emporter le mythe avec soi

Certaines excursions poussent jusqu'au rocher d'Aphrodite, à une vingtaine de kilomètres à l'est : un éperon sombre planté dans une baie de galets, où la déesse aurait touché terre. Qu'on y aille ou non, l'essentiel de l'escale se joue dans ce dialogue permanent entre le mythe et la pierre. En regagnant le navire, jetez un dernier regard au château doré par le soir : peu d'escales offrent autant d'histoire dans un si petit rayon, et avec une telle douceur de vivre en prime.

Questions fréquentes

Par embarcation, dans la plupart des cas. Les navires mouillent au large de Kato Paphos, la ville basse, et les navettes déposent les passagers au petit bassin du front de mer, gardé par un château de pierre. Une mer forte peut compromettre l'opération : c'est le risque normal d'une escale au mouillage.
Oui, et c'est la chance de cette escale. Le parc archéologique de Kato Paphos et ses mosaïques commencent à cinq minutes de marche du bassin. L'église Agia Kyriaki est à dix minutes. Seuls les tombeaux des Rois, à environ 2 kilomètres au nord, demandent un taxi ou l'autobus côtier.
Deux heures au parc archéologique pour les mosaïques, une heure aux tombeaux des Rois, et le reste sur la promenade du front de mer avec un mezzé. Si l'escale est courte, gardez les mosaïques : ce sont elles qui justifient l'inscription de la ville au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Des pavements romains parmi les mieux conservés au monde, dans les maisons de Dionysos, de Thésée et d'Aïon : triomphe du dieu du vin, combat de Thésée et du Minotaure, concours de beauté entre déesses. On circule sur des passerelles de bois entre les colonnes renversées. Comptez deux bonnes heures et un chapeau, l'ombre est rare.
Une nécropole hellénistique creusée dans le plateau calcaire face à la mer, à environ 2 kilomètres au nord du bassin. Aucun roi n'y repose malgré le nom : ces hypogées monumentaux, entourés de colonnes doriques taillées dans la roche, accueillaient les notables de la cité. Apportez de l'eau, le plateau n'offre presque aucune ombre.
L'euro. Chypre fait partie de la zone euro. Les cartes fonctionnent dans les restaurants du front de mer, les boutiques et les taxis, mais gardez du comptant pour les billets d'entrée des sites et les petits commerces.
Le grec, avec l'anglais compris partout dans la zone touristique — la région compte d'ailleurs une communauté britannique installée à l'année. Les panneaux des sites archéologiques sont bilingues grec-anglais. Le français est rare hors des excursions organisées.
D'avril à juin et de septembre à novembre. Les deux sites principaux se visitent à ciel ouvert, sur des passerelles et des plateaux sans ombre : en juillet et en août, la chaleur de midi rend la visite pénible. Le printemps ajoute les fleurs sauvages entre les ruines.
À doser. Le château du môle, la promenade et les glaciers du front de mer plaisent à tout âge, et les distances sont courtes. Les mosaïques, en revanche, se regardent debout en plein soleil pendant deux heures : avec de jeunes enfants, mieux vaut n'en faire qu'une partie et garder du temps au bord de l'eau.
Oui, mais en excursion ou en taxi : il se trouve à une vingtaine de kilomètres à l'est, sur la route de Limassol. C'est un éperon sombre planté dans une baie de galets, où la légende fait naître la déesse de l'écume. Le site se regarde depuis un belvédère; la baignade sur les galets est possible mais peu confortable.