Gambier Islands French Polynesia, Rikitea-Mangareva
French Polynesia

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Personne ne s'attend à trouver une cathédrale au bout du Pacifique. Elle est pourtant là : Saint-Michel de Rikitea, bâtie en pierre de corail à partir de 1839 et achevée en 1848, dresse ses tours blanches au-dessus des manguiers de Mangareva, île principale de l'archipel des Gambier, à plus de mille six cents kilomètres au sud-est de Tahiti. À l'intérieur, l'autel s'orne de nacre et de perles du lagon : nulle part ailleurs en Polynésie française l'histoire missionnaire et la mer ne se sont mêlées à ce point.

Un lagon partagé

L'archipel forme un cas géographique rare : quatre îles hautes et une poignée d'îlots réunis dans une même couronne de récif, comme un archipel miniature enfermé dans son propre aquarium. Les navires mouillent dans le lagon et débarquent leurs passagers en annexe au quai de Rikitea, village principal adossé au mont Duff. La passe franchie, les eaux se calment d'un coup : c'est dans cette tranquillité que mûrissent certaines des perles les plus réputées du Pacifique.

La capitale de la perle

La perliculture fait vivre les îles, qui passent auprès des connaisseurs pour le berceau des perles les plus fines de Polynésie française, aux reflets qui tirent vers le vert, l'aubergine ou le bleu profond. Des fermes perlières ponctuent les eaux intérieures sur leurs pontons de bois; certaines ouvrent leurs portes aux visiteurs de passage, greffe de l'huître à l'appui. Acheter une perle ici, à la source, fait partie des plaisirs de l'étape, mais regarder travailler les greffeurs en vaut presque autant.

L'héritage de pierre des missionnaires

Au dix-neuvième siècle, les pères de la congrégation de Picpus firent de ces îles le laboratoire du catholicisme polynésien. Autour de la cathédrale restaurée avec soin, on conserve ici une centaine de constructions de cette époque : couvents, tours de guet, fours à pain, ateliers de tissage, chapelles éparpillées jusque sur les îlots du pourtour. On parcourt ces vestiges de corail blanchi entre les cocotiers, avec le sentiment d'une histoire à la fois grandiose et lourde, qui bouleversa en profondeur la société mangarévienne; les guides locaux en parlent avec franchise, et il faut les écouter.

Marcher, nager, saluer

  • La montée vers les pentes du mont Duff, sommet qui veille sur Rikitea, récompense les marcheurs matinaux d'une vue circulaire sur le lagon et ses dégradés de turquoise.
  • Les plages et jardins de corail des îlots du récif se prêtent au masque et tuba dans une eau d'une clarté remarquable.
  • Au village, l'artisanat de tressage et les chapeaux finement travaillés, tressés dans les fibres de pandanus, font la fierté des familles; les chants d'église, réputés dans toute la Polynésie, s'écoutent le dimanche.

Le temps des Gambier

Environ mille cinq cents personnes vivent aux Gambier, au rythme des goélettes de ravitaillement et des vols reliant la piste posée sur le récif de Totegegie, d'où une navette maritime rejoint le village en traversant les eaux calmes. L'électricité se fait discrète le soir venu, les journées commencent avec le soleil, et le visiteur comprend vite que son horaire de passager est ici une convention parmi d'autres. Cette lenteur n'est pas un manque : c'est la manière locale d'habiter un lieu que la géographie a placé loin de tout.

En repassant la passe

Au moment où le navire franchit de nouveau le récif, la silhouette des tours blanches s'attarde longtemps entre les palmes. On quitte Rikitea avec une image improbable et cohérente à la fois : un village du bout du monde, une cathédrale de corail, des perles couleur de nuit. Les Gambier ne figurent sur presque aucune liste de destinations, et leurs habitants ne s'en plaignent pas; c'est exactement ce qui fait le prix de ce détour.

Questions fréquentes

À plus de mille six cents kilomètres au sud-est de Tahiti, à l'extrême sud-est de la Polynésie française. L'archipel forme un cas géographique rare : quatre îles hautes et une poignée d'îlots réunis dans une même couronne de récif, comme un archipel miniature enfermé dans son propre aquarium.
Les navires mouillent dans le lagon et débarquent leurs passagers en annexe au quai de Rikitea, le village principal, adossé au mont Duff sur l'île de Mangareva. La passe franchie, les eaux se calment d'un coup.
Parce que les pères de la congrégation de Picpus firent de ces îles le laboratoire du catholicisme polynésien au 19e siècle. Saint-Michel de Rikitea, bâtie en pierre de corail à partir de 1839 et achevée en 1848, dresse ses tours blanches au-dessus des manguiers. À l'intérieur, l'autel s'orne de nacre et de perles du lagon.
Une centaine de constructions du 19e siècle : couvents, tours de guet, fours à pain, ateliers de tissage, chapelles éparpillées jusque sur les îlots du pourtour. On parcourt ces vestiges de corail blanchi entre les cocotiers. C'est une histoire grandiose et lourde à la fois, qui bouleversa la société mangarévienne : les guides locaux en parlent avec franchise, et il faut les écouter.
Les connaisseurs tiennent l'archipel pour le berceau des perles les plus fines de Polynésie française, aux reflets qui tirent vers le vert, l'aubergine ou le bleu profond. Des fermes perlières ponctuent les eaux intérieures sur leurs pontons de bois et certaines ouvrent aux visiteurs, greffe de l'huître à l'appui.
La cathédrale et les vestiges missionnaires de Rikitea, une ferme perlière, et selon le temps disponible soit la montée vers les pentes du mont Duff, soit masque et tuba sur les jardins de corail des îlots. Les trois ensemble ne tiennent pas dans une escale courte.
Elle récompense les marcheurs matinaux d'une vue circulaire sur le lagon et ses dégradés de turquoise. Partez tôt : le soleil tape vite et il n'y a pas d'ombre continue sur les pentes. Ce n'est pas une promenade de tout repos.
Du tressage. Les chapeaux finement travaillés dans les fibres de pandanus font la fierté des familles du village. Les chants d'église, réputés dans toute la Polynésie, s'écoutent le dimanche : c'est gratuit et c'est souvent ce dont on se souvient le plus longtemps.
Environ mille cinq cents, au rythme des goélettes de ravitaillement et des vols reliant la piste posée sur le récif de Totegegie, d'où une navette maritime rejoint le village. L'électricité se fait discrète le soir venu et les journées commencent avec le soleil.
Le franc CFP. Prévoyez des espèces, y compris pour un achat de perle : les moyens de paiement sont limités et les services bancaires quasi inexistants. Il n'y a pas d'infrastructure touristique, et votre horaire de passager est ici une convention parmi d'autres.