Pendant quatre siècles, tout ce que l'Atlantique comptait de galions chargés d'or, d'épices et de soie a mouillé dans cette baie des Açores. Du XVe siècle jusqu'à l'arrivée des navires à vapeur, Angra do Heroísmo servait de halte obligée aux flottes des Indes et des Amériques sur le chemin de l'Europe. L'UNESCO a inscrit son centre ancien au patrimoine mondial en 1983, et les paquebots d'aujourd'hui, souvent de taille intermédiaire, accostent contre la cité même, sur l'île de Terceira.

Un damier Renaissance face à l'océan

Les rues, tracées au cordeau dès le XVIe siècle, descendent en pente régulière vers l'eau. L'urbanisme fut pensé pour le commerce atlantique : entrepôts près des quais, demeures de négociants plus haut, couvents et églises en surplomb. Les façades blanches s'y soulignent de bleu, de jaune ou de vert, les balcons de fer forgé se répondent d'un trottoir à l'autre, et les pavés dessinent des motifs à la mode portugaise. La cathédrale du Santíssimo Salvador da Sé domine l'ensemble, entourée des églises baroques de la Misericórdia et de l'Espírito Santo et des anciens couvents des franciscains et des jésuites. Deux heures de marche tranquille suffisent pour en parcourir tout le périmètre classé.

Deux forteresses pour une rade

Tant de richesses de passage attiraient les corsaires : la couronne fit donc élever les forteresses de São Sebastião et de São João Baptista, remarquables témoins de l'architecture militaire des XVIe et XVIIe siècles. Leurs murailles noires de basalte encadrent toujours la baie, et la seconde demeure l'une des plus vastes fortifications de l'Atlantique. On longe leurs glacis en suivant le bord de mer, là où les vigies guettaient autrefois les voiles à l'horizon.

Monte Brasil, le volcan sentinelle

La presqu'île du Monte Brasil, un ancien cône volcanique couvert de végétation, protège la rade des vents du large. Une route et des sentiers grimpent jusqu'au belvédère du Pico das Cruzinhas, marqué d'un monument aux découvertes portugaises : de là-haut, les toits orangés, la baie et l'océan composent l'un des panoramas les plus complets de l'archipel. Les familles de Terceira viennent y pique-niquer la fin de semaine, entre les anciennes batteries côtières. Comptez une bonne heure de marche aller-retour depuis les quais, un peu moins en taxi jusqu'au sommet.

Terceira au-delà des remparts

Pour les escales plus longues, l'intérieur de Terceira réserve une curiosité peu commune : l'Algar do Carvão, cheminée volcanique que l'on descend par un escalier jusqu'à une salle souterraine tapissée de mousses, à une quinzaine de kilomètres de la rade. Les excursions y ajoutent souvent les pâturages en damier qui couvrent l'île et les villages où les impérios, petites chapelles du Saint-Esprit peintes de couleurs vives, racontent la ferveur açorienne. Le retour se fait par la route côtière, entre murets de basalte et hortensias.

Repères pratiques

  • Accostage au pied du centre ancien : tout se visite à pied, sans navette.
  • Quartier classé UNESCO : environ deux heures de promenade pour l'essentiel.
  • Monte Brasil et Pico das Cruzinhas : montée à pied ou court trajet en taxi depuis le quai.
  • Jardins publics et kiosques : haltes ombragées entre deux églises, bancs et belles perspectives sur les clochers.

En larguant les amarres, on mesure ce que cette rade a vu passer : des flottes entières, des siècles de commerce, des fortunes et des naufrages. Le navire reprend la route de l'Atlantique comme tant d'autres avant lui, et Angra retourne à son damier, sereine, certaine de voir revenir les voyageurs.

Questions fréquentes

Contre la cité même, au pied du centre ancien de Terceira. Tout se visite à pied, sans navette : c'est l'un des grands atouts de cette escale açorienne.
Le centre ancien classé demande environ deux heures de promenade pour l'essentiel. Ajoutez la montée au Monte Brasil et il vous reste du temps pour un café au jardin public.
Pour son damier Renaissance tracé au cordeau dès le XVIe siècle et pensé pour le commerce atlantique. Du XVe siècle jusqu'aux navires à vapeur, la baie servait de halte obligée aux flottes des Indes et des Amériques. L'UNESCO l'a classée en 1983.
Un ancien cône volcanique couvert de végétation qui protège la rade des vents du large. Une route et des sentiers mènent au belvédère du Pico das Cruzinhas, d'où les toits orangés, la baie et l'océan composent l'un des plus beaux panoramas de l'archipel.
Comptez une bonne heure de marche aller-retour depuis les quais, un peu moins en taxi jusqu'au sommet. Les familles de Terceira viennent y pique-niquer la fin de semaine.
São Sebastião et São João Baptista, élevées aux XVIe et XVIIe siècles contre les corsaires attirés par les richesses de passage. Leurs murailles noires de basalte encadrent toujours la baie, et la seconde reste l'une des plus vastes fortifications de l'Atlantique.
Une cheminée volcanique que l'on descend par un escalier jusqu'à une salle souterraine tapissée de mousses, à une quinzaine de kilomètres de la rade. Réservé aux escales plus longues.
De petites chapelles du Saint-Esprit peintes de couleurs vives, dispersées dans les villages de l'île. Elles racontent la ferveur açorienne mieux qu'un long exposé.
L'euro et le portugais. Les Açores font partie du Portugal; l'anglais se pratique dans les commerces du centre et avec les guides.
Doux et changeant toute l'année, avec des averses qui passent vite. Emportez un coupe-vent même en été : l'Atlantique fait ce qu'il veut avec le ciel des Açores.