Quinze dates, et une coque qui a beaucoup vécu
Le MS Fram porte quinze dates de départ chez nous, le plus petit inventaire
de la flotte. C'est peu pour un navire polaire de cette taille, et cela mérite
d'être dit avant le reste : si vos dates sont souples, les autres navires de la flotte
en portent davantage.
Sorti des chantiers Fincantieri en 2007, il mesure cent quatorze mètres pour
vingt mètres de large. Le transporteur annonce deux cents voyageurs ; les bases
spécialisées en annoncent jusqu'à trois cent dix-huit, ce qui correspond
vraisemblablement à son certificat maximal plutôt qu'à sa configuration
d'expédition. Nous ne tranchons pas : demandez la configuration exacte de votre
départ. Le plan des ponts documenté une cabine aménagée pour le fauteuil
roulant, en catégorie extérieure.
Sa refonte pose la même difficulté : sa propre page navire l'annonce en 2025,
la page de la flotte du même site l'annonce en 2022. Le transporteur se
contredit sur son propre navire.
Ce qui figure au dossier
Le 28 décembre 2007, au large de Brown Bluff en Antarctique, le navire a
perdu sa propulsion pendant environ deux heures et à dérive contre un glacier.
Les dégâts se sont limités à des rambardes et à une chaloupe de sauvetage
détruite, et le navire a rallié l'île du Roi-George par ses propres moyens ;
les croisières suivantes ont été décalées pour la cale sèche.
Le 11 août 2008, pendant un avitaillement à Sisimiut au Groenland, environ
dix mille litres de diesel marin se sont échappés dans le port. Une équipé de
vingt et un pompiers a travaillé toute la nuit. Ce sont des faits vieux de
près de vingt ans sur une coque refondue depuis, et nous le disons aussi. Mais
un client qui les découvre ailleurs après avoir lu notre page nous jugera sur
ce que nous avons tu.
Ce qui est compris, et ce que le transporteur en dit
Il faut être précis ici, parce que la compagnie ne l'est pas. En mars 2024,
elle a annoncé le tout compris sur toute sa flotte à partir de novembre de la
même année. Sa page du MS Fram annonce aujourd'hui les excursions
quotidiennes, le centre scientifique, les repas, les pourboires et les
boissons, avec un astérisque dont la note n'apparaît nulle part sur la page.
Sa propre foire aux questions, elle, réserve les pourboires aux occupants de
suite et décrit la plupart des excursions comme optionnelles, à réserver à
part. Ses conditions générales excluent les boissons haut de gamme, sauf en
suite.
Trois textes, trois versions. Nous ne promettons donc rien à sa place. Ce
qui est stable d'un texte à l'autre : la pension complète, les boissons
maison au repas du midi et au dîner, le the et le café toute la journée. Ce
qui ne l'est pas : les pourboires, les excursions, les boissons haut de gamme
et le Wi-Fi, annonce gratuit mais limite, avec des forfaits payants au-delà.
Demandez la liste écrite pour le départ que vous retenez : c'est la seule
façon de savoir.
Accessibilité : ce que le transporteur écrit
Les navires sont déclarés accessibles en fauteuil roulant, avec des
conditions. Le voyageur apporte son propre fauteuil, et sa largeur ne doit pas
dépasser soixante centimètres. Le transporteur écrit aussi qu'il faut être
assez agile pour monter dans les embarcations pneumatiques : c'est par là que
se font les débarquements en expédition, pas par une passerelle. Un client
qui a besoin d'aide pour ce transfert doit le savoir avant de réserver, pas au
moment de descendre.
Les bottes de caoutchouc sont fournies là où elles sont obligatoires, en
Antarctique, au Svalbard et dans l'est du Groenland. Les chaussures de marché
ne le sont pas. Pour l'Antarctique, un formulaire médical doit être rempli six
semaines avant le départ. L'âge minimum est de cinq ans pour l'Antarctique et
les Galapagos, et la participation des moins de douze ans aux débarquements
reste à la discrétion du capitaine. Aucun voyage n'est possible pour une
personne qui atteindra vingt-quatre semaines de grossesse d'ici la fin du
voyage.
Le reste de la flotte
Le MS Spitsbergen est le seul autre navire de
taille comparable, et son histoire est plus surprenante encore. Le
MS Roald Amundsen appartient à la génération
hybride, deux fois plus grande. Et la moitié de la famille est ailleurs : la
ligne côtière norvégienne appartient depuis 2025 à une
entreprise séparée.
Réserver depuis le Québec
Le contrat pour les départs vendus en Amérique se signe avec HX US Inc, une
société du Delaware. Il relève du droit anglais et désigne les tribunaux
d'Angleterre à l'exclusion de tout autre. Aucune clause d'arbitrage n'y
figure, et aucune renonciation aux recours collectifs non plus, ce qui vaut
mieux pour vous que la formule d'autres croisiéristes. Les délais sont courts :
deux ans pour une réclamation en dommage corporel, en décès ou en bagages, un
an pour tout le reste. Hors escale américaine, la responsabilité est plafonnée
par la convention d'Athènes ; pour le reste, elle est plafonnée à trois fois le
prix total de la réservation.
Le transporteur se réserve aussi le droit de modifier la route, de changer
les débarquements, de substituer un navire où d'annuler pour cas de force
majeure. En expédition, ce n'est pas une clause de style : la glace et le vent
décident souvent de la journée.
Rien n'établit de permis québécois pour ce transporteur. Votre protection
vient d'ici : Voyages AquaTerra détient un permis de l'Office de la protection
du consommateur, vos versements transitent par un compte en fiducie et votre
départ est couvert par le Fonds d'indemnisation des clients des agents de
voyages.