Heligoland Island Germany

1 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Le débarquement fait partie du voyage. Au large de Heligoland, les navires jettent l'ancre et les passagers descendent dans les Börteboote, de larges canots de chêne manœuvrés par les insulaires comme ils le font depuis des générations. Quelques minutes de mer du Nord, parfois humides et toujours mémorables, et l'on pose le pied sur le seul avant-poste rocheux du large allemand : une falaise de grès rouge plantée à 50 kilomètres des côtes, sans voitures, sans taxes — et avec plus d'oiseaux que d'habitants.

Unterland, Oberland

Le village se partage entre le bas et le haut du rocher, reliés par un ascenseur et un escalier de 184 marches. En bas, autour du port, les Hummerbuden — d'anciennes cabanes de pêcheurs de homard peintes de couleurs vives — abritent galeries, comptoirs de poisson fumé et boutiques hors taxes : Heligoland échappe aux droits de douane européens, privilège hérité de son histoire mouvementée. On y goûte aussi la spécialité locale, les Knieper : des pinces de crabe servies avec pain de seigle et mayonnaise, qu'on déguste face au port en surveillant les canots. En haut commence le plateau, un damier de maisons basses posé sur l'herbe rase, balayé par un vent qui ne faiblit presque jamais. Les moutons y entretiennent la pelouse, et les jardinets s'abritent derrière des haies taillées au cordeau, preuve d'un vieux savoir-faire insulaire face aux éléments.

Le sentier des falaises

Du plateau, un chemin fait le tour des falaises en une petite heure, au ras de parois de grès rouge hautes de 40 à 60 mètres. Le spectacle ne faiblit jamais : fous de Bassan planant à hauteur d'yeux, si près qu'on distingue le bleu de leur œil — la seule colonie d'Allemagne niche ici —, guillemots serrés sur les corniches, embruns montant des criques. Au bout du sentier se dresse la Lange Anna, « la longue Anna », une aiguille de 47 mètres détachée de la paroi, fièrement dressée face aux vagues, devenue l'emblème des lieux. On comprend, face à elle, pourquoi les peintres et les ornithologues se disputent cet endroit depuis le XIXe siècle.

Une île bombardée, rendue, rebâtie

Heligoland a changé plusieurs fois de mains — danoise, britannique, allemande — et servi de forteresse pendant les deux guerres mondiales. En avril 1947, les Britanniques ont tenté de détruire ses bunkers d'un coup : la déflagration, parmi les plus puissantes explosions non nucléaires de l'histoire, a remodelé toute la pointe sud. Rendu à l'Allemagne en 1952, le territoire a été rebâti entièrement, dans une architecture des années 1950 aux teintes pastel aujourd'hui protégée. Les cratères, eux, se voient toujours dans la lande du plateau.

La Düne et ses phoques

À dix minutes de navette maritime, la Düne, petite sœur sableuse posée à un jet de pierre, aligne des plages claires où paressent phoques gris et veaux marins. On les observe à distance respectueuse, allongés par dizaines sur le sable, indifférents aux promeneurs qui retiennent leur souffle. C'est l'excursion complémentaire idéale quand l'escale le permet — peu d'endroits en Europe offrent pareille rencontre à si peu de frais d'efforts.

L'escale en pratique

ÉlémentDétail
DébarquementEn Börteboot, canots traditionnels de l'île
Tour des falaisesBoucle d'environ 3 km sur le plateau
Lange AnnaAiguille de 47 m à la pointe nord-ouest
Île de la Düne10 minutes de navette, phoques sur les plages

Le rocher qui tient bon

Au retour, tandis que les rameurs du Börteboot ramènent leur chargement de passagers, la falaise rouge se détache une dernière fois sur la mer grise. Cette île minuscule a survécu aux empires, aux bombes et aux tempêtes; elle continue d'accueillir les oiseaux du grand large et les visiteurs d'un jour avec le même flegme. On quitte Heligoland comme on referme un très vieux livre d'aventures : à regret, et un peu plus riche.

Questions fréquentes

En canot. Les navires jettent l'ancre au large et les passagers descendent dans les Börteboote, de larges embarcations de chêne manœuvrées par les insulaires depuis des générations. Quelques minutes de mer du Nord, parfois humides, séparent le navire du quai.
Non. Le transfert se fait en canot ouvert en pleine mer du Nord : quand la houle est trop forte, l'escale peut être écourtée ou annulée. C'est une réalité à accepter avant de choisir cet itinéraire.
À une cinquantaine de kilomètres des côtes allemandes, en pleine mer du Nord. C'est un rocher de grès rouge, le seul avant-poste du large allemand, sans voitures et sans taxes douanières européennes.
Le sentier des falaises, qui fait le tour du plateau en une petite heure au ras de parois de 40 à 60 mètres, jusqu'à la Lange Anna. Puis l'Unterland et ses Hummerbuden, les anciennes cabanes de pêcheurs de homard aux couleurs vives.
Une aiguille de grès rouge de 47 mètres, détachée de la paroi et dressée face aux vagues au bout du sentier des falaises. C'est l'emblème de l'île, et l'endroit où les peintres et les ornithologues se disputent la place depuis le 19e siècle.
Le village se partage entre l'Unterland et l'Oberland, reliés par un ascenseur et un escalier de 184 marches. L'ascenseur règle la question pour qui ne veut pas monter. Le sentier des falaises, lui, reste plat une fois là-haut.
C'est même la raison d'y venir pour beaucoup. Les fous de Bassan planent à hauteur d'yeux le long des falaises, si près qu'on distingue le bleu de leur œil : la seule colonie d'Allemagne niche ici. Les guillemots se serrent par centaines sur les corniches.
Oui, sur la Düne, une petite île sableuse à dix minutes de navette maritime. Phoques gris et veaux marins y paressent par dizaines sur des plages claires, observés à distance respectueuse. C'est l'excursion complémentaire idéale quand l'escale le permet.
Oui. L'île échappe aux droits de douane européens, privilège hérité de son histoire mouvementée, et les boutiques du port en vivent en partie. C'est une particularité à connaître, mais ce n'est pas ce qui fait l'intérêt principal de l'escale.
Les Knieper, des pinces de crabe servies avec du pain de seigle et de la mayonnaise, qu'on déguste face au port. Le poisson fumé des comptoirs des Hummerbuden complète bien le repas.