L'entrée se mérite : le navire s'engage dans une baie longue et profonde, encadrée de pentes volcaniques où la végétation dégringole jusqu'à l'eau. Ambon, capitale des Moluques, apparaît au fond de ce couloir, ses toits pressés entre la mer et les collines. Le terminal se trouve en plein centre, près du front de mer et des rues commerçantes : il suffit de franchir la grille pour être dans le vif de la vie indonésienne, ses scooters, ses étals et ses appels à la prière qui se répondent d'un quartier à l'autre.

Les îles aux épices

Pendant des siècles, le girofle et la muscade qui poussaient dans cet archipel valaient leur poids d'or en Europe, et les puissances maritimes se sont disputé ces rivages avec une âpreté difficile à imaginer aujourd'hui. De cette époque subsiste le fort Victoria, bastion hollandais du début du XVIIe siècle posé face à la baie. Une partie des lieux sert encore à l'armée, mais l'extérieur et la porte principale se laissent admirer, et les canons rappellent ce que coûtait alors un sac de clous de girofle. Humer ces épices au marché, quelques rues plus loin, donne à l'histoire une odeur très concrète.

Le marché et le front de mer

Le Pasar Ambon déborde de poissons luisants, de piments, de sagou et de fruits dont il faut demander le nom. C'est un endroit bruyant, joyeux, où les vendeuses interpellent les passants avec le sourire. Tout autour, les rues alignent échoppes de tissus et petits restaurants où goûter un plat de poisson grillé au sambal ou le papeda, cette bouillie de sagou que l'on tourne autour d'une fourchette comme des nouilles. La promenade se poursuit sans plan précis, au gré des façades et des sourires, jusqu'aux quais où les bateaux inter-îles chargent leurs cargaisons bigarrées à destination de Seram, de Banda ou des Kei.

Les hauteurs de la ville

Sur les collines, le musée Siwalima rassemble textiles, proues sculptées et objets rituels des Moluques, dans un cadre ombragé qui domine la baie. Non loin, le monument dédié à Martha Christina Tiahahu, jeune combattante devenue héroïne nationale, offre l'un des meilleurs points de vue sur la rade et les crêtes qui l'enserrent. Le taxi ou la voiture avec chauffeur restent les moyens les plus simples d'y monter, le temps d'un détour d'une heure ou deux.

Une mémoire du Pacifique

À la sortie de l'agglomération, le cimetière militaire du Commonwealth aligne ses stèles blanches sous les frangipaniers, en souvenir des soldats alliés tombés dans l'archipel pendant la Seconde Guerre mondiale. L'endroit, impeccablement entretenu, invite au silence. Les jardiniers y travaillent chaque matin, et les inscriptions, en grande partie australiennes, se lisent dans la pierre claire à l'ombre des grands arbres. Il rappelle que ces îles paisibles ont occupé une place stratégique dans l'histoire du Pacifique, bien après l'ère des épices.

Composer sa journée

L'escale se construit aisément autour de quelques pôles :

  • le centre et son marché, accessibles à pied depuis le terminal;
  • le fort Victoria et le front de mer, pour la trame historique;
  • les hauteurs, entre musée Siwalima et monument Tiahahu, pour les panoramas;
  • le cimetière du Commonwealth, pour la mémoire du siècle dernier.

Les distances restent courtes, mais la chaleur invite à ménager des pauses, une noix de coco fraîche à la main.

En repassant la baie

Vient l'heure où le navire refait en sens inverse le long couloir d'eau calme, escorté par les collines vertes. On repart avec un parfum de girofle dans les poches et l'impression d'avoir touché un chapitre d'histoire que les manuels résument trop vite. Les Moluques ont changé le goût du monde; Ambon en garde la saveur.

Questions fréquentes

Au terminal situé en plein centre-ville, près du front de mer et des rues commerçantes. Il suffit de franchir la grille pour être dans le vif de la vie indonésienne. L'entrée dans la baie, longue et profonde entre des pentes volcaniques, vaut à elle seule le réveil matinal.
Oui, et c'est l'un des grands avantages de cette escale. Le marché, le fort Victoria et le front de mer sont accessibles à pied depuis le terminal. Seules les hauteurs — musée Siwalima, monument Tiahahu — et le cimetière du Commonwealth demandent un taxi.
Parce que le girofle et la muscade qui y poussaient valaient leur poids d'or en Europe pendant des siècles. Les puissances maritimes se sont disputé ces rivages avec une âpreté difficile à imaginer aujourd'hui. Humer ces épices au marché d'Ambon donne à cette histoire une odeur très concrète.
En partie seulement. Ce bastion hollandais du début du XVIIe siècle, posé face à la baie, sert encore à l'armée pour une part. L'extérieur et la porte principale se laissent admirer, et les canons rappellent ce que coûtait alors un sac de clous de girofle.
Des poissons luisants, des piments, du sagou et des fruits dont il faut demander le nom. Le Pasar Ambon est bruyant et joyeux, les vendeuses interpellent les passants avec le sourire. Tout autour, les rues alignent échoppes de tissus et petits restaurants.
Une bouillie de sagou que l'on tourne autour d'une fourchette comme des nouilles, plat emblématique des Moluques. Elle se sert généralement avec un poisson en sauce jaune. Les petits restaurants du centre d'Ambon la proposent aux côtés du poisson grillé au sambal.
Le musée Siwalima, qui rassemble textiles, proues sculptées et objets rituels des Moluques dans un cadre ombragé dominant la baie, et le monument dédié à Martha Christina Tiahahu, jeune combattante devenue héroïne nationale, qui offre l'un des meilleurs points de vue sur la rade. Comptez une heure ou deux en taxi.
Un cimetière militaire à la sortie de l'agglomération, où des stèles blanches s'alignent sous les frangipaniers en souvenir des soldats alliés tombés dans l'archipel pendant la Seconde Guerre mondiale. Les inscriptions sont en grande partie australiennes. L'endroit, impeccablement entretenu, invite au silence.
Le centre et son marché à pied, puis le fort Victoria, remplissent déjà une demi-journée. Ceux qui préfèrent les panoramas montent au musée Siwalima et au monument Tiahahu. Les distances sont courtes, mais la chaleur invite à ménager des pauses.
La roupie indonésienne, surtout en comptant : hors des hôtels, les cartes passent mal aux Moluques. L'indonésien est la langue officielle, le malais ambonais est la langue du quotidien, et l'anglais reste limité aux guides.